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Mitch Louis-Charles en cinq questions

Par Richard Cloutier

Le boxeur de Terrebonne Mitch Louis-Charles (5-1-2) fera son retour à la compétition le samedi 19 janvier prochain à Brampton, en Ontario. Inactif depuis décembre 2014, il a rendez-vous avec l’Ontarien Sukhdeep Singh Bhatti (3-0-0). Nous lui avons posé cinq questions auxquelles il a répondu avec plaisir. 

1 – Pourquoi la boxe ?

Mitch Louis-Charles (MLC) : Premièrement, je dois rendre à César ce qui est à César, donc sans mon père (Ali Nestor Charles), je ne sais pas si c’est vers ce sport que je me serais orienté. Mais je suis un dur croyant du proverbe que rien n’arrive pour rien et j’ai toujours eu l’impression d’avoir été choisi par la boxe et je sais que j’ai été mis sur cette terre exactement pour cela. Malgré tout, ça n’a pas toujours été aussi simple et même un temps, au secondaire, j’ai été un peu déchiré entre le basketball et la boxe. En effet, là d’où je viens, la boxe n’est pas un sport très populaire. Le basket, par contre oui, et c’est ce que la plupart des amis voulaient faire et par peur d’être considéré comme un “outsider”, je me suis servi du basket pour être comme tout le monde. Mais je me suis rendu compte un jour que le fait d’être différent n’était pas si mal, en fait, et me faisais me démarquer, mais positivement.

Je n’ai pas commencé mon parcours de sports de combat directement par la boxe. J’ai tout d’abord commencé à l’âge de 3 ans par du kick-boxing, mais j’ai aussi suivi toutes sortes de cours, incluant : kung-fu, jiu-jitsu et un peu de MMA, car j’étais tout simplement en amour avec les arts martiaux. Quand je fais le recul sur tout ça, je vois comment j’étais tout simplement choisi pour devenir boxeur, car oui, j’étais bon dans plusieurs disciplines, mais à chaque combat, je n’utilisais pratiquement que mes poings. Le changement vers la boxe s’est fait vers l’âge de 10 ans, après avoir vu le combat de Mayweather contre Gatti (que son âme repose en paix). À ce moment, la boxe pour moi n’était seulement qu’une discipline comme une autre, mais ce jour-là, tout a changé. Gatti était pour nous, les gens du Québec, comme un héros national et je ne connaissais pas Floyd encore à ce moment. Vu que je ne savais pas qui était Floyd, j’imaginais que Gatti n’allait faire qu’une bouchée de ce mec, mais wow quand j’ai faire Mayweather, je n’en croyais pas mes yeux, je me suis dit qu’il n’y avait aucun boxeur aussi parfait dans le ring, et j’avais trouvé mon idole, d’autant qu’il était un homme noir ! Il est donc devenu mon idole de boxe et le restera pour toujours. Jamais je n’ai vu un seul boxeur s’adapter et le faire aussi rapidement à toute sorte d’adversité dans le ring.

2 – Quel a été ton parcours chez les amateurs ?

(MLC) : Mon parcours amateur était le fun, mais aussi vraiment plate en même temps. C’était le fun de boxer, mais moi mon rêve était de devenir boxeur professionnel donc je n’y donnais pas trop d’importance et je jouais aussi au basketball à ce moment-là. Malgré tout, en 15 combats chez les amateurs, je n’ai ramassé que deux défaites.

3 – Quel est ton plus beau moment depuis tes premiers pas sur le ring ?

(MLC) : Je n’ai pas vraiment eu un moment plus démarquant que les autres. Je me trouve juste extrêmement chanceux de pouvoir pratiquer ce sport. Je n’échangerais ça pour aucun autre domaine et j’ai pratiqué beaucoup de sports différents dans ma vie.

4 – Pourquoi cet arrêt depuis décembre 2014 et avoir choisi d’effectuer un retour ?

(MLC) : L’arrêt de 2014 s’explique du fait que sur le plan personnel, il y a eu beaucoup de changements et situations qui m’ont obligé à mettre les freins un peu sur la boxe. Mais en 2016, j’ai commencé à retourner au gymnase. Mon équipe et moi avons alors préparé mon retour petit à petit, un jour à la fois et nous en sommes-là aujourd’hui. Je d’ailleurs prendre un moment pour remercier mes trois anges gardiens : mon entraîneur Fréderic Laurin et mes grands frères Yves Jabouin et Roody Pierre-Paul. Sans eux, je ne sais pas où je serai aujourd’hui. Ils ne m’ont pas lâché, m’ont soutenu du début à la fin et m’ont donné de leurs temps précieux sans jamais rien me demander en retour. Je ne les remercierai jamais assez.  

5 – Le 19 janvier à quoi les amateurs doivent s’attendre de Mitch Louis-Charles et quelle sera la suite ?

(MLC) : Les amateurs doivent s’attendre à voir un Mitch Louis-Charles militant. C’est ma nouvelle devise. Pour la suite, j’ai offert à quasiment tous les boxeurs du Québec de ma catégorie de poids de m’affronter, mais ils ont tous refusé que mon entraîneur ou moi le fassions directement. J’en ai parlé avec mon équipe BamBam Management et pour l’instant à court terme, je voudrais avoir une revanche avec Ryan Young, qui est ma seule défaite [en novembre 2013, à Mississauga, NDLR]. Je suis prêt à aller à Toronto, s’il le veut, mais ça doit se régler au plus vite. À long terme, on sait que les ceintures, ça change souvent de propriétaires, donc je n’ai pas de préférence et peu importe qui aura la ceinture verte, quand ce sera mon tour, c’est lui que je vise. Bien sûr, mon but ultime est de vraiment entrer dans l’histoire et devenir une star du MGM Grand à Vegas. Au final, si jamais un jour je pouvais viser quelqu’un, ça serait Errol Spence. C’est un boxeur que je respecte beaucoup et je voudrais bien mesurer mon talent et mon QI du ring contre le sien.

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