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Analyse Saunders-Lemieux : Ajustements pédagogiques et psychologiques

Saunders Lemieux

Par Simon Traversy

Lors de mon dernier article, j’ai fait un bref retour sur le dernier combat ayant opposé l’aspirant David Lemieux au champion britannique WBO des poids moyens, Billy Joe Saunders. Le combat s’est résulté par un cuisant revers pour Lemieux, suivi sans doute par une période de réflexion. Après avoir énuméré les options qui se présentent pour Lemieux quant à son avenir, je ferai le point sur ses ratés lors de son dernier combat. De plus, je vous proposerai quelques ajustements au niveau pédagogique et psychologique, valables non seulement pour les combats futurs de David Lemieux, mais pour tout entraîneur ayant en main un boxeur similaire.

L’enseignement : le stade suprême de l’apprentissage

Marc RamsayDepuis les belles années de l’illustre Muhammad Ali, l’égo, le chauvinisme et l’arrogance font pratiquement partie «des meubles» lorsqu’on parle boxe professionnelle. Bien que ces aspects, pour ne pas dire défauts, soient souvent propres aux boxeurs, il serait naïf de croire qu’ils ne s’appliquent pas aux entraîneurs également. Il faut comprendre deux choses d’une importance capitale lorsqu’il est question d’enseignement, et ce, peu importe le domaine : d’une part, l’entraîneur est la variable indépendante de l’équation; son boxeur dépend directement de lui. Cela veut dire en contrepartie que chaque décision que l’entraîneur prend, chaque choix, aura une incidence directe sur son boxeur et par conséquent, sur sa performance.

D’une autre part, il faut comprendre également que l’enseignement n’est rien d’autre qu’une partie intégrante de l’apprentissage. En fait, l’enseignement en est le stade suprême. Toutefois, l’attitude de certains entraîneurs, ou plutôt, leur égo et leur orgueil, ont tendance à nous indiquer le contraire alors que c’est complètement faux. Tout comme les boxeurs, lorsqu’un entraîneur connait des succès (je ne vise personne en particulier ici), un piédestal finit souvent par se créer, et l’instructeur en question vient à croire à tort qu’il connaît tout, et de surcroît, qu’il n’a plus rien à apprendre ou du moins, que ce qu’il pourrait apprendre de plus ne lui serait d’aucune utilité.

David Lemieux et Marc RamsayOn dit qu’on ne change pas une recette gagnante, ce qui est vrai, mais lorsqu’on connait des ratés, on se doit d’en faire, à défaut de quoi, le passé risque de se répéter. Prenons l’exemple d’un professeur de département dans une université. Quels sont les pré-requis pour devenir professeur de département? D’un point de vue général, il faut tout d’abord être titulaire d’un doctorat, avoir obtenu de bonnes notes, posséder une bonne réputation et de l’expérience en enseignement, préférablement au niveau universitaire à titre de chargé(e) de cours, et il faut, bien entendu, faire de la recherche, ce qui est le point qui nous intéresse le plus ici. Lorsqu’on fait de la recherche, que fait-on au juste en bon français ? On apprend.

Autrement dit, si le professeur de département se doit de continuer d’apprendre. Il devrait en être de même pour tous les instructeurs de boxe, car l’apprentissage n’est jamais à sens unique et l’enseignement non plus. C’est une symbiose, un cycle perpétuel qui existe entre l’instructeur et son apprenti. Certes, le ratio, le degré, varie de l’un à l’autre : l’élève apprend beaucoup plus qu’il n’enseigne, et lorsqu’il enseigne quelque chose à son maître, il n’en est souvent pas conscient. Mais le maître, lui, l’est, ou du moins devrait l’être. Il apprend des questions pertinentes de son discipline, de ses succès, mais surtout, de ses ratés. C’est d’ailleurs c’est ça la différence entre un simple instructeur et un maître : cette capacité de déceler ces petites subtilités, de garder l’esprit ouvert et de nourrir sa curiosité intellectuelle et ce désir constant de vouloir se perfectionner.

Russ Anber et Marc Ramsay

Un professeur, un maître, et non un simple coach/instructeur, comprend et reconnaît que chaque situation est unique, que tout est une question de cas par cas. Il ne s’entête pas à suivre le même patron générique même si les choses ne fonctionnent pas à sa guise, il ne craint pas le changement et invite la critique constructive et la rétroaction. Enseigner ce n’est pas régurgiter machinalement et mécaniquement ce que notre coach nous a fait ingurgiter; ce n’est pas une casquette «one-size-fits-all». Après tout, vaut mieux une tête bien faite que bien remplie.

Mettre son orgueil de côté : vider la tasse pour la remplir (entraîneur aussi)

David Lemieux et sa filleJ’ai lu pas mal tous les articles de Réjean Tremblay au sujet de David Lemieux. Et ce que j’ai appris m’a surpris. Le protégé d’Eye of the tiger Management ne possède peut-être pas de doctorat en astrophysique, mais il parle néanmoins couramment cinq langues, soit le français, l’anglais, l’espagnol, l’arménien, et l’arabe libanais. Il semble également avoir une très grande curiosité intellectuelle, car plusieurs sujets le passionnent. L’astronomie en est un exemple. Bref, il est loin d’être un sans-dessin. La morale de l’histoire? Si David Lemieux désire vraiment ajouter quelques cordes à son arc afin de devenir un boxeur plus complet, je n’ai aucun doute qu’il en est capable, même s’il fêtera son trentième anniversaire en 2018. Mais pour se faire, Lemieux devra reconnaître ses limites. Ce n’est pas facile lorsqu’on a une belle gueule et qu’on est riche et célèbre, mais ce besoin d’humilité est capital s’il désire redevenir champion avant de quitter l’arène pour de bon.

«Brick Not Hit Back»

Vous vous souvenez de cette fameuse scène du film «Bloodsport» dans laquelle l’bon Jean-Claude Van Damme épate la galerie en «pétant» une brique située complètement en bas de la pile avec son fameux «dim mak» (touché de la mort) ? Tous les combattants furent très impressionnés, incluant le gros méchant du film nommé Chong Li. Toutefois, ce même Chong Li prit également le soin de rappeler à notre cher JCVD adoré que les briques ne donnent jamais la réplique. Je trouve que c’est une analogie très à propos, car Lemieux, qui frappe comme s’il avait une brique dans chaque gant, n’a pas été en mesure de donner la réplique à Billy Joe Saunders. Je comprends désormais encore mieux ce qu’Ariane Fortin voulait dire au sujet de son dédain pour le sac de frappe lorsque je l’ai interviewée l’été dernier (entrevue à venir bientôt). Fortin m’a expliqué que son aversion pour le sac de frappe provient du fait que ce dernier, n’étant qu’un objet inanimé, ne fournit pas une approche réaliste au combat réel; pour elle, la meilleure façon de se perfectionner, c’est en passant le plus de temps possible dans le ring à faire du «sparring» constructif.

La spécificité: Arnold Schwarzenneger et le «weak-point training»

The New Encyclopedia of Modern BodybuildingL’encyclopédie moderne du culturisme rédigé par nul autre que le Terminator lui-même (Arnold Schwarzenneger) est sans doute l’un des meilleurs ouvrages qui n’ait jamais été écrit non seulement sur le culturisme, mais sur la musculation dans son entièreté. Dans son œuvre monumentale, notre cher Arnold nous parle évidemment de ses succès, mais également de ses échecs. Il explique que lors de ses débuts, ses mollets étaient son talon d’Achille, à tel point que plusieurs des séances photo devaient se faire en plan américain dans un étang alors qu’il avait de l’eau jusqu’aux genoux. Afin de pallier à cette lacune, l’Autrichien d’origine a pris les bouchées doubles et à modifier son programme d’entraînement en conséquence. Il a, d’une part, ajouté davantage d’exercices de mollet. Il s’est assuré de demeurer toujours dans le cœur de la zone hypertrophique, et surtout, il s’est assuré d’exécuter tous ses exercices de mollet au tout début de chaque entraînement de jambes, c’est-à-dire lorsqu’il était frais et dispo.

Dans le même sens, Lemieux doit faire de même s’il espère pouvoir se magasiner un autre combat de championnat du monde. Sa blessure à l’épaule pourrait bel et bien être une bénédiction cachée : pendant sa convalescence, Lemieux pourrait rendre visite à Yves Ulysses Jr. au Club de Boxe Champion ainsi qu’à Mathieu Germain du gymnase Underdog et pratiquer ses déplacements. Ces deux boxeurs possèdent clairement le meilleur jeu de pieds de tous les boxeurs locaux que j’ai vus jusqu’à présent. Lemieux n’a qu’à monter dans le ring avec eux et à jouer à la «tag» en tentant de couper le ring et de créer des embuscades. Et même parfaitement rétabli, ce type d’exercices devrait demeurer une priorité, car ça ne sert à rien de frapper comme un train si l’adversaire est inatteignable. Vous n’avez qu’à demander à mon «chum» Cletus.

Blessure à l’épaule

crochet de gauche de LemieuxRevenons justement sur cette blessure à l’épaule. Selon le clan Lemieux, incluant le principal intéressé, il se serait blessé à nouveau à l’épaule gauche durant son duel contre Billy Joe Saunders, une blessure qu’il avait initialement subie lors de son combat contre Marcos Reyes plus tôt cette année. Je ne suis pas médecin, donc je ne m’aventurai pas davantage sur la gravité de sa blessure. Tout ce que je peux vous dire est ceci : j’ai visionné à plusieurs reprises les faits saillants de son combat contre Saunders, et ce que l’on remarque, c’est que tout au long du combat, Lemieux utilise son bras gauche; on le voit même «swinger dans l’beurre» à plus d’une reprise. Ce que je peux également vous dire, c’est quand plus de la blessure à l’épaule gauche qu’il avait initialement subie contre Marcos Reyes, Lemieux s’était également blessée à la main (gauche).

Toutefois, Lemieux a néanmoins réussi à vaincre le Mexicain sans aucune difficulté. Et enfin, je peux également vous dire que Lemieux n’avait aucune blessure, du moins majeure, lorsqu’il a affronté Gennady Golovkin. Et pourtant, Lemieux n’a jamais vraiment en mesure de s’approcher du kazakh qui avait intelligemment décidé de troquer ses deux «massues» pour un «scalpel» et un «fusil à lunette». Le grand manitou d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, a réitéré aux médias que son poulain sait très bien couper un ring. Il a toutefois tenu à spécifier que la blessure à la main de Lemieux l’avait empêché de lancer des doubles et triples directs, ce qui lui aurait permis de couper le ring efficacement. Alors, chers fans, je vous pose les questions suivantes (à rhétorique bien entendu) :

Comment Lemieux a-t-il réussi alors à vaincre Marcos Reyes malgré sa double blessure au bras gauche (épaule, main)?

Pourquoi n’a-t-il pas été en mesure d’approcher Golovkin malgré le fait qu’il était en santé ce soir-là?

Si Lemieux a été en mesure de réduire la distance contre Reyes malgré sa double blessure, pourquoi n’est-il pas parvenu à le faire contre Saunders?

La réponse est bien simple, Reyes est un boxeur de série B avec beaucoup de cœur, mais un talent et une mobilité limité. Quant à Saunders et Golovkin, ils font partie de l’élite. Golovkin n’est pas aussi mobile que Saunders, mais il a su faire preuve d’une très grande adaptabilité en contrôlant la distance avec son jab et en choisissant intelligemment quand rentrer et quand demeurer à l’écart. Et pour ce qui est de Saunders, encore une fois, sa vitesse et sa mobilité ont été la différence…ainsi que son direct avant également.

Parlons justement de direct avant

Il y a deux choses que Golovkin et Saunders ont en commun. Premièrement, l’utilisation répété du jab contre Lemieux a été un facteur décisif les ayant menés à la victoire. Le Québécois n’arrivait tout simplement pas à le traverser, ou plutôt à l’éviter. D’une autre, Golovkin et Saunders ne font pas seulement que lancer le jab, ils le transforment en «lead». Je m’explique : un jab standard est lancé avec le poing maintenu à l’horizontal, et puisque le mouvement provient principalement du coude, sa puissance en est donc limitée. Toutefois, lorsque les deux derniers tombeurs de Lemieux lancent le «lead», le poing demeure presqu’à la verticale.

Saunders LemieuxDe plus, la puissance provient de l’épaule, et non du coude, alors l’effet de piston augmente considérablement la puissance du coup, le rendant presque comparable à un direct arrière. Et enfin, pour les fanatiques d’escrime, lorsqu’on «lead» avec le direct avant, tout le corps est impliqué dans la motion, augmentant non seulement la puissance du coup, mais la portée de l’adversaire lorsqu’il s’élance. Je dis cela, car Lemieux possède une bonne portée (71’’) pour un boxeur de sa taille (1.72m), autant que Saunders et même légèrement supérieure à celle de Golovkin (70.5’’). Toutefois, puisque les deux champions sont plus grands (1.80m Saunders, 1.79m Golovkin) que lui, le «lead» leur procurait ce complément qui leur permettait d’atteindre la cible à chaque fois que Lemieux se portait en attaque. Ce n’est peut-être qu’un détail, mais un détail néanmoins important qui a fait toute la différence. Rajouter à cela le fait que Lemieux fut, dans les deux cas, l’agresseur leur accordant ainsi tout le temps de préparation voulu pour bien «l’accueillir». Pas surprenant que le cogneur québécois finissait toujours par se faire pincer. Mais est-ce le seul «hic»?

L’esquive plutôt que les blocages

Le «lead» de Saunders (et de Golovkin) n’est toutefois pas le véritable dilemme, car la réussite de son application technique dépend de la tactique défensive choisie par le boxeur adverse. Autrement dit, un «lead» peut être facilement esquivé tout comme le direct avant standard. Le vrai dilemme, c’est le choix défensif de Lemieux, qui préfère les blocages aux esquives à la ligne haute (niveau de la tête). D’une part, Lemieux charge ses adversaires, ce qui veut dire qu’ils le «voient» venir à un mile à la ronde. D’une autre, puisque Saunders et «GGG» préconisent le «lead» au jab standard, ils arrivent souvent à atteindre la cible et ce, même si Lemieux montaient les gants pour bloquer le coup. Pourquoi? Parce que le poing est maintenu à la verticale, ce qui permet au coup de se frayer un chemin entre les deux gants du boxeur local.

Saunders LemieuxEt comme si ce n’était pas assez, MÊME si Lemieux arrivait à bloquer le coup, il demeurait néanmoins stoppé à mi-chemin par la force de la frappe, le gardant par conséquent toujours hors de portée de son rival et le forçant ainsi à recommencer son assaut de plus belle. Donc, blocage réussi ou non, Lemieux gaspillait temps et énergie en plus de permettre à Saunders de se replier stratégiquement. Toutefois, si Lemieux avait choisi d’esquiver à l’intérieur plutôt que de bloquer, Saunders (et GGG) aurait été compromis dans son mouvement, accordant ainsi à Lemieux le temps de préparation nécessaire pour lui donner la réplique avec un crochet de gauche.

Baisser son centre de gravité

Ah oui : la garde. Lemieux était tout simplement trop haut sur ses jambes, ce qui a permis à Saunders de mieux aligner ses directs. Ce n’est, après tout, que de la physique élémentaire : la distance la plus courte entre deux points est une ligne droite, ce que Lemieux a procuré à Saunders sur un plateau d’argent. De plus, une cible plus petite et plus compacte est plus difficile à atteindre. Enfin, en demeurant très droit, les jambes de Lemieux n’étaient pas «armées» et n’étant pas «armées», cela lui enlevait de surcroît de la vitesse et de l’explosivité dans ses mouvements, quelque chose qu’il ne pouvait se permettre contre un boxeur aussi rapide que Saunders.

Couper le ring : Ce qu’il faut savoir

Couper le ring est un art en soi. C’est plus facile à dire qu’à faire et sa réussite se trouve dans les nuances. Les meilleurs tels que Joe Frazier, Julio Cesar Chavez Sr., Roberto Duran, et Mike Tyson y parvenaient parfois sans même lancer un seul coup. Tout est dans le positionnement et l’anticipation. Par exemple, il faut bien évidemment mettre de la pression vers l’avant, mais le faire cependant en avançant en biais (diagonal). Autrement dit, il ne faut jamais être planté complètement devant l’adversaire, encore moins le pourchasser en ligne droite. Mais ce n’est pas tout. D’autres aptitudes sont nécessaires.

9 types d'intelligencesSelon le professeur Howard Gardner (Ph.D.) de l’université Harvard avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger quelques courriels lors de la rédaction de mon livre sur le style «peek-a-boo» de Cus D’Amato, il existerait neuf types d’intelligence. L’intelligence naturiste, musico-rythmique, logico-mathématique, interpersonnelle, intra-personnelle, spatiale/visuelle, existentielle/spirituelle, corporelle-kinesthésique et linguistique. Évidemment certaines personnes ont un penchant pour une ou plusieurs types d’intelligence (inné). Toutefois, comme toute chose, il est parfaitement possible de développer un type d’intelligence qui nous fait plus défaut tout simplement en pratiquant de façon soutenue (acquis). Lorsque, J’ai un(e) nouvel(le) élève qui se présente, j’aime bien lui faire passer ce genre de tests. Ce n’est pas infaillible, mais ça me donne une meilleure idée.

Pour revenir au combat, Billy Joe Saunders possède clairement une intelligence corporelle-kinesthésique accrue de par son agilité et son jeu de pieds incroyable. Il possède également deux autres aptitudes qui lui ont donné un net avantage tout au long de sa carrière. Les voici :

  • Intelligence spatiale/visuelle : Capacité de s’orienter dans un environnement donné et d’établir des relations entre les objets dans l’espace. Par exemple, les artistes visuels, les gens manuels (ingénieurs, garagistes, électriciens, réparateurs) possèdent ce type d’intelligence.
  • La conscience situationnelle : La capacité de savoir ce qui se passe autour de nous, et surtout, ce qui va se passer dans un futur proche. Les plus grands athlètes, tels Wayne Gretzky, possèdent cette habilité. Gretzky a d’ailleurs dit qu’il était un grand joueur, car il savait exactement où la rondelle allait se retrouver à quelques secondes du moment présent.

Bien entendu, l’intelligence spatiale et la conscience situationnelle sont toutes les deux étroitement liées, car si on arrive à savoir clairement où se situer dans l’espace, il nous est alors beaucoup plus facile d’anticiper la tournure des évènements. L’ironie dans tout ça, c’est qu’afin de bien couper le ring et réussir à coincer un boxeur tel que Billy Joe Saunders, l’agresseur se doit également de développer à la fois son intelligence spatiale ainsi que sa conscience situationnelle.

Exemple : L’adversaire, en garde orthodoxe, se trouve du côté nord-ouest du ring, tout près du coin. L’adversaire, qui se trouve à 6 pieds de moi, à un avantage au niveau de la taille et de la portée. Le ring est d’une grandeur de 21(pieds) x 21, soit à l’avantage de mon rival. L’arbitre se trouve également à l’est de moi (à mes 3 heures), soit à 5 pieds de moi. Ceci constitue l’intelligence spatiale. Je sais que si mon adversaire bouge vers le sud-ouest, il avancerait vers moi, ce qui n’est pas à son avantage, car il est fatigué et moins fort et puissant que moi. Il ne peut évidemment plus bouger davantage vers l’ouest, car il se retrouverait dans les câbles. Je dois donc anticiper un repli stratégique de sa part, et l’intercepter en bougeant en diagonale vers le nord-est afin de bloquer cette «issue». Toutefois, puisqu’il a l’avantage de la portée, il risque de dégainer instinctivement une fois m’être déplacé, donc je dois ou bien bouger de sorte à garder un pied à l’extérieur de ses épaules, me donnant ainsi un angle et gardant par conséquent ma tête en dehors de sa «zone de tir», ou encore exécuter une esquive préventive de la tête et profiter ainsi de son engagement temporaire pour le contrer et le reculer dans le coin où je le travaillerai au corps. Ceci constitue la conscience situationnelle.

Parler de méthodes plutôt que de styles

jeet-kune-doLa question des styles est revenue souvent au courant des derniers jours. Adepte de Jeet kune Do et de Keysi depuis plusieurs années, je n’ai jamais été un grand partisan du mot «style». Un style est fini, limité, clos. Ses principes sont établis, rigides et ne peuvent être changés. Un style a un début et une fin. Par conséquent, un style peut être étudié et contré, surtout aujourd’hui où toute information est à la portée de la main. En revanche, une méthode est une façon de procéder dans un contexte précis et contre un adversaire spécifique, alors qu’un style est une façon de faire générique. L’avantage de l’apprentissage par méthode, c’est que l’on a uniquement besoin de soutirer l’essentiel d’un style et faire ainsi fit du reste. En d’autres mots, on n’a qu’à retenir les parties pertinentes qui nous concerne et ce, sans en devenir l’esclave.

La pensée latérale & l’apprentissage par principes et concepts

Pour suivre dans le même ordre d’idée, je préconise dernièrement beaucoup la pensée latérale. La pensée latérale est très simple : il suffit tout simplement de regarder les choses d’un angle différent, d’un autre œil, d’une perspective autre que celle à laquelle nous avons toujours été habitués. Par exemple, lorsqu’on marche sur le gazon tôt le matin durant l’été, notre premier «réflexe» est de penser qu’il s’agit de la rosée du matin. Hors, il est possible qu’il ait eu de la pluie durant la nuit, qu’un tuyau sous terre soit brisé, ou que quelqu’un ait tout simplement arrosé le gazon.

Et puis il y a l’apprentissage par principes et concepts (ex : boxer un bagarreur, combattre un boxeur). L’avantage de ce type d’apprentissage, c’est qu’il est d’abord et avant tout cérébral, et non physique/ kinésiologique. Donc, l’apprentissage peut se faire en quelques secondes tout dépendant de la capacité de compréhension du boxeur.

Alors, voici ce qui complète cette seconde partie. Lors de la troisième et dernière partie de mon analyse sur l’avenir de David Lemieux, ainsi qu’à la demande spécifique de mon confrère Martin Achard, je vous ferai part des techniques et méthodes tirées tout droit du style «peek-a-boo» qui sont, à mon humble avis, parfaitement compatibles avec le style, la morphologie et le tempérament de David Lemieux et qui ferait de lui non seulement un boxeur plus complet, mais surtout, plus efficace. Sur ce, je vous souhaite un Joyeux Noël. Soyez sages et surtout, soyez prudents sur les routes.

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