Boxe québécoise pour tous les amateurs francophones – 12rounds.ca

Analyse Saunders-Lemieux: Le «peek-a-boo» et David Lemieux

Saunders Lemieux

Par Simon Traversy

Tel que promis, voici la dernière partie de mon analyse post Saunders-Lemieux (1ère partie, seconde partie). Lorsque j’ai commencé à boxer sérieusement il y a 5 ans, je mangeais, de par ma morphologie (5’8’’, 195lbs à l’époque), beaucoup de directs. J’avais donc de la difficulté à m’approcher de mes adversaires, car à tout près de 200lbs sur une charpente 5’8’’, mes adversaires mesuraient tous 6’1’’ en moyenne en plus d’avoir un avantage flagrant au niveau de la portée. Toutefois, mon bagage préalable en arts martiaux, plus précisément l’humilité que l’entraînement martial m’a inculqué, combiné avec ma curiosité intellectuelle et mon penchant pour l’objectivité pure m’ont convaincu d’apporter immédiatement des changements au niveau de ma défensive. C’est alors que j’ai découvert le style de Cus D’Amato, surnommé le style «peek-a-boo».

Je me suis ainsi renseigné sur les points les plus vendeurs de ce style, et j’ai été immédiatement convaincu, ce qui n’est pas fréquent avec moi. J’ai donc contacté certains anciens partenaires d’entraînement de Tyson devenus entraîneurs, et j’ai fait le va-et-vient à Catskill à plusieurs reprises afin d’apprendre ce système.  Puisque je suis marginal de nature, je me suis promené à mon retour de club en club afin de tester ce que j’avais appris avec certains instructeurs et boxeurs de niveau amateur. Bien que qu’une carrière professionnelle était très loin d’être envisageable, j’ai néanmoins remarqué une nette amélioration au niveau de ma défensive, ce qui m’a permis par conséquent de m’approcher de mes adversaires avec plus d’aisance.

Mike Tyson, le dernier protégé de D’Amato, détient non seulement le record du plus jeune poids lourd à avoir remporté un titre mondial (un record qui appartenait précédemment à Floyd Patterson, le premier protégé de D’Amato), mais il est également le dernier poids lourd mesurant moins de 6’0’’ (1.83m) à avoir été sacré champion. Du haut de ses 5’10’’, Tyson a néanmoins réussi à vaincre des adversaires beaucoup plus imposants que lui physiquement. Certains d’entre eux, tels que James «Quick» Tillis et Tony Tucker, possédaient également un excellent jeu de pieds en plus de leurs gabarits.

Comment Tyson, malgré son net désavantage physique, a-t-il eu un début de carrière si impressionnant avant sa chute aux enfers?

Quels furent le secret de sa réussite?

Tyson est-il allé au-delà des limites du style qu’il a appris?

Quel est le lien entre ce style et celui d’un boxeur similaire à David Lemieux?

Y-a-t-il d’autres méthodes, principes, techniques, ou types d’attaque en dehors du style «peek-a-boo» susceptibles de pouvoir complémenter un boxeur au style et gabarit similaires à celui de David Lemieux?

C’est ce que je tenterai d’élucider dans cette troisième et dernière partie de mon analyse ayant débuté avec le dernier combat de David Lemieux.

L’ABC du «peek-a-boo» en condensé

Voici, grosso modo, un résumé des principes généraux du style de Cus D’Amato:

  • Le style «peek-a-boo» est seul style de boxe préconisant la contre-attaque tout en mettant de la pression vers l’avant; tous les autres styles prônent le maintien d’une certaine distance en plus de faire très souvent marche arrière.
  • L’esquive à la ligne haute, appelée le «slip» ou «side-bending» s’effectue avec les hanches tel un pendule. Contrairement au «bob» standard, le «slip» est exécuté à un angle plus prononcé. De cette manière, l’adepte peut esquiver à la fois le direct avant ainsi que le direct arrière.
  • Une très grande emphase est mise sur les attaques au corps. D’une part, le corps est une cible beaucoup plus large où se trouvent plusieurs organes vitaux. D’une autre, le corps ne peut bouger avec la même liberté que la tête afin d’esquiver les frappes.
  • Les débordements, les attaques et surtout les contre-attaques en angle sont grandement encouragés.
  • La répétition constante est à la base de l’apprentissage afin de créer les automatismes nécessaires chez l’adepte. Une fois ces automatismes créés, l’exécution des mouvements lui sera de seconde nature.
  • Un mouvement défensif doit précéder ou suivre chaque coup porté; l’adepte doit bouger la tête loin de la ligne d’attaque de l’adversaire ou tout le corps en entier vers une autre position favorable
  • Un système numérique unique au style a été conçu afin de renforcir les automatismes chez l’adepte. Chaque numéro désigne un coup ou plusieurs coups précis ainsi qu’une cible précise. Les voici :
  1. Crochet de gauche à la mâchoire;
  2. Direct arrière ou crochet de droite (tout dépendant de la distance)
  3. Uppercut de gauche au menton
  4. Uppercut de droite au menton
  5. Crochet de gauche au corps
  6. N’importe quelle main droite au corps
  7. Jab au menton
  8. Jab au corps

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il s’agit ici de lignes directrices plus qu’autre chose. Par exemple, bien que les replis stratégiques ou l’uppercut de gauche au corps ne fassent pas parties du curriculum, rien n’a empêché Mike Tyson, ou José Torres avant lui, d’en faire (replis) et/ou d’en lancer (uppercuts de gauche au corps).

Les 5 types d’attaque

Selon le célèbre Bruce Lee, il existerait cinq types d’attaque. Fanatique de boxe et ayant remporté en 1958 un tournoi amateur de boxe ayant eu lieu à Hong Kong sans aucune expérience préalable, Lee possédait une impressionnante collection de livres. L’un de ces livres favoris fut «Boxing» d’Edwin Haislet, dont il s’est inspiré pour la rédaction du Tao du Jeet Kune do.

Retourné aux États-Unis (Côte-Ouest : Oakland, Seattle, L.A.) où il avait initialement vu le jour, Lee recevait fréquemment des menaces provenant de professeurs d’arts martiaux d’origine chinoise. Bien qu’il fût lui-même d’origine chinoise, Lee était très avant-gardiste, progressiste et innovateur. De surcroît, Lee n’avait aucun problème à l’idée d’enseigner les arts martiaux aux «étrangers».

Après avoir été défié par un instructeur rival, Lee remit en question son parcours martial. Malgré avoir remporté le combat, Lee trouva que le combat avait duré trop longtemps, que sa condition physique était déficiente, et que ses techniques de frappe étaient limitées. C’est alors qu’il débuta son propre cheminement martial et qu’il développa sa philosophie martial du jeet kune do. La boxe devint d’ailleurs un des piliers importants se sa philosophie martiale et à travers son pèlerinage martial,

Lee en vint à la conclusion que cinq types d’attaque peuvent être utilisées par un adepte lors d’un combat. Puisqu’il s’agit d’une philosophie martiale, les cinq types d’attaque peuvent être appliqués à la boxe anglaise. Lee Wiley, mon collègue de TheFightCity.com, a d’ailleurs fait un travail remarquable à ce sujet. Voyons plus en détails quels sont ces cinq types d’attaque.

L’attaque directe simple («Simple Direct Attack/SDA») et l’attaque angulaire simple («Simple Angulated Attack/SAA»):

Assez facile à comprendre. Dans le cas de l’attaque directe simple, il s’agit tout simplement d’une attaque directe, en ligne droite, de A à B. Toutefois, contre un boxeur plus grand, doué, mobile et rapide, il s’agit du pire choix à faire, car un coup lancé seul est beaucoup plus facilement à contrer, surtout lorsqu’on voit l’adversaire venir. En revanche, l’attaque angulaire simple est beaucoup plus envisageable par un adversaire limité physiquement, car il s’agit d’un coup simple (unique), mais lancé d’un certain angle, soit en dehors de la zone de tir de l’adversaire.

Regardez entre 2min 10sec et 2min 15sec, à 2min 20sec ainsi qu’à la troisième minute. Vous remarquerez que Mike Tyson utilise constamment son direct avant tout en se créant un angle; c’est-à-dire qu’il le lance en se déplaçant simultanément pour éviter ainsi de demeurer devant son adversaire. En faisant de la sorte, il enlève toute chance à son adversaire de le contre-attaquer.

L’attaque en combinaison(s) («Attack by Combination/ABC»)

Tel que son nom l’indique, l’attaque en combinaison consiste à lancer une série de deux coups ou plus. Plus la vitesse d’exécution est rapide et plus les cibles sont variées et espacées (nord, sud, est, ouest), meilleures seront les chances de réussite (pourcentage de coups atteints). Toutefois, ça ne sert à rien de lancer les meilleures combinaisons possibles si le boxeur ne se trouve pas en position (stratégique) pour le faire. Encore une fois, le combat Saul Alvarez-Floyd Mayweather Jr. est un excellent exemple de ce fait. Alvarez, qui est l’un des meilleurs «combination puncher» de toute la boxe professionnelle, n’a jamais été en mesure d’ennuyer Mayweather, car ce dernier bougeait constamment après avoir frappé Alvarez.

Vasyl Lomachenko lance un volume de coups très élevé à chaque combat. Mais ce n’est pas tout : après sa victoire contre Nicholas Walters il y a un peu plus d’un an, le médaillé d’or de Jeux de Londres en 2012 possédait également le différentiel +/- pour les coups atteints le plus élevé depuis Floyd Mayweather Jr.

L’attaque par immobilisation de la main («Hand Immobilization Attack/HIA»)

L’attaque par immobilisation de la main est très utile au corps-à-corps afin de neutraliser l’une des deux armes principales de l’adversaire, soit son poing. Encore une fois, cette méthode d’attaque est inutile si on ne parvient pas à s’approcher efficacement de l’adversaire. Afin qu’elle soit considérée légale en boxe, le boxeur doit retirer sa main du gant de l’adversaire avant d’avoir atteint ce dernier avec sa main libre.

Notez que comment Lomachenko immobilise la main de ses adversaires non seulement dans le but de pouvoir les frapper, mais également afin de se positionner stratégiquement pour lancer ses coups à nouveau de façon sécuritaire.

L’attaque progressive indirecte («Progressive Indirect Attack/PIA»)

Cette forme d’attaque peut s’avérer très utilise pour un boxeur désavantagé au plan morphologique si son exécution est faite rapidement. L’attaque progressive indirecte est tout simplement une ruse, une sournoiserie offensive. Le boxeur feint une attaque vers une cible donnée, pour ensuite changer subitement de direction dans le but d’atteindre une cible différente, soit de la même main ou avec la main opposée. La feinte doit évidemment être crédible sans pour autant compromettre le boxeur dans sa motion.

Plusieurs croient à tort que Lomachenko n’a aucune puissance. Il n’est, en effet, peut-être pas le boxeur le plus dévastateur, mais c’est tout simplement dû au fait que l’Ukrainien comprend l’importance de doser sa puissance lorsqu’il feinte; à défaut de quoi, il serait plus lent et plus prévisible, donc plus facile à contrer.

L’attaque par invitation («Attack by Drawing/ABD»)

L’attaque par invitation est une ruse, une sournoiserie contre-offensive. Elle est d’ailleurs la plus difficile à appliquer étant donné son degré de difficulté élevé. Toutefois, bien exécutée, l’attaque par invitation est le type d’attaque le plus efficace de tous dans le cas qui nous concerne. L’attaque par invitation est comme suit : le boxeur s’utilise lui-même comme appât dans le but d’inciter l’adversaire à attaquer une cible précise sur son corps que le boxeur aura, bien entendu, déjà anticipé.

Le succès de cette forme d’attaque dépend à la fois du niveau de crédibilité du piège tendu, de la manœuvre défensive utilisée afin d’esquiver avec succès l’attaque initiale, et évidemment, de la capacité du boxeur de donner immédiatement la réplique à l’adversaire. Donc en forçant l’adversaire à prendre l’appât, le boxeur plus petit l’empêche non seulement de courir à droite et à gauche (temporairement), mais il l’incite également à échanger avec lui, ce qui lui donne par conséquent une bien meilleure chance de demeurer compétitif.

Cette tactique est très psychologique, car on invite l’adversaire à oublier son plan de match afin que le boxeur puisse en contrepartie appliquer le sien à la lettre. En boxe, lorsqu’un boxeur réussi à amener l’adversaire à se battre selon ses termes, on appelle cela le généralat du ring («ring generalship»).

Lomachenko a certes un petit côté moqueur et arrogant, toutefois ses moqueries et son arrogance ont un but, et surtout, un résultat très précis jouant toujours en sa faveur.

Condition physique d’un triathlète

Il va s’en dire qu’afin de pouvoir utiliser certaines composantes du style «peek-a-boo», un boxeur tel, que David Lemieux par exemple, se doit non seulement d’être en parfaite condition physique, mais surtout d’avoir la condition physique adéquate qui lui permettra d’utiliser tous ses «outils» au meilleure de ses capacités. En gardant en tête les principes du «weak-point training», le boxeur doit travailler ses faiblesses au tout début de son entraînement (défensive-esquives, débordements) et travailler ses forces qu’à la toute fin (sac de frappe, «punch shield»). Voici ce dont à quoi devrait ressembler un programme d’entraînement en prévision d’un combat opposant un boxeur plus grand, rapide et mobile à un boxeur plus compact et puissant.

Pertinence et spécificité:

  • Durée totale : Entre 40-45 minutes soit un peu plus longtemps qu’un combat de championnat de 12 rondes.
  • But visé : Performance.

La performance est l’objectif principal et non l’endurance, car bien que ces deux termes soient souvent utilisés de façon interchangeable, il y a une nuance importante entre les deux : la performance tient compte à la fois de la durée, mais surtout de la capacité de performer à plein régime le plus longtemps possible, alors que l’endurance ne tient compte que de la capacité de durer le plus longtemps possible, sans tenir compte de la qualité du travail (performance). Autrement dit, si on est performant, on fait automatiquement preuve d’endurance, toutefois, faire preuve d’endurance ne garantit en rien une bonne performance.

  • Types d’exercices : Pliométrie & puissance pure

L’entraînement pliométrique (sprints courts, «box jumps», «burpees», «bounding», fentes sautées, sauts latéraux, etc.) ainsi que l’entraînement en puissance pure (charges très lourdes soulevées à raison de cinq répétitions tout au plus) sollicitent le plus de fibres musculaires possibles en plus de développer les fibres musculaires rapides. La zone hypertrophique (6-12 répétitions) est à éviter.

  • Durée par série : 3 à 4 minutes avec 5 à 10 secondes de repos à tous les 10 à 20 secondes, similaire à l’entraînement de type Tabata. Le but est de simuler de près le rythme erratique d’une ronde de boxe.
  • Partenaires de «sparring» et d’entraînement : Lors des séances de «sparring» ainsi que lorsque le boxeur travaille dans les mitaines d’entraînement, tous partenaires travaillant à ses côtés devraient posséder une physionomie ainsi que des qualités athlétiques similaires à l’adversaire qu’il s’apprête à affronter; à défaut de quoi, on risque de conditionner de mauvais automatismes qui s’avéreraient inapplicables, voire néfastes, le jour du combat.
  • Aptitudes développées: Vitesse et explosivité

Retour sur les méthodes, les principes & les concepts

  1. Principe & concept: Un boxeur est vulnérable lorsque sa tête se trouve entre les épaules de son adversaire, surtout lorsque ce dernier à l’avantage de la portée sur lui.

Application méthodique pugilistique: Lorsqu’on «chasse» l’adversaire, il faut avancer en biais de sorte à garder le pied avant en dehors ses épaules.

  1. Principes & concepts: Un boxeur est également vulnérable lorsqu’il pense (analyse), inspire, lorsqu’il est en perte d’équilibre, lorsqu’il est compromis dans un mouvement, et enfin lorsqu’il avance ou recule en ligne droite.

Application méthodique pugilistique: Lorsque l’une ce ces occasions se présentent, il faut attaquer ou contre-attaquer le plus rapidement possible et ce, sans hésitation, car la fenêtre de temps n’est que temporaire.

  1. Principe & concept: Un boxeur qui avance vers son rival dans le but de se porter en attaque ne l’est réellement que lorsque ce dernier lance le premier coup.

Application méthodique pugilistique: Lorsque Lemieux se portait en attaque contre Saunders et que ce dernier l’accueillait en l’aspergeant de directs avant, Saunders était en réalité l’attaquant, et non Lemieux. Un boxeur au style similaire à celui de Lemieux doit se percevoir davantage comme un contre-attaquant et prévoir préalablement une esquive préventive pour ensuite pouvoir frapper son adversaire.

  1. Principe & concept: Un boxeur en mouvement perpétuel est une cible très difficile à atteindre.

Application méthodique pugilistique: Encore une fois, la vitesse de Billy Joe Saunders ainsi que celle d’Yves Ulysse Junior ont fait la différence lors de leurs combats respectifs. Dans le cas du combat d’Ulysse jr., vous remarquerez que pratiquement tous les KO de son adversaire Cletus Seldin étaient survenus contre des adversaires sans jeu de pieds ou pire, contre des adversaires qui fonçaient vers lui. Si je puis me permettre une métaphore, un chevreuil en pleine course est beaucoup plus difficile à tirer qu’un chevreuil qui paît dans un pré.

  1. Principe & concept: Demeurer proche du danger, mais pas devant ce dernier est préférable au retrait stratégique.

Application méthodique pugilistique: Vasyl Lomachenko. Regardez attentivement les faits saillants de sa carrière jusqu’ici. Le prodige ukrainien est toujours en perpétuel mouvement et il est souvent proche, voire carrément à portée de son adversaire. Toutefois, il se fait très rarement atteindre. Pourquoi? Oui, il a certes une défensive hors pair mais vous noterez également que plusieurs de ses manœuvres défensives sont accompagnées d’un repli stratégique, ce qui ne serait pas à l’avantage d’un boxeur plus petit et moins rapide que sont adversaire. De plus, c’est bien beau se replier, mais l’adversaire n’est pas plus en danger pour autant. Alors quelle est l’alternative? Se positionner stratégique à l’extérieur des épaules de son adversaire. Autrement dit, éviter à tout prix sa zone de tir en se créant plutôt des angles, ce que Lomachenko fait également à merveille. Et à chaque fois que le champion WBO des poids super-plumes procède ainsi, il met son adversaire en «zugzwang». «Zugzwang» est un terme allemand employé aux échecs lorsqu’un joueur force son adversaire à faire un coup désavantageux. Autrement dit, le joueur force l’adversaire à avoir un coup de retard sur lui, un coup qu’il aura bien entendu anticipé à l’avance. Donc, lorsque «Hi-Tech» bouge préventivement en angle, il force son adversaire à pivoter vers lui afin de pouvoir lui faire face, et surtout afin de pouvoir lancer des coups à nouveau. Le problème, pour l’adversaire de Lomachenko bien entendu, est le suivant: au moment même où l’adversaire amorce son pivot, Lomachenko a déjà lancé ses coups et bougé stratégiquement vers une autre position, forçant ainsi toujours son adversaire à se compromettre.

En résumé: quelques ajouts simples pour un monde de différence

Tel que mentionné lors de mon dernier article, il n’est pas absolument nécessaire d’enseigner un style dans son entièreté; il suffit plutôt den d’en soutirer tout simplement l’essentiel et de laisser le superflu de côté.

  1. L’esquive en ligne haute: Même si l’adversaire frappe comme le train de minuit, il ne peut endommager ce qu’il ne peut réussir à toucher. De plus, un adversaire compromis se prêtre parfaitement à une contre-attaque.
  2. Débordements et positionnements stratégique: Si le boxeur n’est pas devant son adversaire, ce dernier ne peut l’atteindre. De plus, si le boxeur se trouve à un angle, il a le champ libre pour lancer ses coups de façon sécuritaire et avec un très haut taux de succès.
  3. Inviter l’attaque: L’attaque par invitation est une excellente façon de freiner un adversaire et de le garder temporairement en place dans le but de le forcer à se compromettre. La riposte doit suivre immédiatement.
  4. Bouger préventivement: Qu’il s’agisse d’une partie du corps (la tête) ou du corps en entier, un boxeur en mouvement, surtout en dehors de la zone de tir de l’adversaire, est une cible pratiquement inatteignable. Le boxeur bouge pour esquiver une attaque ou préventivement après avoir lancé un coup, préférablement une combinaison.
  1. Les pas transitoires: Les pas transitoires, ou changement temporaire de garde («shifting»), sont malheureusement très peu utilisés dans la boxe nord-américaine de nos jours. Toutefois, ils constituent un excellent moyen de couvrir une plus grande distance, d’augmenter la puissance d’une frappe en générant plus de momentum, et de se créer également des angles.
  2. Le travail au corps a priori:

Le tronc du corps possède non seulement une plus grande surface (donc, une plus grande cible), mais le tronc contient aussi de nombreux organes. Si vous achevez le corps, la tête tombera.

Alors voilà ce qui complète ce troisième tiers sur le style «peek-a-boo» et de ses principes. Ce qu’il faut comprendre c’est que ce style se prêtre particulièrement bien à un boxeur plus petit et trapu. De plus, ce style est très compatible aux boxeurs qui n’ont pas froid aux yeux et qui invitent ainsi les guerres de tranchées sans pour se mettre à risque. Un boxeur tel que David Lemieux en serait le prototype idéal.

Malgré sa compatibilité, un boxeur tel que David Lemieux ne doit toutefois pas devenir esclave du style, puisque d’autres principes de combat provenant de disciplines martiales diverses sont également intelligibles et applicables. Les cinq types d’attaque en sont un bon exemple. Nous verrons toutefois quels ajustements le clan Lemieux apportera au style de leur protégé.

Qui sait, peut-être y retrouvera-t-on quelques points suggérés dans cet article? Bon j’ai écrit pratiquement l’équivalent d’un tiers de thèse de maîtrise lors des trois derniers, je vais donc troquer l’écriture pugilistique pour de la lecture (Iron Ambition, excellent ouvrage) et du visionnement vidéo. Je devrais sans doute publier l’entrevue que j’ai eue la chance de faire avec Virginie Assaly; mais rien ne presse : ça peut attendre à l’année prochaine.

Allez, Bonne Année à vous tous et souhaitons-nous une excellente année de boxe en 2018!

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *