Boxe québécoise pour tous les amateurs francophones – 12rounds.ca

Golovkin vs Lemieux : ne soyez pas trop sentimentaux!

Golovkin VS Lemieux

Par François Bouchard

Ce samedi 17 octobre, la planète entière tremblera avec, comme épicentre, la ville de New York, et plus précisément le Madison Square Garden. Le monstre Kazakh Gennady Golovkin, titulaire des titres WBA et WBC par intérim des poids moyens, continue sa quête pour devenir le meilleur boxeur livre pour livre de la planète ainsi que le champion le plus craint de sa génération. Ce Goliath de 160 livres croisera sur son chemin un David, Lemieux dans ce cas-ci, champion IBF de la même catégorie. Ce dernier n’utilisera pas de fronde pour abattre son adversaire mais devra se fier à ses deux poings. Quelles sont les chances de Lemieux, réalistement? Voici mon opinion sur ce choc entre deux belligérants qui totalisent ensemble une fiche de 67 victoires, incluant 61 par KO.

On peut évidemment facilement prédire, étant donné le style des deux boxeurs et leur force de frappe respective, que le combat ne fera pas la limite prévue de 12 rounds. Nous avons peut-être affaire à deux boxeurs du top 5 « pound for pound » en ce qui a trait à la force de frappe. Décortiquons toutefois un peu plus en détail les caractéristiques des deux pugilistes.

Les forces en présence

Hopkins Lemieux et De La HoyaLa vitesse est du côté du Québécois, alimentée par son énergie. Son triple jab rappelle les beaux jours de Dave Hilton. Golovkin possède une vitesse normale, mais rien d’extraordinaire. Je crois que si Lemieux peut mettre sa vitesse à profit, ce sera la clé du combat. C’est LE gros avantage du protégé de Camille Estephan.

Les deux font mal des deux mains. Le crochet de gauche au corps de Golovkin s’est avéré une arme de destruction massive, désintégrant des boxeurs comme Daniel Geale et Matthew Macklin. Lemieux possède une puissance permettant d’envoyer au tapis plus rapidement, mais la lourdeur des coups de Golovkin, telle que démontrée par l’expression de ses adversaires qui ne peuvent cacher leur douleur après avoir été frappés, lui confère un petit avantage.

Les deux ont des entraîneurs chevronnés, Marc Ramsay d’un côté et Abel Sanchez de l’autre. On a donc aussi droit à un duel d’entraîneurs.

Sans dire que la technique du champion IBF est rudimentaire, il va de soi que l’avantage sur ce point est nettement du côté de Golovkin. Le Kazakh possède l’expérience avec plus de 350 combats amateurs et 15 combats de championnat du monde. Notre champion québécois, lui, est passé chez les professionnels à 18 ans et n’en sera qu’à son second combat de championnat. J’ajoute cependant un petit bémol intéressant: Lemieux s’est rendu deux fois à la limite des 12 rounds, tandis qu’il s’agit d’un terrain totalement inconnu pour le champion WBA.

Gennady Golovkin a l'entrainementL’endurance est un facteur qui semble favoriser Golovkin et ce, pour une raison simple: on ne l’a jamais vu manquer de jus. À l’inverse, la chose est arrivée à Lemieux, plus précisément dans ses défaites contre Marco Antonio Rubio et Joachim Alcine. Toutefois, il existe un facteur intangible: si Lemieux oblige Golovkin à sortir de sa zone de confort, il sera probablement obligé de dépenser plus d’énergie qu’il est habitué de le faire! Lors de sa victoire pour le titre IBF, Lemieux a boxé brillamment, accumulant les rounds et les chutes au plancher contre Hassan N’Dam.

Défensivement, c’est difficile à juger. Lemieux s’est énormément amélioré de ce côté, il se protège bien et son jeu de pieds est adéquat. Le Kazakh est calculateur et ne dépense pas trop d’énergie mais peut prendre des coups inutiles, tel que l’a démontré Willie Monroe, bien que je doute qu’il adopte une telle attitude face à un cogneur de la trempe de Lemieux. Golovkin coupe le ring à la perfection et je crois qu’il a le meilleur menton. Je n’ai pas aimé la façon dont Lemieux a réagi au 6e round de son affrontement contre N’Dam lorsque ce dernier a finalement été en mesure de l’atteindre avec un coup solide.

En conclusion, la plupart des parieurs y vont avec Golovkin, avec raison. À moins que son menton ne soit fait en porcelaine, Golovkin ne devrait pas trop peiner. Oui, Lemieux a mûri depuis ses défaites contre Rubio et Alcine, mais je ne crois pas que ce sera suffisant pour vaincre un des meilleurs boxeurs au monde. Quoi qu’il advienne, David Lemieux a tout mon respect. À sa première défense, il se frotte au meilleur. Il sait que même dans la défaite, s’il paraît bien, sa valeur peut tout de même augmenter. C’est culotté et brillant à la fois. Et il n’a que 26 ans.

Même si je veux qu’il gagne, que tout mon cœur est avec lui, je dois me rendre à la logique. Golovkin effectuera un travail de sape avec un Lemieux qui campera le rôle du boxeur qui vendra chèrement sa peau et contrera durement chaque lacune du Kazakh, qui bronchera, mais pas suffisament. Ce dernier est ce qu’on appelle en anglais « a proven commodity » et, à 33 ans, il entre dans le meilleur temps de sa longue carrière de pugiliste.

Ma prédiction: Golovkin par KO ou KO-technique en huit rounds ou moins.

One Comment

  1. Pingback: Golovkin-Lemieux, qui l'emportera ?

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.