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Éric Martel-Bahoéli a un nouveau défi, le titre du Commonwealth

Par Jean-Luc Autret

Éric Martel-Bahoéli (10-3-0, 7 KO) continue sa progression entamée le 4 avril 2013 lorsqu’il a vaincu Raymond Olubowale et qu’il est devenu champion canadien selon la Canada Professionnal Boxing Council. Après s’être débarrassé en deux petits rounds de Didier Bence, le poids lourd de Québec a une nouvelle cible, l’Australien Lucas Browne (19-0-0, 17 KO) avec comme récompense le titre du Commonwealth.

Surmonter les défaites

Boxeur professionnel depuis l’automne 2008, Éric Martel-Bahoéli s’est battu autant sur les programmes du Groupe Yvon Michel que d’InterBox, mais il n’a jamais eu le bonheur de signer un contrat de promotion lui assurant des revenus, une stabilité et une régularité. Par conséquent, Éric a été forcé à prendre des risques pour faire progresser sa carrière.

En avril 2012, « The Hammer » se rend à Calgary pour affronter le champion canadien Raymond Olubowale surnommé « le mont Kilimanjaro »; il doit s’avouer vaincu au huitième. En préparation pour ce combat, Martel s’est incliné par décision face à Sylvera Louis et en novembre de la même année, il est mis KO en quatre rounds par le Roumain Bogdan Dinu. Une période d’un an qui fut très pénible, mais qui lui a enseigné beaucoup de choses.

« J’ai appris à ne plus accepter n’importe quel combat, mais surtout j’ai pris conscience de l’importance de l’entraînement et que chaque petit détail est important. Je n’ai jamais eu peur des défis, j’ai été élevé par ma mère et c’est écrit profondément en moi. Malgré ces trois défaites, je savais que je n’étais pas fini et je l’ai prouvé par la suite. Je boxe parce que j’adore ce sport et je veux aller le plus loin possible », explique-t-il.  

Une nouvelle vie grâce à des commanditaires

Après avoir remporté son combat de revanche contre Olubowale et obtenu le titre canadien, Martel se prépare pour un défi d’importance pour sa notoriété au Québec. Le 30 novembre dernier, et ce, devant ses partisans, il affronte l’invaincu protégé de GYM Didier Bence. La conclusion du combat est bien connue, mais peu savent que la vie d’Éric Martel a changé drastiquement quelques semaines avant cette confrontation.


Éric Martel Bahoeli vs Didier Bence 2013-11-30 par tiguidou421

Depuis la mi-octobre, Martel se concentre presque à 100% à la boxe. Grâce à la générosité du Groupe Tanguy et de Manulift, le persévérant boxeur peut travailler une fin de semaine par deux semaines comme agent d’intervention au Centre jeunesse de Québec. « J’ai toujours eu des commanditaires, mais ceux-ci me permettent de faire de la boxe mon principal gagne-pain. Ça n’a pas toujours été facile de concilier travail et entraînement, j’ai même dû quitter un emploi pour me faciliter la vie. J’aime beaucoup mon travail actuel et de travailler avec des jeunes ça me garde les deux pieds sur terre », d’expliquer le boxeur de 32 ans.   

Une autre modification à ses habitudes fut l’arrivée de Fabrice Akoué et de Jonathan Dale-Huard d’Akrospeed comme responsables de son conditionnement physique. Depuis la fin de 2012, les deux hommes travaillent avec Martel et les répercussions sont bien perceptibles. « Je leur fais confiance totalement. Je fais différents types d’entraînement, par exemple, je fais parfois de la natation ou du jogging tôt le matin, puis je suis au gymnase en après-midi. J’ai pris ma carrière en main, je prends ça au sérieux et ça rapporte », ajoute-t-il.

Prochain défi, Lucas BrowneLucas Browne

Depuis qu’il est champion canadien Éric Martel a reçu de nombreuses offres pour se battre à l’étranger. Il les a presque toutes refusées à cause du facteur temps, la plupart de ces propositions lui laissaient moins d’un mois de préparation. C’est ainsi qu’il est passé à côté de duels avec des poids lourds américains, ukrainiens, anglais et même d’une proposition qui l’aurait amené sur l’émission Friday Night Fights d’ESPN.

Fin janvier, il a aussi reçu une offre pour affronter l’Australien Lucas Browne pour un combat prévu le 19 février, il aurait eu seulement trois semaines de préparation. Son entraîneur et gérant François Duguay a signifié au clan Browne qu’ils seraient intéressés à un tel combat, mais plutôt au printemps. Récemment, Duguay a été recontacté par un proche de l’Australien qui lui a proposé de faire ce combat le 26 avril à Sheffield en Angleterre.

Mais qui est donc ce droitier surnommé « Big Daddy » ? L’Australien de 34 ans s’est battu dans son pays d’origine quinze fois sur dix-neuf combats. Il est aussi monté sur le ring à trois reprises au Royaume-Uni et une fois à Hong-Kong. Sans aucun doute, son adversaire le plus connu est l’ancien champion IBF des lourds légers, l’Américain James Toney. Browne a alors remporté une décision unanime après douze rounds, il s’agit de l’un de ses deux seuls combats à avoir eu besoin des cartes des juges.

Si nous compilons la fiche globale de ses adversaires, excluant le vétéran James Toney (74-7-3), ça représente 221 victoires, 209 défaites et 19 nulles. Browne a obtenu les titres mineurs WBF Asie Pacifique, de l’Australie, de la WBF et, en novembre dernier, il a remporté un combat éliminatoire pour le titre du Commonwealth. Il est actuellement considéré comme le 11e aspirant à la WBC.

Légèrement plus grand que Martel, Brown monte sur la balance à un poids environnant 260 livres. Sa plus grande force est certainement sa force physique. Selon l’entraîneur François Duguay, Browne a l’habitude de rentrer par en dessous, mais il devrait manquer de vitesse face à son protégé.

L’importance du titre du Commonwealth

David Price et Éric MartelGénéralement les boxeurs québécois utilisent le chemin des titres nord-américains pour entrer dans les tops 15 des quatre grandes associations mondiales. Contrairement à ces ceintures, le titre du Commonwealth ne donne pas accès directement à une place dans un top 15, mais l’importance du titre et le fait que Browne soit déjà classé ouvriront grandes les portes à Martel en cas de victoire.

Le fait de se battre pour le titre du Commonwealth (un regroupement de 53 pays rassemblant principalement d’anciennes colonies britanniques) est directement relié au fait que Martel a attiré l’attention parce qu’il est champion canadien. Cette ceinture a souvent été détenue par des boxeurs anglais, tel que Lennox Lewis et plus récemment Dereck Chisora, Tyson Fury et David Price.

Coïncidence, Éric a eu le privilège de s’entraîner avec David Price en janvier. Fait à noter, le dernier champion du Commonwealth à avoir défendu ce titre à l’extérieur du Royaume-Uni est Trevor Berbick; c’était entre 1982 et 1984, il a fait trois défenses au Canada et une aux Barbades. 

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