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Oscar Rivas vs Erik Barrak: une bonne idée de combat, mais pour qui?

Par François Bouchard

Quand il s’agit de sports, les Québécois sont orgueilleux et gardent leur attention centrée sur le produit local! Les exemples de ce fait abondent: Jacques Villeneuve qui fait une montée fulgurante en F1, Eugénie Bouchard qui grimpe les échelons du tennis international en battant plusieurs figures connues, Martin Brodeur qui s’affirme comme la figure de proue des Devils du New Jersey pendant presque deux décennies…

10678631_706956556040429_5079247055221387069_nEn boxe, c’est lors de combats «locaux», c’est-à-dire entre deux combattants basés au Québec, qu’un boxeur arrive d’habitude à faire le plus parler de lui. Lucian Bute et Jean Pascal n’ont ainsi jamais suscité autant l’intérêt que lorsqu’ils se sont mesurés l’un à l’autre. Nous avons par ailleurs eu droit au cours des dernières années à d’autres bons duels entre Québécois, notamment chez les poids lourds. On se rappellera ainsi que Patrice L’Heureux et David Cadieux se sont affrontés avec, en prime, la ceinture canadienne en jeu. Erik Barrak a également pris part à des combats locaux, en se frottant à Stéphane «Brutus» Tessier et à Didier Bence. Ce dernier s’est par la suite incliné contre l’actuel champion du Canadian Professional Boxing Council (C.P.B.C.), Éric Martel-Bahoeli. «The Hammer » avait lui-même perdu une décision contre Sylvera Louis en 2011. C’est le même Louis qui a donné un combat extrêmement serré à Oscar Rivas, le protégé du Groupe Yvon Michel (GYM), qui se battra ce soir contre… Erik Barrak. Parlons-en justement.

Je crois qu’il est important d’être honnête et de reconnaître que GYM a organisé ce combat de façon calculée et en pleine connaissance de cause, dans le but de donner au Colombien d’origine un combat local qui le fera mieux connaître des amateurs, mais qui ne pose qu’un risque minimal pour lui. Barrak possède en effet une belle fiche (8-1, 7 K.-O.), et sa force de frappe est indéniable, mais son arsenal de boxe est limité. Nous avons vu, lors de sa défaite contre Didier Bence, qu’il demeure sans réponse lorsqu’il est confronté à un boxeur avec de bonnes habiletés techniques. Barrak est certes capable de produire, pour les amateurs, des K.-O. spectaculaires contre les Istvan Ruzsinszky et Matt Weishaar de ce monde, mais il n’a pratiquement aucune chance de l’emporter face à Rivas, un ancien champion des jeux panaméricains qui, selon les rumeurs, s’est entraîné avec une intensité inégalée pour sa première finale en carrière chez les professionnels.

10660186_706956406040444_689983067942598469_nLa seule chance de Barrak réside donc dans le gros coup, et encore, ce gros coup doit atteindre la cible dès les tout premiers rounds. En effet, même s’il s’est entraîné pour l’occasion avec Renan St-Juste, le Longueuillois n’a ni l’endurance ni l’intensité requises pour conserver sa puissance et son explosivité au-delà de la troisième ou quatrième reprise. Il est même douteux qu’il soit suffisamment en forme pour faire les huit rounds prévus, et la possibilité qu’il puisse remporter une décision est quasi inexistante. À 36 ans, il s’agit très probablement d’un dernier gros combat local pour lui. C’est au fond le combat de la dernière chance, pour un boxeur qui en a eu plusieurs au cours des dernières années.

En somme, tous les faits et indices donnent à croire que vous pouvez gager votre prochain loyer du mois sur une victoire de «Kaboom» Rivas, qui risque fort d’enregistrer un 10e K.-O. en 15 combats.

Crédit photo: PhotoZone

 

One Comment

  1. Sylvie.expert@gmail.com'

    Sylvie

    23 septembre 2014 at 22 h 11 min

    Je sais pas qui a écrit ce texte mes droit dans le mille!!! En plus d’être journaliste sportif il a une exelleente vue! Sûrement que ce sport lui tien a cœur! Car si on a pas de cœurs en ce sport on ne peu pas faire une aussi bonne critique’ bravo!

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