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L’histoire se répète

Butler Cook chancelant

Par Jean-Luc Autret 

Très souvent, les promoteurs québécois nous vendent leur jeune protégé comme de «The next big thing». Aujourd’hui, le parcours de Butler est bien semblable à David Lemieux et à Eddie Melo. Pour vous démontrer que l’histoire se répète, je me permets de citer Pierre Foglia au lendemain de la première défaite de Melo le 26 juin 1979 contre Fernand Marcotte : «  La baloune est dégonflée! À la 12e et dernier round , Melo le futur champion du monde, assis sur son cul au milieu du ring, e s t redevenu ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être: un jeune boxeur qui a encore bien des choses à apprendre avant de devenir seulement champion du Canada ». Bien difficile de prédire quelle direction prendra Butler; celui de Lemieux ou de Melo.

Lemieux RubioConsidérant, l’organisation autour de Butler, on ne peut qu’espérer qu’il suivra les traces de Lemieux. En octobre dernier, j’ai écrit une analyse sur la progression de Steven Butler en le comparant avec d’autres boxeurs d’ici et d’ailleurs qui ont débutés leur carrière professionnelle vers l’âge de 18 ans. Rappelons que David Lemieux avait presque 23 ans lors de son revers au septième round avec Marco Antonio Rubio, soit deux ans de plus que Steven. Tout comme Butler hier, Lemieux a manqué d’énergie, il n’a pu finir son rival et il a été incapable de bien se protéger lorsque le tempo a changé de côté.

Il est facile aujourd’hui de lancer la pierre à Camille Estephan en lui reprochant d’avoir poussé trop rapidement le jeune homme de St-Michel. Le promoteur a toujours offert des défis à ses boxeurs et il applique sans hésitation le proverbe « ça passe ou ça casse ». Peut-être bien qu’il aurait pu attendre un peu avant d’envoyer Butler en finale comme ce fut le cas en mai dernier, mais est-ce que ça aurait changé quelque chose au résultat d’hier? Probablement que non.

Butler au plancherPourquoi Steven Butler a cassé? Est-ce un manque d’énergie? Est-ce l’inexpérience? C’est probablement un mélange des deux. Bien que Cook avait un nombre de combats similaires, il est l’aîné de Butler de huit ans et comme on le dit souvent : « L’expérience, ça s’acquière, ça ne s’achète pas ».

Tout comme Lemieux, Butler a amplement le temps de se reprendre. Ce sera à lui et à son équipe à faire les bons choix. Ils ont le privilège de pouvoir compter sur l’expérience de David Lemieux. Personnellement, j’éviterai de relancer Butler avec un combat d’importance comme ce fut le cas de Lemieux-Alcine. Pour son retour, je le placerai simplement en demi-finale d’un gala dans quelques mois.

Des gestes disgracieux

Encore sonné, quelques instants après le choc de la défaite, Steven Butler a poussé Brandon Cook et au même instant un seau de glace a atteint la tête de l’Ontarien. Puis quelques minutes plus tard, de nombreuses bagarres ont éclaté un peu partout dans le Centre Bell. Au final, quelques blessés et deux arrestations.

Butler Cook

Crédit : Bernard Brault

En conférence de presse, Camille Estephan a décrit l’ensemble des gestes comme inacceptable et irresponsable et que la police était à l’œuvre pour trouver le responsable du lancer du seau. De son côté, Brandon Cook a affirmé que les supporteurs de Butler ne sont pas de bons fans. Difficile de le contredire après une telle fin de soirée.

Est-ce que le protégé de Rénald Bulter sera suspendu par la Régie pour avoir poussé son rival après le combat? Plusieurs se rappelleront qu’Howard Grant a été suspendu trois mois en 2009 pour avoir poussé Marlon B. Wright à la fin du controversé premier duel Bute-Andrade. Si la Régie choisit de répéter cette sanction, elle n’aura probablement aucun effet, puisqu’il est évident que Butler ne se battra pas avant quelques mois. Pour avoir de l’effet, il faudrait que la suspension dure 1 an, c’est plus qu’improbable. Par contre, une amende aurait des impacts plus concret.

Un gros statement de Simon Kean

Après sept combats plutôt faciles, l’Olympien de Trois-Rivières avait devant lui un rival de grande qualité. On le sait, Avery Gibson, un partenaire d’entraînement de Deontay Wilder, a fait match nul avec Martel et vaincu Didier Bence dans la dernière année. Ce que les amateurs savent moins, c’est que Gibson a très bien paru face à Bodgan Dinu à Vaudreuil en 2014.

simon Kean 28 janvierHier devant 5 400 spectateurs, le Trifluvien a ébranlé à de nombreuses reprises l’Américain. Dès le troisième round, Kean a fait mal à Gibson et plus le combat avançait plus la défensive de Gibson disparaissait. Au huitième et dernier échange, ç’a passé très proche qu’il se retrouve au plancher.

Clairement, Simon Kean vient de démontrer son grand potentiel. Servir une telle correction à un rival aussi coriace aussitôt dans sa carrière, il vient de dissiper tous les doutes sur lui. De plus, en conférence de presse, il a reconnu avoir plusieurs éléments à travailler et qu’il a choisi de ne pas trop envoyer de combinaisons pour éviter de s’épuiser et de se mettre ensuite en danger. Une expérience très enrichissante pour son premier huit rounds qui fait la limite.

On devrait le revoir le 11 mars à Verona, en sous-carte de Lemieux-Stevens. Reste à voir contre qui. C’est toujours compliqué de trouver des adversaires de qualité chez les poids lourds, il faut être prêt à payer pour obtenir de la qualité.

Batyr = Wow

Batyr le 28 janvierLe protégé d’Anna Reva nous a offert une performance courte, mais très explosive. Son rival mexicain n’a rien pu faire pour arrêter le train kazakh. En moins de trois minutes, il s’est débarré de David Rangel. Considérant, les nombreux boxeurs à 140 livres et potentiels de comparables dans l’organisation de Camille Estephan, il est à souhaiter que nous verrons bientôt Batyr Jukembayev face à Jose Emilio Perea.

Ulysse passe le test haut la main

En septembre dernier, les spectateurs rassemblés à Blainville ont eu des sueurs froides au troisième round lorsque Ulysse a visité le plancher face au Mexicain Perez. Le round suivant, il l’emportait par KO.

Yves Ulysse Jr le 28 janvierHier soir, face à Jose Emilio Perea, le montréalais avait la mission de venger David Théroux (battu par décision partagée en octobre) et idéalement faire mieux que Custio Clayton qui lui a passé le KO au 10e round. Il n’a pas obtenu de KO, mais Ulysse nous a démontré qu’il n’a pas de séquelles suite à septembre dernier.

Sa mobilité, sa vitesse et ses déplacements sont pleinement de retour. Il a parfaitement appliqué l’adage qui vise à toucher sans être touché. On a aussi bien hâte de le revoir.

En terminant, j’ajoute un petit mot à propos de Mathieu Germain qui participait à son premier huit rounds. Bien que le coriace Juan Armando Garcia a utilisé tous les trucs du métier, Germain a persévéré en gagnant tous les rounds et en remportant chaque round et même en l’envoyant au plancher au septième round.Un beau potentiel en devenir !!!

One Comment

  1. Didier-boxe@hotmail.com'

    Didier

    29 janvier 2017 at 16 h 16 min

    Ne mettez pas Batyr contre Perea trop vite, il faut que Batyr fasse quelques combats plus long avant d’affronter Perea dans un 8 rounds. Il ne faudrait pas qu’il manque de jus et que l’histoire se répète.

    Pour Germain, je suis resté un peu amer de sa performance au 7e et 8e round. S’il en avait fait plus, je crois qu’il aurait pu arrêter Garcia. Les jambes de Garcia avaient de la misère à le soutenir. Pour le reste du combat, le spectacle était bon et j’ai hâte de le revoir, en espérant que ça lui a donné une bonne expérience

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