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Adonis Stevenson contre Dmitry Sukhotsky: ne soyons pas trop négatifs!

Par Martin Achard

13016_590951097677218_2618309336032241291_nC’est aujourd’hui le 5 novembre qu’auront lieu, à Québec et à Montréal, des conférences de presse du Groupe Yvon Michel (GYM) concernant le gala prévu pour le 19 décembre au Colisée Pepsi de Québec. Que faut-il penser de la finale de cet évènement, qui opposera Adonis Stevenson (24-1-0, 20 K.-O.) à l’«obscur» Dmitry Sukhotsky (22-2-0, 16 K.-O.), un adversaire qui, a priori, n’enthousiasmait personne dans la Belle Province?

Il est bien entendu difficile de complètement oublier les déceptions causées par les occasions de combats majeurs ratées par Stevenson dans les derniers mois. Qui n’aurait pas adoré voir «Superman» se frotter sans plus attendre à Sergey Kovalev, à Bernard Hopkins ou à Jean Pascal? Adonis semblait assurément parti pour la gloire après ses impressionnants triomphes de 2013 contre Chad Dawson, Tavoris Cloud et Tony Bellew. En 2014, année où il n’a remporté jusqu’ici qu’une victoire en demi-teintes contre Andrzej Fonfara, son étoile de boxeur a plutôt pâli.

Sommes-nous pour autant très loin d’un nouveau retournement de situation, qui avantagerait cette fois Stevenson? Pas forcément! Imaginez en effet que les conditions suivantes se réalisent:

1) Bernard Hopkins bat Sergey Kovalev samedi, puis décide de continuer à unifier les titres, ou choisit de prendre sa retraite, conformément à sa promesse – maintes fois répétée depuis dix ans – de se retirer avant son cinquantième anniversaire de naissance, le 15 janvier 2015.

2) Jean Pascal bat Don George le 6 décembre, mais de façon moins convaincante que ne l’avait fait Stevenson en 2012.

3) Adonis passe un K.-O. spectaculaire à Sukhotsky sur les ondes de Showtime, rappelant ainsi au monde de la boxe les incroyables qualités de démolisseur qui avaient fait de lui le pugiliste de l’année selon The Ring Magazine en 2013.

Dans ce genre de scénarios, parfaitement réalisable, Stevenson reprendrait immédiatement du galon auprès des amateurs de boxe d’ici et d’ailleurs, et se retrouverait dans une situation avantageuse pour livrer un combat d’envergure au début de l’année prochaine, que ce soit contre «B-Hop» ou son compatriote Jean Pascal.

10376854_652558191480266_8303151495432143187_nLa boxe est à plusieurs égards une business. Stevenson et son clan ont pris au cours des derniers mois des décisions d’affaires, qu’ils croyaient sur le coup conformes à leurs intérêts, incluant leurs intérêts financiers immédiats. Pour un ensemble de raisons, ces décisions ne se sont pas avérées profitables pour eux à court terme, mais il n’est pas encore certain qu’un tort irréparable ait été commis à la carrière et au règne de champion d’Adonis. Après tout, «Superman» détient toujours les ceintures linéaire et WBC des 175 livres, et un simple concours de circonstances – du type de celui décrit plus haut – pourrait refaire de lui dans les prochaines semaines le point focal de la division des mi-lourds.

Je me refuse donc à adhérer à l’attitude hypercritique de certains journalistes américains, comme Dan Rafael, à l’endroit d’Adonis et de son clan. Et il n’existe pas de raison, selon moi, de bouder le gala du 19 à Québec, organisé par une firme de promotion, GYM, qui a énormément fait pour développer et populariser la boxe professionnelle au Québec. À mon sens, le temps est plutôt venu de pardonner ou de relativiser les cafouillages des derniers mois, et de démontrer de l’intérêt envers la quatrième défense de titre du champion linéaire des mi-lourds, un boxeur qui nous a donné à vivre des moments magiques dans le passé, et qui pourrait encore être impliqué dans des duels passionnants dans l’avenir: Adonis Stevenson.

Crédit photo: PhotoZone

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