Boxe québécoise pour tous les amateurs francophones – 12rounds.ca

Jaime Herrera est de retour pour gagner

Butler Herrera en conférence de presse

Par Simon Traversy

En tant que fans de boxe, nous entendons évidemment souvent parler de nos saveurs dites «locales» sans pour autant savoir ce qui se passe dans le clan adverse. Après tout : loin des yeux, loin du cœur. De plus, il est tout à fait normal d’avoir un parti pris, car qui ne voudrait pas voir nos jeunes espoirs aspirer aux grands honneurs?

Dans moins d’une semaine, soit le 31 mars, l’étoile montante locale Steven Butler (22-1-1, 19 KO) croisera le fer à nouveau avec Jaime Herrera (15-5-1, 8 KO), un chic type qui gagne à être connu. Le boxeur de 29 ans n’a peut-être pas la fiche la plus impressionnante au monde, mais c’est un routier qui en a vu d’autres. Mais ce n’est pas tout : il n’a pas froid aux yeux et possède définitivement à la fois le style et la fougue pour venir embêter Butler dans son ascension vers le sommet de sa division.

affiche 31 mars butler Herrera

Puisque que chez 12 Rounds, nous aimons bien vous présenter les deux côtés de la médailles afin d’apprécier toute l’ampleur d’une bonne rivalité (en plus de demeurer le plus objectif possible), j’ai crû bon d’aller voir ce qui se passait dans la «cour du voisin». Je me suis donc entretenu avec le charismatique Jaime Herrera afin d’en savoir un peu plus sur lui. Après tout, la carrière d’un athlète est définie par l’adversité à laquelle il a fait face, et Jaime Herrera représente un autre bon test pour Butler, lui qui a fait match nul contre lui il y a près de 3 ans. Donc, sans plus tarder, je vous présente le boxeur de 29 ans originaire de l’Illinois, Jaime Herrera (15-5-1, 8 KO).

Simon Traversy : Tu as affronté Steven Butler le 20 juin 2015. Parle-nous de ta perception de ce combat? Étais-tu surpris par la décision des juges?

Jaime Herrera : « Oui je l’ai été, car outre mes deux visites au plancher, je crois que j’ai atteint Butler plus souvent et de façon plus franche. Mes coups semblaient avoir plus d’impact et j’ai ainsi travaillé plus fort et de façon plus soutenue ».

Qu’as-tu appris de ce combat?

« J’ai appris que je dois travailler dès le premier son de cloche; il doit y avoir constamment un sentiment d’urgence, comme si j’étais au 12e engagement et que je tirais de l’arrière. Je dois me démener et en donner toujours plus afin de ne laisser aucun doute dans l’esprit des juges si jamais le combat devait se rendre à la limite ».

À ton combat suivant, tu as vaincu un boxeur de 12-0, et tu as gagné une ceinture mineure. Peux-tu nous parler de ce duel avec Javier Flores et des retombées que tu as obtenues?

«  Flores est un gars qui a faim et qui a du cœur au ventre. Un type de ce genre m’interpelle beaucoup et me motive, car tu vois, je déteste me battre contre des demi-mesures. Je sais que dans la boxe d’aujourd’hui, c’est loin d’être la norme mais je suis comme ça. Les combats faciles ne m’attirent tout simplement pas. Ce combat contre Flores fut un vrai test pour moi, car je voulais savoir qui j’étais réellement et à quel point j’étais affamé également. Cette victoire m’a donc permis également d’améliorer ma feuille de route et de demeurer un compétiteur légitime ».

Par la suite, tu as eu 3 combats en 2016. Ça ne t’intéressait pas de revenir au Québec plus vite pour faire un maitre entre Butler et toi ?

« J’ai toujours voulu cette revanche. Un verdict nul laisse un goût amer dans la bouche de tout le monde, en commençant par celui qui aurait dû l’emporter, c’est-à-dire moi. Donc, je voulais définitivement remettre les pendules à l’heure à ce niveau. Toutefois, le clan Butler ne croyait pas au départ que j’étais prêt. Et lorsque les premiers pourparlers ont été entamés, ils ne m’ont rien offert qui en valait la peine ».

Depuis juin 2015, as-tu fait des changements dans ton équipe par rapport à ton premier combat contre le Montréalais?

«  Outre le peu de temps de préparation lors du premier combat, lorsque je me suis pointé à Montréal pour affronter Butler, je n’avais que mon ami comme homme de coin; mon entraîneur devait régler quelques problèmes personnels et mon cutman n’a pas pu avoir ses papiers pour rentrer au Canada à temps. Donc cette fois-ci, je suis non seulement parfaitement préparé, mais je vais me présenter au Casino de Montréal avec toute mon équipe. Cela jouera évidemment à mon avantage ».

En novembre 2016 et 2017, tu as perdu face à Taras Shelestyuk pour le titre NABO et Frank Galarza t’a également vaincu. Peux-tu nous parler un peu plus de ces deux duels?

Taras Shelestyuk and Jaime Herrera

« Je n’ai pas vraiment d’excuse pour être vraiment franc avec toi. Ils étaient tous deux de très bons boxeurs. J’ai visionné les deux combats suivant mes deux revers j’ai pris des notes et j’ai appris ma leçon. Je dois tout simplement y aller de l’avant et regarder vers l’avenir ».

En 2014, tu as également subi une défaite par KO face au puissant Lithuanien Egidijus Kavaliauskas; Steven Butler est également reconnu pour sa force de frappe t’ayant lui-même envoyé au tapis à deux reprises, que comptes-tu faire afin d’éviter de retrouver au plancher?

«  Tel que mentionné, ma préparation physique et mentale pour ce combat est à point contrairement au premier duel. À présent, je dois seulement me fier sur mon talent et mes réflexes et croire en moi-même. J’aurais dû l’emporter la première fois, donc je sais que je peux vaincre Butler si je performe à la hauteur de mon talent ».

Butler a beaucoup évolué depuis juin 2015. Qu’est-ce que tu connais de son parcours depuis son verdict nul avec toi?

« Pour être très honnête avec toi, je n’ai pas vraiment suivi sa progression depuis notre premier combat. Lorsque la revanche ne s’est pas concrétisée plus tôt, j’ai perdu intérêt et je suis tout simplement concentré sur mes prochains adversaires sans plus ».

Quelle est ta stratégie pour ce combat?

« Je ne peux malheureusement pas trop en dire à ce sujet pour des raisons évidentes, mais tout ce que je peux te dire c’est que peu importe le lapin que Butler prévoit sortir de son chapeau, je serai également prêt à lui jouer un vilain tour!

Lors de votre premier duel, tu as dis n’avoir eu que 20 jours pour te préparer, comment a été ta préparation pour ce combat? Qu’est-ce que tu veux faire de différent le 31 mars?

Jaime Herrera Steven Butler« La préparation est vitale pour tout athlète, encore plus pour un boxeur. Ta condition physique doit être impeccable, et ton plan de match doit être pratiquement sans faille. Cette fois-ci, j’ai eu le temps de bien faire les choses sans rien précipiter: l’entraînement est capital, mais le repos également, ce que j’ai eu la chance de faire cette fois-ci. J’ai permettre ainsi à mon corps de bien récupérer, ce qui n’était pas le cas la première fois. Je n’ai jamais eu à forcer la note pour quoi que ce soit: j’ai fait le poids facilement, mon conditionnement est arrivé à point à lui seul, je suis bien reposé et mon plan de match est solide. Donc tout est rentré dans l’ordre naturellement et ce, sans aucune contrainte ».

Tu sembles être le genre de boxeur typiquement latino-américain, c’est-à-dire un travailleur acharné qui se retrousse les manches, travaille plus fort que les autres et qui est toujours prêt à aller à la guerre. Est-ce exact?

« Absolument. Tel que mentionné plus tôt, j’aime me mettre au défi et repousser mes limites. Il n’y a aucun mérite à affronter un boxeur moins talentueux que soi. J’ai faim, j’invite ainsi toujours les défis et je suis le genre de personne qui a toujours quelque chose à prouver, surtout à moi-même ».

À l’extérieur du ring et dans la vie de tous les jours, qui est Jaime Herrera?

Jaime Herrera« Je suis un homme très poli et respectueux. Je crois que la courtoisie, en commençant par les bonnes manières, sont primordiales et je dois ces valeurs qui m’ont été inculquées dès ma tendre enfance à mes parents; j’ai été bien élevé. De plus, je viens d’une très grosse famille: j’ai quatre frères et deux sœurs, donc le partage et l’entraide sont également des valeurs sine qua non pour moi et le reste des membres de ma famille. J’ai également une famille élargie assez typique d’une famille d’origine mexicaine: j’ai plein de neveux et de nièces, donc il va sans dire que je suis d’abord et avant tout un homme de famille. Et ça me motive d’être autour d’eux; mon père était le seul pourvoyeur de la famille et ma mère devait ainsi s’occuper de nous tous, donc, si je suis un travailleur acharné dans le gymnase comme dans le ring lors des combats, c’est grâce aux nombreux sacrifices qu’ils ont fait pour nous tous et donc j’ai été témoin. Aujourd’hui, mes frères et mes sœurs ont tous de bons boulots, donc ça me pousse à vouloir exceller dans ma profession ».

Tu as mentionné à plus d’une reprise avoir adoré ton séjour à Montréal, qu’as-tu aimé particulièrement de notre belle métropole?

« Les gens. J’ai été abasourdi de voir à quel point les gens étaient gentils et accueillants. Il y a tout simplement quelque chose de spécial chez vous. J’ai trouvé ma première expérience tout simplement magique et je suis très heureux de pouvoir la revivre une seconde fois ».

Comptes-tu t’y établir en permanence un jour?

(Rires) « C’est très ironique que tu me poses cette question, car j’en ai justement discuté avec l’un de mes proches il n’y a pas si longtemps. J’adore tout de Montréal à l’exception de la température. Je sais que je dis ça bien que je sois originaire de Chicago mais bon. Outre le climat, c’est certainement une idée que j’ai en tête depuis quelque temps. Tu vois, quand on m’accueille les bras ouverts et que je me sens à la maison dès les premiers instants, alors j’adopte immédiatement cet endroit. C’est d’ailleurs comme ça que je me suis senti lors de mon séjour à Montréal; ce fut un coup de foudre instantané à la fois avec la ville et surtout avec ses habitants ».

Tu t’attends à quoi comme duel le 31 mars? Veux-tu faire une prédiction?

Mike Jones vs Jaime Herrera« C’est certain que je m’attends à ce que Butler soit affamé. Il n’a pas gagné le premier combat et je sais qu’il le sait dans son fort intérieur. Il cherchera donc par tous les moyens à remettre les pendules à l’heure de façon à ne laisser aucun doute dans l’esprit des fans et des experts. C’est un combat de rédemption pour lui. Il veut démontrer qu’il est capable de compétitionner avec l’élite mondiale, donc je m’attends à beaucoup d’agressivité et d’intensité de sa part. Toutefois, j’ai également quelque chose à prouver, donc je m’attends à un excellent duel. Je crois que j’ai de très bonnes chances de l’emporter, du moins, plus que la première fois. Ceci dit, il en reste néanmoins que la boxe est un sport imprévisible où tout peut arriver. Par-contre, ce que je peux te prédire avec toute la certitude du monde, c’est que les fans, eux, en sortiront très certainement gagnants ».

Voilà ce qui complète cet entretien avec Jaime Herrera; un très bon «Jack» et un gars qui aime donner un bon spectacle. Herrera n’est pas dupe; tout comme Butler, il est très conscient de l’enjeu que représente ce combat pour sa carrière : une victoire viendrait le remettre dans le portrait de l’élite mondiale alors qu’une défaite viendrait confirmer pour de bon son statut de routier respectable sans plus.

En ce qui concerne Butler, Herrera a vu juste au sujet de son adversaire : le natif de Saint-Michel a en effet quelque chose à prouver, car il doit non seulement vaincre Herrera, mais il doit le faire de façon convaincante; une victoire à l’arrachée ne suffirait tout simplement pas à convaincre la vaste majorité de sa légitimité en tant que future champion du monde. Dans le cas contraire, une victoire décisive lui rajouterait une dose de confiance supérieure en plus de le rapprocher d’un éventuel combat de championnat du monde…ou peut-être (avant ça) d’un combat revanche contre Brandon Cook, qui vieillit lentement mais sûrement en quelque part en Ontario. Une défaite raviveraient les mêmes doutes qui ont fait surface suite à son revers aux mains du «Bad Boy» il y a un peu plus d’un an, et ce, malgré les changements que le clan Butler a apportés au cours des derniers mois.

Butler saura-t-il solidifier son statut de futur champion du monde avec une victoire éclatante ou Jaime Herrera trouvera-il le moyen de jouer les trouble-fêtes à nouveau? Qui vivra jusqu’au 31 mars, verra.

Manquez pas mon prochain combat ça va faire Bang Bang! Qui sera là? Beaucoup de bruit svp

Mieux vaut vivre un jour comme un tigre que 100 ans comme un mouton #BangBang. Dans 12 jours #ButlerHerrera2 #UnfinishedBusiness

Posted by Steven BangBang Butler on Monday, March 19, 2018

One Comment

  1. Pingback: Butler-Herrera, qui l'emportera ?

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Aller à la barre d’outils