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David a déjà vaincu Goliath

David Lemieux champion NABO

Par Noé Cloutier

C’est semaine de combat dans le désert de l’Arizona, ce samedi 21 mai, David Lemieux et David Benavidez croiseront le fer dans un combat de championnat du monde intérimaire de la catégorie des super-moyens (168 livres).

C’est un peu déplaisant que les deux boxeurs s’appellent David, parce qu’il y a une belle comparaison à faire entre le combat opposant David et Goliath, une chouette histoire de la Bible où David et son lance-pierres avaient surpris le monde entier en ayant le dessus sur Goliath, un guerrier géant que tout le monde redoutait. Toutefois, puisque je m’appelle Noé et que les références bibliques c’est ma spécialité, je vais laisser le David à Lemieux et faire comme si Benavidez s’appelait Goliath.

Combat inégal sur papier

Quand on regarde des deux côtés, plusieurs éléments semblent avantager El Bandera Roja. D’abord, il a 25 ans et David Lemieux en a 33. Au niveau des dimensions, à 6′ 0½″, il a un avantage de 3po de grandeur, sa portée de 74½″ lui donne un avantage de plus de 4po, en plus d’être énorme pour la division des 168 livres, comparativement à Lemieux qui l’était davantage chez les 160.

De plus, Benavidez est invaincu en 25 combats, y accumulant au passage 22 ko. Tout cela, sans compter que le fait que le mexicain-américain sera battra chez lui au Gila River Arena de Glendale en Arizona.

Bref, il s’agit là d’éléments que les preneurs aux livres n’ont pas manqué de remarquer, alors que même au Québec, David Lemieux est défavorisé à 8 contre 1 par Mise-O-Jeu.

Pourquoi miser sur David?

Je ne vais pas faire un pitch de vendeur de chars vous garantissant que David Lemieux va l’emporter contre vents et marées. En revanche, je peux vous expliquer pourquoi il a quand même une chance.

Il est d’abord clair, net et précis que David Lemieux possède l’avantage de l’expérience. Il a l’habitude de se battre à ce niveau et c’est même aux États-Unis qu’il a acquis certaines de ses plus grandes victoires contre des boxeurs agressifs comme les Rosado, Tapia, Stevens et O’sullivan. 

Il faut dire que David Lemieux semble toujours avoir davantage de succès quand il affronte des boxeurs au style agressif et c’est exactement le type de boxeur que représente David Benavidez. Bien sûr, il a beaucoup plus de chance de se faire endormir par Benavidez que par un Billy Joe Saunders, mais comme on dit toujours, styles make fights, et donc le Québécois a aussi beaucoup plus de chances de l’emporter.

Il est aussi important de savoir que le natif de l’Arizona n’est pas parfait. En fait, il est peut-être invaincu, mais il a quand même « réussi » à perdre deux fois son titre en dehors du ring, d’abord pour consommation de drogue récréative, ensuite pour avoir raté la pesée. Ce serait donc un euphémisme de dire que son éthique de travail laisse parfois à désirer.

Heureusement pour Lemieux, sur le ring aussi Benavidez n’est pas parfait. Il cogne très fort et a les mains ultrarapides, mais à l’inverse de Billy Joe Saunders, c’est son jeu de jambes et sa défensive qui font parfois défaut. En 2017, lors de sa première conquête du titre mondial (via décision partagée), il avait même été envoyé au plancher, visiblement épuisé, en fin de combat, par un crochet de gauche de Ronald Gavril.

Justement, c’est notamment à coup de crochets de gauche que Lemieux s’est fait un nom chez nos voisins du sud.

Gagner pour son fils

Honnêtement, au départ, j’étais plutôt sceptique face à ce combat. J’avais peur qu’on tente d’utiliser le nom de David pour cash out une dernière fois, que le réseau Showtime avait sorti le chéquier pour ajouter le gros nom manquant à la fiche de Benavidez.

Peu de temps après, j’ai toutefois eu l’immense privilège d’aller voir Lemieux à l’entraînement et j’ai compris tout de suite qu’il n’en était rien. En rencontrant David Lemieux et son entraîneur Marc Ramsay, même pour seulement quelques minutes, j’ai compris qu’aucun des deux hommes n’allait dans le désert que pour collecter un chèque, mais bien pour surprendre le monde entier. Plus encore, à quelques jours du combat, il a même confié à l’excellent Jean-François Chabot de Radio-Canada qu’il voulait remporter ce titre pour son fils né tout récemment.

Vous demandez quoi de plus?

À la différence de certains boxeurs, David Lemieux a acquis sa notoriété uniquement avec ses poings et non ses paroles et donc s’il dit qu’il veut gagner pour son fils, je crois qu’il va se préparer en conséquence.

Encore une fois, David a déjà vaincu Goliath avec un lance-pierres et, pour pousser la comparaison jusqu’au bout, les 36 victoires par KO de Lemieux peuvent témoigner du fait qu’il a un très bon lance-pierres. 

Dans la bible comme dans la boxe, il serait facile de dire que Goliath est trop fort. Mon article ne voulait pas dire le contraire, il explique simplement qu’El Bandera Roja n’est pas tout puissant. Personnement, sauf quand l’on me parle de Canelo […], j’ai toujours tendance à favoriser le négligé et c’est exactement de cette manière que va se terminer cet article.

De ce fait, une défaite de Benavidez me surprendrait franchement moins que celle de Canelo. C’est pourquoi, à 8 contre 1, et puisque l’inverse serait trop facile, je vais y aller avec une victoire de David [Lemieux] sur Goliath [Benavidez]. Il devra être prêt à survivre à la tempête et à bien travailler le corps et, même c’est loin d’être une tâche facile, s’il peut faire ça, la magie va opérer via un crochet de gauche au 8e round.

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