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Sébastien Bouchard: «Cedric Spera n’est pas un pied de céleri!»

Par Philippe Couture

Le boxeur de Québec Sébastien «Boutch» Bouchard (8-1-0, 2 K.-O.) remontera dans le ring au Colisée Pepsi vendredi, en sous-carte de l’affrontement opposant Adonis Stevenson à Dmitry Sukhotsky. Il s’agira de la première sortie du sympathique «pressure fighter» depuis son honorable défaite par décision en mai aux États-Unis, contre l’espoir Frank Galarza, et il est certain que Bouchard voudra terminer l’année 2014 en beauté, c’est-à-dire par une victoire. Il y a quelques jours, j’ai eu la chance de le rencontrer au gymnase où il s’entraîne, l’E. Académie (anciennement le Club Empire), pour mener une entrevue avec lui.

1486907_576710685731684_782842493_n (2)12 Rounds: Sébastien, tu connais maintenant l’identité de ton adversaire de vendredi, il s’agira du Belge Cedric Spera (11-2-0, 2 K.-O.), qu’on a vu se battre à Montréal en septembre. Comment te prépares-tu pour l’affronter?

Sébastien Bouchard (SB): Je dois avouer ne pas accorder une importance particulière au style de Spera dans ma préparation. Bien sûr, j’ai vu quelques vidéos de lui, et je sais que c’est un grand boxeur qui tentera d’utiliser sa portée pour me tenir à distance. En fait, Spera me rappelle beaucoup Julius Bunda, un de mes anciens adversaires que j’ai battu en 2012. Je te dirais que je devrai surtout chercher à rentrer à l’intérieur de sa garde et à l’atteindre au corps dès le début de combat.

12 Rounds: Quels avantages te procure le fait d’avoir ajouté Maxime Simard à ton équipe d’entraîneurs et de préparateurs?

SB: Maxime est un travailleur acharné et il est extrêmement méticuleux. C’est le genre d’entraîneur qui remarque tous les petits détails et qui n’hésite pas à te refaire travailler la même chose 15 ou 20 fois. Avec lui, on a vraiment fait un retour aux sources en revisitant mon jeu de pieds, de même que le positionnement de mes jambes et de mes poignets aussi. Ça permet d’apporter une expertise supplémentaire, du renouveau. Cela dit, François Duguay demeure toujours à mes côtés et il ajoute son grain de sel quand le besoin se fait sentir.

12 Rounds: Certains amateurs considèrent Spera comme un boxeur ordinaire qui s’est avéré incapable à son dernier combat de coucher Stéphane Ouellet, un gars de 43 ans. Vois-tu Spera comme un adversaire facile?

SB: Écoute, je dois t’avouer ne pas accorder une grande importance à ceux qui tiennent ce genre de discours. Il n’a peut-être pas couché Ouellet, mais Ouellet reste un gars avec un bagage de boxe important, même si bien sûr il n’est plus le boxeur qu’il était. Évidemment, Spera n’est pas de la trempe de Frank Galarza, mon dernier adversaire, mais ce n’est pas un pied de céleri pour autant. On aborde ce combat-là avec confiance, c’est certain, mais un combat n’est jamais gagné d’avance. J’invite d’ailleurs les détracteurs de Spera à prendre connaissance de sa fiche complète.

11452446_576618615740891_465321494_n2 Rounds: On sait qu’il est difficile pour certains athlètes professionnels de conjuguer travail et entraînement. Il y a quelques jours, tu as déclaré dans certains médias que tu travaillais plus de 60 heures par semaine, ce qui te forçait à t’entraîner très tôt le matin. Est-ce que cette difficulté t’a poussé à remettre en doute ta carrière de boxeur professionnel?

SB : Non, il n’y a pas eu de remise en doute. C’est pas mal la même histoire chaque fois que je dois me préparer pour un combat. Comme j’ai quelques investissements en immobilier, je me dois de continuer à travailler à l’extérieur de la boxe, afin d’avoir les ressources financières pour gérer mes biens. Mais je suis quelqu’un d’extrêmement travaillant. J’ai été élevé sur une terre, donc j’ai toujours fait beaucoup d’heures.

12 Rounds: Est-ce qu’être affilié à un promoteur pourrait faciliter ta situation?

SB : Oui et non. Le problème est vraiment au niveau monétaire. J’ai quand même quelqu’un qui s’occupe de ma carrière en la personne de Sylvain Auger des Autobus Auger. Il discute avec les promoteurs et me permet d’avoir une certaine visibilité auprès des gens de GYM ou d’InterBox. En fait, je dirais que, ce qui me manque le plus, c’est un gros commanditaire qui pourrait me permettre de prendre trois mois off afin de me concentrer seulement sur mon entraînement quand j’ai un combat à livrer.

12 Rounds: Un de tes combats que j’ai grandement apprécié fut celui contre Francesco Cotroni en 2013, qui a donné lieu à une guerre de mots sur les réseaux sociaux. Ce fut un combat serré où tu t’es habilement imposé. Est-il possible que tu accordes une revanche à Cotroni?

SB: Oui, même si Frank est un boxeur dangereux. Au départ, tout le monde voulait que je l’affronte afin de créer une belle rivalité Québec-Montréal, tu vois? Je ne serais pas fermé à l’idée de me rebattre contre lui, mais en réfléchissant, je m’aperçois que je le ferais pour des enjeux plus gros, comme un titre ou une bourse importante. Pour que j’affronte quelqu’un une seconde fois, il doit y avoir à mes yeux quelque chose de plus intéressant que la première fois. Je n’aurais pas envie d’offrir aux amateurs quelque chose qu’ils ont déjà vu.

769x517x1486784_576710722398347_1387720107_n.png.pagespeed.ic.t9gyJNvyyq12 Rounds: Finalement, qu’est-ce qu’on souhaite à Sébastien Bouchard le boxeur pour 2015?

SB: UN COMMANDITAIRE! Oui, un commanditaire qui pourrait me permettre de passer 2015 à m’entraîner. Lorsque je dois travailler à temps plein, je prends toujours un peu de poids entre mes combats, je perds un peu de rapidité et il me faut donc toujours recommencer à zéro. Si je pouvais passer l’année 2015 à m’entraîner, ça me permettrait de progresser d’une manière significative et je vous garantis que vous auriez alors, à la fin de l’année, un nouveau Sébastien Bouchard.

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