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Jerry Belmontes doit l’emporter contre Dierry Jean

Jerry Belmontes

Écrit par Mario Mungia, traduit par Martin Achard

[Ndlr: Le présent article est paru à l’origine sur le site thaboxingvoice.com. Il a été traduit et est publié sur notre site avec l’accord de son auteur et du propriétaire de thaboxingvoice.com.]

Jerry Belmontes a passé une année difficile. Au début de 2014, l’avenir de l’aspirant chez les poids légers semblait pourtant prometteur. Il avait d’abord créé une surprise en remportant la victoire contre l’étoile montante Will Tomlinson, puis, un mois plus tard, il s’était incliné dans un combat pour le titre WBC contre Omar Figueroa Jr, mais en faisant si bonne figure que, de l’avis de certains, il aurait dû remporter la décision.

Cette défaite contre Figueroa a toutefois inauguré une série de revers consécutifs, qui se dénombrent maintenant à trois. On peut sans doute pardonner à Belmontes sa dernière défaite, même si elle fut à sens unique, contre Miguel Vazquez, car Vazquez est probablement le meilleur poids léger du monde.

La véritable tache au dossier de Belmontes est plutôt la défaite ayant précédé celle contre Vazquez, et qui fut encaissée chez lui à Corpus Christi au Texas. Il se frottait alors à Abner Cotto dans un affrontement qui avait pour fonction de le faire bien paraître, en vue d’un possible combat revanche contre Figueroa. Contre Cotto, Belmontes a été brillant par moments, mais il a laissé son adversaire s’imposer en n’étant pas suffisamment actif, en particulier dans les derniers rounds. Pourquoi cette défaite a-t-elle fait mal à son image? Parce que, loin d’avoir été clairement dominé ou surclassé en boxe pure contre Cotto, il a paru manquer de détermination, ce qui a renforcé la conception qu’il pouvait être son pire ennemi.

Belmontes est maintenant de retour et il aura une autre chance de gravir les classements quand il affrontera Dierry Jean pour le titre NABF des 135 livres au Centre Bell de Montréal, en sous-carte de l’affrontement entre David Lemieux et Hassan N’Dam.

Belmontes connaît peu de choses au sujet de Jean, mais il est conscient qu’il s’agit pour lui d’une occasion de revenir en force et de remettre sa carrière sur les rails.

«Dierry Jean est Canadian, sa seule défaite est survenue contre Lamont Peterson et il est champion NABF des légers. C’est tout ce que je sais à son sujet», a admis Belmontes lors d’une entrevue avec le site thaboxingvoice.com.

Jerry Belmontes en actionOn pourrait être d’avis que Belmontes aurait besoin de quelques victoires faciles avant de tenter de relever un défi d’envergure, mais les premières années de sa carrière ont été celles d’un «prospect» jouissant d’un traitement de faveur et ne se faisant offrir que des combats à sa portée, de façon à l’amener progressivement au sommet. À l’heure actuelle, il veut donc uniquement des combats de nature à le tester, et les adversaires plus faciles sont sans intérêt pour lui.

Questionné sur la succession de boxeurs coriaces qu’il est en train d’affronter, et sur l’option qui consisterait à reculer d’un pas pour éventuellement mieux rebondir, voici ce que Belmontes avait à dire: «J’ai déjà tenté ce type d’approche plus tôt dans ma carrière, mais ça ne correspond pas à ma personnalité. J’ai toujours voulu me mesurer aux meilleurs pour m’imposer comme un champion dominant».

Il reste cependant à voir en quoi le nouveau Belmontes sera différent de l’ancien, celui qui causait souvent sa propre perte. Il s’exprime comme quelqu’un qui est conscient des changements qu’il doit apporter dans le ring pour ne plus reproduire ses erreurs du passé, mais il n’est pas dit que, dans sa préparation au gymnase, il saura réellement faire les ajustements requis.

Jerry Belmontes au gym«Il me faut simplement revenir à ce que je faisais auparavant, à savoir boxer, effectuer des mouvements rapides, être vif des mains et avec le jab, me déplacer latéralement et créer des angles», affirme Belmontes. «C’est exactement ce que je fais en sparring actuellement. J’évite aussi des coups, et j’encaisse certains coups afin de porter certains coups».

Le gérant de Belmontes, Adrian Clark, est un homme particulièrement direct et honnête, qui détonne dans le monde du sport, où l’on trouve tellement de personnages se plaisant à réciter des formules convenues. Il est capable de faire preuve d’une franchise brutale à propos de ses boxeurs, et admet donc que le combat contre Jean pourrait représenter la dernière chance de Belmontes.

«Jerry connaît l’enjeu, et je lui ai dit qu’il devait l’emporter», commente-t-il. «Le problème avec Jerry est qu’il est inconstant. Il a démontré à quel point il pouvait être dangereux contre Tomlinson et Omar. Si c’est cette version de Jerry qui se présente dans le ring, il peut battre n’importe qui, et il le sait».

Jerry BelmontesÊtre condamné à la victoire est un type de pression qui jouerait contre beaucoup de boxeurs et pourrait même les détruire. Mais Clark voit avec raison Belmontes comme un boxeur qui s’élève au niveau de ses adversaires et qui performe en fonction des circonstances particulières de chaque duel.

Par exemple, Belmontes s’est montré brillant contre Tomlinson, un boxeur que son entourage cherchait à faire monter. Tomlinson était alors le favori, et il était censé se débarrasser de Jerry afin d’accéder à des combats plus importants. Mais cette situation a motivé Belmontes, qui a pour l’occasion offert le meilleur de lui-même. À l’inverse, lorsqu’il a affronté, sur un terrain qui lui était favorable, un boxeur qui paraissait battable, à savoir Cotto, il n’a pas su en profiter.

Belmontes se retrouvera dans une situation difficile contre Jean, qu’il devra affronter au Québec. Les chances paraissent toujours moindres pour le boxeur qui s’aventure en territoire ennemi, mais ce désavantage pourrait en fait aider Belmontes, en lui donnant le surcroît de motivation dont il a besoin pour mettre un terme à sa séquence de défaites.

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