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Andre Ward: le retour du roi

Par Jonathan Desormeaux

Alors que tous les yeux du Québec seront rivés sur le combat de David Lemieux samedi soir, les amateurs de boxe américains vont s’intéresser au retour d’un pugiliste qui peut déjà être considéré comme une légende du noble art, Andre «Son of God» Ward (27-0-0, 14 K.-O.). Considéré pendant plusieurs années comme l’un des meilleurs boxeurs de la planète, l’Américain a connu un parcours caractérisé par de brillantes réussites, puis de sérieux obstacles.

Des débuts prometteurs et une médaille d’or olympique

040828_ward_vmed.widecDès son plus jeune âge, Andre Ward rêve de devenir champion. À 10 ans, il débute sous les conseils de son père, un fervent passionné de boxe. Quatre ans plus tard, il s’entraîne dans le but de devenir champion amateur des États-Unis, ce qu’il réalise à sa dix-septième année, en 2001, lorsqu’il est couronné chez les poids moyens. Deux ans plus tard, il devient champion amateur dans une nouvelle catégorie, soit les poids mi-lourds.

Ne refusant aucun défi et voulant obtenir le titre le plus prestigieux au niveau amateur, Ward s’embarque dans l’aventure olympique. À Athènes en 2004, il défend les couleurs des États-Unis et tente de devenir le premier boxeur américain à obtenir la médaille d’or chez les mi-lourds depuis Andrew Maynard en 1988. En défaisant Magomed Aripgadjiev lors de la finale, il réalise son rêve et s’inscrit dans l’histoire. N’ayant plus rien à accomplir chez les amateurs, il choisit alors logiquement de faire de la boxe son gagne-pain.

Un parcours extraordinaire chez les professionnels

Il effectue son entrée chez les professionnels en défaisant par T.K.-O. Chris Molina. À son 16e combat, il s’empare de son premier titre, soit la ceinture NABO des super-moyens, en détruisant son compatriote Jerson Ravelo. Par la suite, il s’approprie la couronne NABF en défaisant Henry Buchanan par décision unanime.

Carl-Froch-v-Andre-Ward-007En 2009, Showtime le sélectionne pour participer au Super Six, un tournoi qui regroupe en principe les six meilleurs pugilistes chez les 168 livres et qui vaudra au gagnant les ceintures WBA (dans sa version super), WBC et The Ring. À son premier duel, il met la main sur son premier titre mondial en défaisant par décision technique le dangereux Mikkel Kessler, monarque du WBA, à la suite de l’arrêt de leur combat au 11e round pour cause de coup de tête accidentel. Puis il remporte coup sur coup des décisions unanimes contre les solides Allen Green et Sakio Bika, avant de s’adjuger une autre victoire par décision unanime, cette fois contre le puissant Arthur Abraham, victoire qui lui vaut d’atteindre la finale. À cette occasion, il écrit l’histoire en défaisant de manière convaincante le champion du WBC, le très connu Carl «The Cobra» Froch, par décision unanime, devenant ainsi sans conteste le roi des super-moyens.

À la suite de cette victoire mémorable, on lui sert comme adversaire nul autre que le champion en titre des mi-lourds, Chad Dawson, à qui il administre une brutale raclée, l’emportant par T.K.-O. au 10e round. Il semblait alors que personne ne pouvait arrêter cette légende en devenir, mais l’avenir réserve souvent des surprises.

Des problèmes de santé et des ennuis légaux

Ralenti par une blessure à l’épaule qui le rend incapable de défendre ses ceintures contre Kelly Pavlik et de remonter dans le ring dans un délai raisonnable, il se fait dépouiller de son titre par le WBC. Puis, lorsque sa santé reprend du mieux, un conflit avec son promoteur Dan Goossen le garde hors du ring, même si une période d’accalmie lui permet de vaincre en novembre 2013 Edwin Rodriguez.

Cependant, les problèmes entre Goossen et lui repartent de plus belle. Ward accuse son promoteur de ne pas diviser les recettes à parts égales et de l’empêcher de toucher de plus grosses bourses. À son avis, il devrait être aussi bien payé que Floyd Mayweather. Le clan Goossen poursuit le clan Ward pour non-respect de contrat, tandis que le clan Ward poursuit le clan Goossen pour contrat illégal et diffamation.

Sur la base d’une loi californienne interdisant un contrat de plus de sept ans, Ward espère se faire donner raison par un juge et revenir en action le plus tôt possible. Malheureusement pour lui, il subit un revers en cour et tombe sous le coup d’une injonction l’empêchant de remonter dans un ring pour un promoteur autre que Goossen. En 2014, les deux partis poursuivent la bataille jusqu’à la cour supérieure de la Californie et, encore une fois, «Son of God» encaisse la défaite.

Voulant demeurer près de la boxe et compenser en partie pour les pertes financières qu’occasionne son inactivité, Ward devient analyste pour HBO. Puis, le 29 septembre 2014, Dan Goossen décède du cancer, ce qui laisse planer un doute sur l’avenir de Ward. Un coup de théâtre survient alors: le partenaire de Goossen lance un appel d’offre pour le contrat du champion, appel d’offre que remportent en janvier 2015 Jay-Z et son groupe Roc Nation. Le roi du rap fait donc signer un contrat à Ward, tout en promettant d’envoyer son nouveau protégé dans le ring le plus tôt possible, et de le faire combattre trois fois par année.

Un nouveau chapitre

Andre-Ward-vs-Paul-Smith-live-streamSamedi soir, lorsqu’il croisera le fer avec le britannique Paul Smith (35-5-0, 20 K.-O.), Andre Ward entamera le troisième acte de sa carrière. Enfin libéré de ses ennuis, il peut maintenant respirer et se concentrer sur ce qu’il aime le plus: la boxe. Une victoire convaincante de sa part pourrait le propulser vers un super-combat contre Sergey Kovalev ou Gennady Golovkin. Je prédis une victoire par décision unanime d’Andre Ward, par des pointages avoisinant les 118-110.

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