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David Théroux et Sorel, une histoire d’amour qui se poursuit

David Theroux l'emporte en Roumanie

Après une pause d’un an, le Sorelois de 24 ans David Théroux (13-3-0, 9 KO) est retour sur le ring chez lui, à Sorel, ce vendredi. Bien sûr, il a dû se remettre sur pied à la suite d’une grave fracture à la main gauche, mais il a aussi subi intensément la chicane entre Antonin Décarie et Stéphan Larouche. Nous vous offrons aujourd’hui un tour d’horizon de son parcours ainsi que de ses projets pour la suite de sa carrière.

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Rapidement poussé en finale

David Théroux champion aux Jeux du CanadaÀ l’époque de son parcours amateur, David Théroux s’est illustré en 2010 et en 2011 en remportant les championnats canadiens amateurs chez les juniors ainsi qu’aux Jeux du Canada de 2011. Puis, il a choisi de passer chez les pros en 2014, dès l’âge de vingt ans. Après des duels dans le cadre de cartes présentées par les frères Grant, InterBox et  Groupe Yvon Michel, Théroux se retrouve propulsé en finale lors du 1er gala présenté à Sorel depuis 2006. Ce gala est alors organisé en novembre 2014 par Eye of The Tiger Management en collaboration avec BoxeMontréal.com.

En remplacement de Schiller Hyppolite en finale, David Théroux fait réagir les deux mille spectateurs rassemblés au Colisée Cardin dans le pays du Survenant. Il passe un retentissant KO au 3e round face à l’expérimenté Noel Mejia Rincon (12-4-1, 9 K.-O.) alors qu’il en est seulement à son premier duel de six rounds.

Jean Bédard et David Théroux

Moins de deux semaines plus tard, David Théroux signe un contrat de trois ans avec la firme InterBox, alors dirigé par Jean Bédard. En avril suivant, son clan décide de lui faire grimper les marches à un rythme surprenant. Surnommé “ Les mains d’acier ”, Théroux est opposé pour son premier combat de huit rounds à un Colombien installé en Espagne, Ignacio « Natxo » Mendoza (39-10-2, 23 K.-O.). Mendoza n’a pas seulement dix fois plus d’expérience chez les pros, il a aussi réussi à décrocher des victoires pour des titres mineurs en Allemagne et en Ukraine. De plus, il a alors  complété 12 rounds avec le dangereux Victor Postol.

Une première chute

Le 17 avril 2015, David Théroux est tenace et courageux, mais il fini par céder au 7e round face à Ignacio Mendoza. Aujourd’hui, Théroux est lucide et reconnaît que ce combat-là était un peu prématuré dans le processus du développement de sa carrière. Soulignons que contrairement à ce que l’on voit d’habitude, Mendoza n’est pas réinvité à boxer au Québec. Pourtant, il aurait fait un rival très crédible pour les Dierry Jean, Yves Ulysse Jr, Mathieu Germain ou Batyr Jukembayev. Il s’agit d’un signe évident que plusieurs autres acteurs de la boxe d’ici ont aussi reconnu que ce choix d’adversaire était une erreur.

Theroux passe CotroniCinq mois plus tard, David Théroux renoue avec le ring en participant au premier et unique gala de la Fondation Maduma. Puis, il est de nouveau en vedette lors d’un gala à Sorel alors qu’il affronte Frank Cotroni. Il s’agit alors de la finale du 3e gala à Sorel en moins d’un an. Encore une fois, plus de deux mille spectateurs se rassemblent pour encourager leur concitoyen face au Montréalais Cotroni. Les deux pugilistes se livrent une dure bataille et à la suite d’une blessure à une main, le coin de Cotroni lance la serviette au cours du cinquième round.

Par la suite, c’est plus compliqué pour David Théroux d’obtenir des occasions de monter sur le ring. À l’époque, GYM et InterBox ont unis leur force, mais Théroux et Yves Ulysse Jr sont mis de côté par Yvon Michel plus souvent qu’à leur tour.

Après avoir fait la sous-carte de Kovalev-Pascal 1, il prend l’avion en mars pour se battre en Roumanie en sous-carte des Simion Viorel et Bogdan Dinu. Au mois de mai, Théroux est de retour à Sorel-Tracy pour affronter le Mexicain Juan Manuel Mares. Encore une fois, David Théroux fait bonne impression et l’emporte par TKO au 6e round.

Deux dernières années plus pénible

Dans les deux dernières années, les épreuves se sont succédé à un rythme assez élevé pour David Théroux. Tout d’abord, le Sorelois est défait par décision partagée face au Mexicain Jose Emilio Perea lors du gala des comparables. À la suite de ce revers, Théroux décide de faire un peu de changement dans son équipe et il remplace son entraîneur Pierre Bouchard par ses collègues au gym Stéphan Larouche et Carl Handy.

Comme à son habitude, le clan Théroux ne recule pas devant les défis. À sa sortie suivante, initialement prévu en janvier mais reporté en juin 2017, on l’oppose à celui qui a fait voir des étoiles à Yves Ulysse Jr à Blainville. Théroux domine aisément Francisco Javier Perez et il remporte chacun des six rounds de l’affrontement. Puis en octobre suivant, il terrasse en trois rounds un gaucher philippin alors qu’il est en sous-carte de Ulysse-Claggett.

Jesus Perez domine David TherouxPuis la veille de Saunders-Lemieux, Eye of the Tiger Management présente un petit gala à Sorel pour permettre à David de progresser et de faire boxer quatre protégés d’Anna Reva ainsi que Clovis Drolet. Ce soir-là, Théroux est opposé à un Mexicain, Jesus Perez (21-0-0, 16 KO) qui n’a alors participé qu’à des duels de quatre et six rounds. Normalement, Théroux ne devrait pas avoir de difficulté à vaincre un rival qui a été opposé à des boxeurs ayant une fiche cumulative de 20-132-7. Mais au terme d’un combat très intense, les juges ont accordé la victoire par décision majoritaire (78-74, 78-74, 76-76) au Mexicain.

Dans les minutes suivant le combat, Théroux reconnaissait avoir pris son rival un peu à la légère. Un an plus tard, les apprentissages sont encore plus profonds. « C’est le combat qui m’a fait le plus apprendre de chose. Autant sur la préparation, la perte de poids que la gestion d’un combat, j’ai retenu beaucoup de leçons de cette défaite. Avec la longue convalescence, j’ai pu prendre du recul et je me sens prêt à relancer ma carrière », affirme-t-il.

Évidemment déçu par la décision, Théroux prend la direction de l’hôpital pour traiter une oreille droite particulièrement enflée. C’est alors que les médecins découvrent qu’il s’est fracturé la main gauche. La facture sévère le force à être opéré. Cinq broches sont installées dans sa main pour faciliter sa guérison et il doit faire une pause pour une période d’au moins six mois.

David Théroux à l'entraînementAutre événement déstabilisateur, une profonde chicane a lieu en septembre dernier entre son entraîneur Stéphan Larouche et le directeur général de Eye of The Tiger Management, Antonin Décarie. Le promoteur Camille Estephan prend parti pour son employé et exige que tous les boxeurs travaillant avec Larouche changent d’entraîneur.

Fidèle au clan BoxeMontréal.com depuis plus de sept années, Théroux refuse la demande de son promoteur et se voit aussitôt libéré. « Cette histoire de chicane-là ça ne m’intéresse pas, ce n’est pas de la boxe. Je travaille avec Stéphan et la gang de BoxeMontréal depuis sept ans et mon choix n’a pas été difficile à faire. J’ai refusé la demande de Camille et j’assume que ce sera un peu plus compliqué de me trouver des combats, mais le gala de vendredi est la preuve que c’est loin d’être la fin de ma carrière », ajoute le boxeur qui fêtera ses 25 ans en janvier prochain.

Un rival d’expérience pour vendredi et un avenir en contrôle

En finale du gala présenté à la Salle Jani-Ber, David Théroux est opposé à un boxeur ayant pas moins de 46 combats et 264 rounds d’expérience. Le Mexicain de 34 ans, Abraham Gomez (28-17-1, 13 KO) a visité le Canada à neuf reprises dans les quatre dernières années. Bien qu’il ait subi la défaite à chaque fois, il a quand même fait la limite avec les Mick Gadbois, Roody Pierre-Paul, Tyson Cave et Kevin Lavallée. À sa dernière visite au pays, Dierry Jean lui a passé le KO au 5e round. Bref, il s’agit d’un rival durable qui pourrait bien faire la limite avec Théroux.

Conscient qu’une carrière de boxeur ce n’est pas éternelle, David Théroux s’est trouvé un emploi de col bleu à la ville de Montréal dans la dernière année. L’été dernier, il a participé à la cueillette du recyclage et cet hiver, il devrait travailler sur le déneigement lors des grosses tempêtes. De plus, le Sorelois a entamé une formation pour devenir sommelier et travaille les fins de semaine dans un restaurant de Sorel. En bref, sa passion pour la boxe n’est pas éteinte, mais il prend les moyens pour avoir le plein contrôle sur sa destinée.

« À ce jour, je n’ai pas atteint les objectifs que je me suis fixés. Je suis convaincu que je peux me rendre bien plus loin. Ma victoire la plus significative est encore à venir et j’ai confiance que je vais y arriver avec mon équipe. Gomez est seulement la première étape de mon retour », de conclure le souriant boxeur.

david théroux

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