punchinggrace.com
Boxe québécoise pour tous les amateurs de boxe francophones – 12rounds.ca

Tony Luis en vedette à Cornwall pour la première fois en dix ans

Tony Luis

Par Jean-Luc Autret

Samedi soir prochain, Tony Luis (22-3-0, 7 KO) réalisera un rêve qui semblait bien improbable il n’y a pas si longtemps. Lui qui a livré ses quinze premiers combats professionnels (2008-2012) à Montréal lors d’événements du Groupe Yvon Michel et d’Ali Nestor Charles, il pourra enfin vivre un premier combat professionnel chez lui, devant ses amis et sa famille, à Cornwall en Ontario.

Tony Luis 15 avril

Un changement de promoteur motivant

Au printemps 2012, Tony Luis a une fiche de 14-0-0 et il est champion Continental des Amériques de la WBC chez les super légers (140 livres) grâce à un gala organisé par Ali Nestor. Il décide de signer une entente avec le promoteur américain Greg Cohen d’une durée de quatre ans. Il souhaite alors obtenir des combats d’importance et de la visibilité à la télé américaine.

Tony Luis champion Continental des AmériquesSes objectifs seront comblés qu’en partie et l’Ontarien de 29 ans n’était pas en peine lorsque cette relation d’affaire a pris fin en septembre dernier. « J’aurai aimé que mon ancien promoteur profite mieux de mes victoires aux États-Unis face à des gars invaincus comme Wanzell Ellison (11-0-1) et Karl Dargan (17-0-0). J’étais le négligé dans ces deux combats (7 contre 1 face à Dargan) et je les ai tellement dominé qu’ils ont tous deux abandonnés la boxe après m’avoir affronté. À l’époque de Kovalev-Pascal 1, mon promoteur a refusé que j’affronte Dierry Jean, et ce sans me consulter, parce que ce n’était pas assez payant pour lui. Autre déception, à la même époque Main Events souhaitait devenir mon co-promoteur, mais Greg Cohen a aussi refusé », souligne celui qui a pu se battre sur les ondes de CBS Sports, d’ESPN 2 et de Shobox, l’émission du vendredi à Showtime.

Après que son contrat avec Greg Cohen se soit expiré, Tony Luis a reçu différentes offres de la part de promoteurs américains. Son choix s’est tourné vers un nouveau joueur californien, Liveco Boxing, dirigé par Ron Sanderson. « En plus d’être la meilleure offre que j’ai reçu, j’ai beaucoup aimé leur approche et leur intérêt à investir en moi au point d’organiser un gala chez moi », affirme-t-il. Soulignons que le gala de samedi sera le deuxième de la courte histoire de Liveco Boxing, une organisation fondée en 2016 et qui compte une dizaine de boxeurs, dont Will Madera (8-0-0, 3 KO), un ancien protégé de Camille Estephan.

En championnat du monde à quatre jours d’avis

Impossible de discuter avec Tony Luis sans revenir sur son combat de championnat du monde datant d’avril 2015. À l’époque, Luis est classé 9e à la WBA, 15e à l’IBF et il est de nouveau champion Continental des Amériques de la WBC. Quelques mois plutôt, il a vaincu l’espoir américain Karl Dardan en finale d’un gala présenté à ESPN 2. À quatre jours d’avis, il accepte de se rendre en Angleterre pour affronter Derry Matthews pour le titre vacant intérimaire de la WBA.

Contre toute attente, Luis performe admirablement bien, et ce, avec aucune préparation. Il impressionne bien des observateurs en maintenant une pression constante sur Matthews, celui-ci se retrouve à de nombreuses reprises le dos au câbles. Au terme de douze rounds endiablés les trois juges remettent des cartes légèrement à l’avantage de l’Anglais (114-112, 114-112, 115-112).

« J’ai accepté ce combat-là même si je savais que ce serait difficile de l’emporter là-bas. C’est certain que j’étais désavantagé par le décalage horaire, mais je me préparais à l’époque pour un combat au Minnesota et j’étais en excellente forme physique. C’est l’objectif de tout boxeur de se battre en championnat du monde, j’étais incapable de passer à côté de cette opportunité. Malgré la défaite, je suis très fier du résultat que j’ai obtenu considérant le délai et les conditions », nous raconte celui qui est conseiller en désintoxication dans un centre jeunesse à Cornwall.

Dix ans plus tard

Autant pour Luis que pour son père Jorge, le retour à Cornwall est bien spécial. Le boxeur qui s’entraîne depuis l’âge de 9 ans au Champs Eastside Boxing Club à Cornwall et qui a accumulé une fiche de 78-26 chez les amateurs peut enfin se battre devant les siens. Il s’agit d’une première chez les professionnels pour « The Lightning », lui qui a débuté sa carrière pro en mai 2008.

Jorge et Tony LuisAbsent des rings canadien depuis mai 2013, Tony Luis a d’abord fait un retour au pays en novembre dernier à Mississauga en dominant le coriace Christian Uruzquieta (14-3-1). Ce Mexicain a vaincu Steven Wilcox (DP8) et Roody Pierre-Paul (DU6) en 2013 et 2014. Pour son 26e combat samedi, il affrontera un autre Mexicain nommé Noe Nunez (17-4-1, 13 KO).

 « Je sais que c’est un bagarreur et qu’il est un bon cogneur, de plus il est un peu plus grand que moi, il sera donc probablement plus gros que moi. Je devrais utiliser ma vitesse et éviter ses coups de puissance en utilisant bien le in et out », explique celui qui est entraîné par son père depuis son enfance.

En plus du retour de Tony Luis, les quelques 4 000 spectateurs qui se rassembleront au Cornwall Civic Complex aura la chance de voir en action le Montréalais d’adoption Custio Clayton (10-0-0, 8 KO) et l’ancien protégé de Eye of the Tiger Management l’américain d’Albany Will Madera (8-0-0, 3 KO).

Suite à ce combat, Tony Luis compte revenir dans les classements mondiaux d’ici la fin de l’année en se battant pour un titre nord-américain. Motivé par les défis, il n’a pas l’intention de reculer devant n’importe quel boxeur, son expérience en Angleterre le prouve bien. En attendant, de se battre de nouveau en championnat du monde, il se montre ouvert à affronter un Mick Gadbois ou encore Roody Pierre-Paul, que ce soit chez lui ou chez eux.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Aller à la barre d’outils