Boxe québécoise pour tous les amateurs francophones – 12rounds.ca

Il y a 20 ans, Otis Grant affrontait Roy Jones Jr

Roy Jones Jr VS Otis Grant

Si beaucoup d’amateurs se rappellent d’Éric Lucas face à la légende vivante Roy Jones Jr, le parcours d’Otis Grant a beaucoup moins marqué l’imaginaire québécois. Tout d’abord, il y a eu son triomphe du titre WBO des poids moyens en Angleterre face à Ryan Rhodes, puis voilà exactement 20 ans aujourd’hui, soit le 14 novembre 1998, il affrontait rien de moins que le meilleur boxeur au monde, le célèbre Roy Jones Jr sur les ondes de HBO.

Tout comme David Lemieux l’a fait en 2015 face à Golovkin, Otis «The Magic » Grant a fait, à l’époque, un choix courageux et payant. Pour souligner cet anniversaire, nous vous offrons un retour sur cet événement qui a été oublié par beaucoup trop d’amateurs de boxe de la Belle Province.

Une offre inespérée de la part de Roy Jones Jr

Plusieurs s’en rappellent, Éric Lucas se retrouve face à Roy Jones Jr en 1996 alors que le meilleur boxeur livre pour livre a choisi son rival dans le but de réaliser un record bien spécial : pratiquer deux sports professionnels dans la même journée, soit une partie de basketball en après-midi et un combat de boxe en soirée.

Deux ans plus tard, c’est Otis Grant qui est choisi pour affronter le grand maître du noble art, alors qu’il vient de défendre avec succès son titre mondial des poids moyens à Kanata. Comment le choix s’est-il fait ? Par un concours de circonstance, alors que Jones a vu un reportage au cours duquel il est question de l’implication sociale d’Otis Grant auprès des jeunes délinquants à son école. Le champion unifié des 175 livres est touché et déclare qu’il aimerait donner une chance à un boxeur qui se dévoue aussi intensément pour les jeunes.

Le promoteur américain de Grant, Art Pellulo, est informé de l’intérêt de Jones et les négociations s’entament rapidement. « La décision n’a pas été difficile à prendre, on m’a offert une somme de 500 000 $ pour affronter Jones alors que ça m’aurait pris quatre défenses pour faire autant d’argent et j’avais la chance de me battre avec le meilleur au monde », explique Otis Grant.

Par contre, ce défi implique qu’il doit monter de 160 à 175 livres, toute une progression de poids.

« Heureusement, j’ai eu du temps pour me préparer. Au début, j’ai essayé de manger six fois par jour, mais je n’étais vraiment pas à l’aise avec cette méthode. J’ai modifié ça ensuite pour trois repas par jour et trois shakes protéinés par jour. Évidemment, je n’ai pas eu de misère à faire le poids. Ce fut très agréable comme fin de camp d’entraînement », se rappelle-t-il.

De négligé à partenaire d’entraînement

Arrivé au Foxwood Resort dans le Connecticut, il fait face à une horde de journalistes qui sont convaincus que le duel ne va durer que quelques instants, soit un round ou deux au maximum. Fouetté par le manque de respect des médias, le Montréalais champion des poids moyens adopte une stratégie très défensive visant à faire un maximum de rounds. Finalement, il s’incline par TKO au 10e round.

En conférence de presse d’après-combat, Otis Grant déclare : « Je n’ai pas honte de ma performance. Je me suis préparé de mon mieux, j’avais établi un plan… le gars en avant de moi était trop fort. Qu’est-ce que je peux ajouter? Je voulais le laisser boxer pendant trois ou quatre rounds, me protéger et voir. J’ai fait tout ça. Mais quand est venu le temps de passer à la deuxième étape, rentrer mon jab et essayer de suivre avec ma gauche, c’est là qu’il m’a ramassé ».

Otis Grant Roy Jones Jr« J’ai été vraiment impressionné par tant de force et tant de vitesse. Je l’avais vu sur film, je m’étais dit que je pourrais compenser avec la défensive et du mouvement, mais c’était trop. Russ [Anber] m’a dit après ma chute au 4e qu’il n’hésiterait pas à arrêter le combat si je risquais de me faire blesser sérieusement. J’étais un peu secoué au 10e. Sur le coup, j’aurai aimé continuer et Russ m’aurait sans doute laissé continuer contre un autre. Mais avec ce gars-là en face de moi, il n’y avait plus d’espoir », affirmait-il à l’époque.

« Après le combat, j’ai été invité à servir de partenaire d’entraînement à Roy Jones pour ses deux combats suivants. Lors des sparrings avec lui, j’ai pu échanger des coups à de nombreuses reprises et j’étais loin d’être déclassé. Avec le recul, j’aurai dû tenter ma chance un peu plus lorsque je l’ai affronté », conclut-il vingt ans plus tard.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *