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Marie-Eve Dicaire, en route vers les plus hauts sommets

Namus Dicaire

Marie-Ève Dicaire (13-0-0, 0 K.-O.) a rendez-vous avec la championne du monde IBF des super-mi-moyens Chris « El Bombon Asesino » Namus (24-4-0, 8 K.-O.) de l’Uruguay, ce samedi 1er décembre au Centre Vidéotron, à Québec.

Dicaire a été mandatée par l’IBF en septembre dernier afin d’affronter Namus, qui en sera à la troisième défense de son titre mondial remporté le 12 août 2017 contre l’Argentine Yamila Esther Reynoso.

En prévision de ce duel, 12Rounds.ca vous offre en rappel le cheminement inspirant de Marie-Ève Dicaire.

Cinq fois championne du monde de karaté

À l’âge de 6 ans, Marie-Ève découvre le karaté en raison de son amour pour les tortues ninjas. Passionnée de nature, elle obtient sa ceinture noire à l’âge de 10 ans et demi et devient championne canadienne la même année. Compétitrice très active, elle participe à de nombreuses compétitions nationales, internationales et mondiales. À 18 ans, elle remporte les championnats mondiaux de karaté sénior, un exploit qu’elle va répéter les quatre années suivantes. Après 22 ans de karaté, elle détient aujourd’hui une ceinture noire 5e dan et dirige sa propre école de karaté à Laval depuis neuf ans.

Marie-Eve Dicaire professeur de Karaté« Le karaté est bien différent de la boxe. D’abord, le karaté n’est pas un sport mais un art; ça forge la personnalité, mais on ne donne pas de coups de puissance contre un adversaire. De plus, on doit avoir un centre de gravité plus élevé parce qu’on lance aussi des coups de pied. Il s’agit de l’élément qui me fait le plus travailler au gymnase », nous explique Marie-Ève Dicaire.

Le kickboxing avant la boxe

Ses succès dans le monde du karaté l’amènent à être remarqué par une organisation professionnelle américaine qui lui permet de compétitionner un peu partout chez l’Oncle Sam.

Marie-Eve Dicaire Kick boxingÀ la recherche d’un nouveau défi, Marie-Ève tente sa chance en kickboxing. Son premier combat se déroule à Ottawa face à une protégée de Jean-Yves Thériault; elle remporte la victoire et peu de temps après elle récidive lors d’un gala à Montréal. Mais le kickboxing n’étant vraiment plus la saveur du mois, Marie-Ève est incapable de se trouver de nouvelles adversaires.

C’est à la même époque qu’elle regarde les Jeux olympiques de 2012. Déçue que le karaté ne soit pas une discipline olympique, elle constate que ses choix se limitent à la boxe ou au taekwondo. « Parce que je punch mieux que je kick, j’ai choisi la boxe. Trois semaines et demie plus tard, je faisais mon premier combat amateur », résume-t-elle.

Un départ un peu trop canon

Marie-Ève Dicaire ne fait jamais rien à moitié. Alors que la majorité des boxeurs amateurs ont beaucoup de difficulté à monter sur le ring régulièrement, elle a trouvé le moyen de se battre à 50 reprises en seulement trois ans et demi. Mais alors que son histoire de vie n’est presque faite que de succès, Marie-Ève se frotte à plus fort qu’elle dès ses premiers combats.

« À mon premier combat de boxe, j’ai affronté une fille ayant déjà fait 17 combats. Mon second duel fut contre Myriam Da Silva Rondeau, championne canadienne depuis de nombreuses années, lors des gants dorés. À mon quatrième affrontement, j’affrontais Caroline Veyre, elle aussi une championne canadienne chez les 132 livres. À mes septième et huitième combat, j’étais à Halifax aux championnats canadiens, puis j’ai ensuite perdu lors des « boxe off ». Après neuf combats, j’avais une fiche de 5-4. Habituée à gagner toutes mes compétitions en karaté, ce fut vraiment difficile pour moi d’accepter d’avoir une fiche frôlant le 500. Ma confiance en moi était solidement atteinte », nous raconte celle qui a su surmonter bien de l’adversité à l’intérieur comme à l’extérieur du ring.

Marie-Eve Dicaire en camp d'entrainement au ColoradoPas complètement détruite, mais presque, elle se rend à reculons à Sherbrooke pour remporter une décision, après quoi elle enchaîne avec 18 victoires consécutives. Elle va notamment décrocher les gants dorés, battre une fille ayant 80 combats derrière la cravate, venger sa défaite aux championnats canadiens, remporter aux États-Unis les Ringside de 2012 et de 2013, être nommée athlète par excellence par la FQBO en 2013, puis devenir championne canadienne des 64 kilos. Ensuite, au printemps 2014, en camp d’entraînement au Colorado avec l’équipe canadienne, elle défait la championne américaine.

Une commotion cérébrale plus tard

Quelques jours avant les championnats canadiens de 2014, Marie-Ève participe à une séance d’entraînement particulièrement rude avec différents boxeurs. « Au lieu de dire « ok, on slaque un peu », j’ai mordu dans mon « mouth piece » et je me suis dit vous n’allez pas me casser et je suis allée à la guerre. Ç’a été stupide de ma part, mais j’ai beaucoup appris de ça. Deux jours plus tard, j’avais un combat au Club de l’Est, et j’ai aggravé ma situation en faisant du jogging pour perdre du poids. Puis, rendue à Mississauga pour les championnats canadiens, je ne sentais pas mes jambes. On m’a rassurée en me disant que c’était lié à ma perte de poids. Dès le premier coup que Kaitlyn Clark m’a lancé, je sentais encore moins mes jambes. Je savais quoi faire, j’entendais les conseils de mon coin, mais j’étais incapable de bien boxer. Sur le coup, j’ai mis ça sur le compte d’une contre-performance de ma part. Le lendemain, j’étais vraiment épuisée, je me suis levée à 13h alors que normalement je suis très matinale. Dans les jours suivants, je me suis mise à avoir d’énormes migraines et à être incapable de tolérer la lumière. À la suite des conseils de la conjointe de mon entraîneur, qui travaille en neurologie, je suis allée consulter et j’ai été prise en charge rapidement pour diminuer au maximum les symptômes. Avant ces événements, je me croyais invincible, ç’a été une période bien difficile par la suite pour revenir en pleine forme », raconte l’athlète en toute humilité.

Marie-Eve Dicaire et Stephane HarnoisDans le but de retrouver sa confiance et repartir sur de nouvelles bases, Marie-Ève change d’entourage et confie sa destinée à Stéphane Harnois, un entraîneur d’expérience qui a déjà été l’adjoint de Marc Ramsay pendant quatre ans. De même, elle confie son conditionnement physique à la supervision de Marc-André Wilson, le même qui s’occupe de Kevin Bizier, d’Eleider Alvarez et d’Oscar Rivas. Après la commotion cérébrale, son entraîneur la prépare pendant plusieurs mois pour retrouver la boxeuse qu’elle était auparavant.

« Stéphane m’a d’abord sorti de ma zone de confort en m’amenant me battre à Toronto, loin de mes amis et surtout sans avoir de pression pour performer. Le combat a très bien été et j’ai repris beaucoup de confiance en moi. Par la suite, il m’a proposé de venger une défaite récente, ce que j’ai fait en vainquant Kaitlyn Clark. Enfin, il m’a proposé un combat démo contre Caroline Veyre, [alors] classée cinquième au monde à 132 livres », explique celle qui a fait un deuil de son rêve olympique un an plus tôt à la suite de mauvais conseils dans la gestion de sa carrière.

Marie-Eve DicaireMarie-Ève Dicaire a amorcé sa carrière professionnelle le 20 novembre 2015 à Sorel, où pour la première fois de l’histoire de la boxe local, à Sorel, un combat de boxe professionnelle féminine était présenté. Elle dispute son combat suivant deux mois plus tard au Casino de Montréal, lors d’un événement présenté par le Groupe Yvon Michel (GYM). Satisfait de sa performance, le promoteur lui offre un contrat en mars 2016, et la fera figurer sur ses cartes régulièrement. Dicaire dispute cinq combats en 2016, quatre l’année suivante, puis le 1er décembre prochain, elle en sera à son quatrième affrontement de 2018.

Vidéo : gracieuseté Way Productions – abonnement

Rappelons que la résidente de Saint-Eustache est devenue championne NABF le 5 février dernier. En septembre, elle était classée #1 à la WBA, #2 au WBC et #2 à l’IBF. Ce samedi, elle fera la finale du gala du Groupe Yvon Michel au Centre Vidéotron à Québec. Pour la première fois de sa carrière la gauchère affrontera une rivale de la même taille quelle et qui en sera à son treizième affrontement de 10 rounds ainsi qu`à son sixième combat de championnat du monde.  

Marie-Eve Dicaire l'emporte le 9 juin

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