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Les 200 livres, une division attrayante

Oleksandr Usyk

Par David Tétreault

Le 14 août 2015 lors d’un gala de PBC sur Spike TV, la finale implique Antonio Tarver et Steve Cunningham qui s’affrontent chez les poids lourds. Un combat fade et ennuyant qui finira en combat nul. Pourtant, ce soir-là marque le début d’une nouvelle ère pour une division, celle des lourds-légers. La demi-finale du gala oppose le champion WBO, l’allemand Marco Huck, à l’aspirant obligatoire, le polonais Krzysztof Glowacki.  Un pari risqué du télédiffuseur qui espère que les deux boxeurs donneront un bon spectacle.

Ce sera le combat de la soirée ; possiblement le combat de l’année. Huck se fera passer le KO au 11ème round après une guerre de tous les instants. Les pugilistes ont réussi ce qui semblait impossible il y a de cela quelques années ; mettre la division des moins de 200 livres sur la « map ».

La catégorie des 200 livres est celle qui fait le pont entre les mi-lourds et les poids lourds. En résumé, c’est presque la rapidité d’exécution des 175 avec presque la force de frappe des lourds. Le meilleur des deux mondes diront certains. Mais qui sont les principaux acteurs de cette division en croissance? Voici un portrait de ceux qui animent cette division et que vous devriez connaître.

Le Roi Usyk

Image associéeTout d’abord, le nouveau roi incontesté de la division, Oleksandr Usyk. Grand, fort, précis, intimidant, frappe comme une mule. Il est le total package de la division. Il est devenu champion WBO en septembre en battant par décision unanime Glowacki. L’Ukrainien, qui a remporté l’or aux Olympiques de 2012 à Londres, défendra sa ceinture pour la première fois le 17 décembre, soit samedi prochain, alors qu’il affrontera le sud-africain Thabiso Mchunu. Le upset est plus qu’improbable. Usyk sera dur à détrôner, mais quelques aspirants pourraient éventuellement venir gâcher sa fête.

Le vétéran Lebedev

Résultats de recherche d'images pour « Denis lebedev »Parmi ceux-ci, un des noms les plus connus est Denis Lebedev. Il a mis la main sur la ceinture WBA en 2012. Depuis, il roule sa bosse chez les 200 livres. Son plus gros test en carrière a eu lieu le 3 décembre, alors qu’il a perdu sa ceinture IBF aux mains du jeune prodige russe Murat Gassiev, par décision partagée. Lebedev est rentré à l’hôpital quelques jours plus tard pour des blessures reliées au cerveau. Gassiev est celui que l’on voit le plus rapidement venir donner du trouble à Usyk.

L’anglais Tony Bellew et les autres

Résultats de recherche d'images pour « Tony bellew wbc »Un autre nom qui circule beaucoup est Tony Bellew. L’ancienne victime de Stevenson a mis la main sur le titre WBC en juin quand il a TKO Makabu, après avoir été au plancher au premier round. Bellew a fait le saut en mars chez les lourds, le temps d’un lucratif combat, pour s’opposer à son compatriote anglais David Haye. Alors qu’il se dirigeait vers une défaite, Bellew a vu son rival Haye se blesser à une cheville et il s’est imposé pour décrocher un TKO au 11e round face à un boxeur incapable de garder son équilibre. Un succès qui ne passera pas à l’histoire. Pour souligner ce triomphe inattendu la WBC lui a décerné le titre de champion émérite des moins de 200 livres. 

Mairis Breidis est aussi un nom à retenir. Il est invaincu en 21 combats. C’est lui qui avait fait le tour du monde avec sa vidéo virale, alors qu’il avait passé le ko de l’année 2015 en envoyant Manuel Charr au pays des rêves. Aspirant obligatoire à la ceinture WBC, il affronte samedi Marco Huck, l’aspirant numéro 2 pour déterminer le champion.

Yunier Dorticos, champion interim WBA, est un géant de 6’3, originaire de Cuba, qui a une force de frappe monstrueuse. Invaincu en 21 combats, il a passé le tko au dangereux Youri Kalenga en juin dernier. Dorticos affrontera Shumenov à son prochain combat le 29 avril à Las Vegas.  

Image associéeMarco Huck est cet ancien champion allemand que je considère encore très dangereux pour quiconque enlacent les gants contre lui. Sa défaite contre Glowacki, lors de son seul combat en sol américain, semble l’avoir piqué au vif. Il est en mission depuis et il espère plus que jamais ravoir une chance au titre. Il est lui-même le promoteur du duel avec Breidis ce samedi qui a lieu en Allemagne.

Grigory Drodz est un russe qui cumule 40 victoires en 41 combats. Il a déjà possédé la ceinture WBC; il a dû la laisser aller par cause d’inactivité en raison de blessures récurrentes. Son dernier combat remonte au mois de juin 2015. S’il peut revenir en santé, je crois qu’il peut battre pratiquement n’importe qui dans la division.

J’ai essayé de vulgariser le plus possible; je suis conscient que cette division est relativement nouvelle pour plusieurs d’entre nous et je vous ai lancé quelques noms à retenir. Ce ne sont pas tous les bons boxeurs de la catégorie mais disons que de savoir qui sont ceux-ci est déjà une bonne base. 

Résumé des boxeurs à surveiller en 2017

Oleksander Usyk : Champion WBO et brute de la catégorie, invaincu en 9 combats. Ancien olympien, il a avoué en entrevue que Betherbiev était le meilleur boxeur qu’il avait affronté chez les amateurs. Il a gagné contre Arthur.

Denis Lebedev : Ancien champion IBF qui a perdu en décembre face à Murat Gassiev, un autre russe très talentueux.

Tony Bellew : Champion WBC, ancienne victime de Stevenson chez les mi-lourds et vainqueur de David Haye chez les poids lourds le 4 mars.

Yunier Dorticos : Champion WBA intérimaire, grand gaillard, force de frappe hallucinante, invaincu. En action le 29 avril face à Beibut Shumanov à Vegas pour le titre régulier.

Marco Huck : Ancien monarque de la division, fait son retour samedi en affrontant Mairis Breidis.

Krystof Glowacki : A perdu son titre aux mains de Usyk. Très bon boxeur qui aime échanger coups pour coups.

Mairis Breidis : Invaincu, aspirant obligatoire à la ceinture WBC, il affronte Marco Huck en territoire hostile samedi.

Grigory Drodz : Ancien champion WBC, en rémission de blessures.

Un possible volet québécois ?

Résultats de recherche d'images pour « Oscar Rivas »Est-ce que des boxeurs québécois pourraient faire leur apparition dans cette division ? Quelques noms me viennent en tête. Celui qui a le plus le physique de l’emploi est Oscar Rivas. On ne sait par contre pas s’il va boxer à nouveau bientôt puisque les blessures pourraient l’empêcher de continuer sa carrière. C’est un rêve fort probablement irréalisable puisqu’il fait présentement vaciller la balance à 235 livres lors de ses combats. 235 livres de muscle. Une coupe de poids de 30-35 livres, c’est énorme. Ce serait très dur pour lui de descendre aussi bas. Cependant, à 6 pieds et demi, je l’imaginerais très bien tenir son bout chez les Cruserweights. Par exemple, j’aimerais énormément le voir affronter un boxeur comme Lebedev ou Steve Cunningham. Ce dernier s’est incliné par décision unanime en avril dernier face au champion de l’époque, Glowacki.

Les autres noms possibles pour un éventuel saut chez les 200 sont Jean Pascal et Arthur Betherbiev. Jean est un mi-lourd qui pourrait difficilement rajouter du muscle sur sa charpente déjà très athlétique. S’il ne peut pas avoir la chance d’affronter Ward ou Stevenson dans un avenir très rapproché, faire le saut chez les 200 reste une option à envisager. Il n’y a pas si longtemps, peu de boxeurs y pensait. Le volet monétaire n’était pas intéressant. Avec la popularité grimpante de cette division, il y a fort à parier que les boxeurs peuvent dorénavant faire des bourses beaucoup plus alléchantes que par le passé.

Résultats de recherche d'images pour « Pascal beterbiev »Pour ce qui est du roi Arthur, il doit tout d’abord prouver qu’il est réellement l’élite chez les mi-lourds. Pour se faire, il doit gagner contre au moins deux des trois top guns de la catégorie, soit Adonis Stevenson, Andre Ward et/ou Sergey Kovalev. Quand ce sera fait, l’option de monter de catégorie sera à envisager. Nous avons déjà entendu entre les branches que Betherbiev avait de la difficulté faire le poids chez les mi-lourds. Qui plus est, ce ne sont pas de jeunes boxeurs dans la fleur de l’âge alors, plus l’âge avance, plus la perte de poids deviendra difficile.

Le seul problème que je vois entre ces divisions est que la différence entre les deux est énorme. Par exemple, pour les autres catégories, on monte en moyenne de 6-7 livres par division (135-140-147-154-160-168). Passer de 175 à 200 est un bond qui peut sembler démesuré. Certains l’ont fait sans problèmes, comme Tony Bellew, mais celui-ci est un grand bonhomme qui peut se permettre de prendre du poids. Cunningham, à 6’3, se bat parfois chez les lourds, parfois chez les « Cruserweights ».

Par contre, un boxeur comme Jean Pascal, qui ne mesure pas 6 pieds, a peu d’option pour prendre autant de poids. La balle sera évidemment dans son camp ; au moins une autre option payante est envisageable à court ou moyen terme. Il pourrait suivre les traces de son idole Roy Jones Jr., qui a tenté sa chance chez les Cruserweights il n’y a pas si longtemps. Évidemment, l’expérience a été négative pour celui-ci ; espérons que ce sera différent pour Jean s’il décide de tenter l’aventure chez les 200 !

 

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