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La renaissance de Miguel Cotto

Par Jonathan Desormeaux

Considéré comme l’un des meilleurs boxeurs des années 2000 et sacré champion du monde dans quatre catégories de poids différentes, Miguel Cotto (39-4-0, 32 K.-O.) possède un CV qui pourrait susciter la jalousie de plusieurs pugilistes.

Huit années consécutives dans l’élite, puis deux défaites coup sur coup en 2012

cotto2En défaisant Kelson Pinto par T.K.-O. en 2004, Cotto s’empare de son premier titre majeur, soit la ceinture WBO des super-légers, qu’il défend avec succès à six reprises. Afin de relever de nouveaux défis, il monte de catégorie en 2006 et, à son premier combat chez les mi-moyens, il stoppe Carlos Quintana pour s’adjuger le titre WBA, qu’il défend avec succès quatre fois, incluant contre Zab Judah et Shane Mosley.

À la suite de ses deux défaites humiliantes de 2008 et de 2009 contre Antonio Margarito et Manny Pacquiao, le Portoricain n’abandonne pas et se lance, en 2010, à la conquête de la couronne WBA des super-mi-moyens en affrontant la sensation de l’heure, Yuri Foreman, au mythique Yankee Stadium. Un pari qui rapporte, puisqu’il l’emporte par T.K.-O. au 9e round.

Retrouvant pleine confiance en ses moyens à la suite de sa victoire dans son combat revanche de 2011 contre Antonio Margarito, «Junito» décide, en 2012, d’affronter le meilleur de la profession: Floyd Mayweather. Le duel s’avère le plus lucratif de sa carrière, mais il se solde pour lui par une défaite par décision unanime. Pour faire taire les critiques, il choisit quelques mois plus tard d’affronter un autre champion du monde, Austin Trout, mais il s’incline de nouveau par décision. Ces deux défaites consécutives font croire à plusieurs analystes que le début de la fin est arrivé pour Miguel Angel Cotto.

Un changement de personnel salutaire

Le Portoricain refuse toutefois d’abdiquer. Conscient que son approche ne fonctionne plus, il prend les grands moyens et décide de changer son équipe, c’est-à-dire son entraîneur et son préparateur physique. Il commence par engager nul autre que Freddie Roach, qui a été nommé entraîneur de l’année à sept occasions.

Miguel+Cotto+Training+Session+_GpKJK11iZ1lCe dernier entend réaliser un changement drastique, en faisant revenir le boxeur à ses racines, soit celles d’un boxeur agressif et puissant. Mais, pour vraiment y parvenir, Cotto doit améliorer sa condition physique, un point faible qui le suit depuis le début de sa carrière. Roach lui présente donc Gavin MacMillan, un entraîneur de renommée internationale qui a déjà travaillé avec Georges St-Pierre. L’association rapporte des dividendes et permet à Cotto d’améliorer sa rapidité, ses déplacements et, surtout, son endurance cardio-vasculaire.

Après onze mois d’absence, le boxeur est prêt à remonter dans le ring. Toutefois, au lieu de lui faire affronter un top 10, son équipe opte pour un combat de remise en forme contre Delvin Rodriguez, un pugiliste ayant déjà fait match nul avec Joachim Alcine. Le choix s’avère avisé, puisque le Portoricain démolit Rodriguez en trois rounds, et ce, de façon tellement décisive que les analystes de HBO, impressionnés par sa force et sa condition physique, parlent d’un «nouveau Miguel Cotto». Cette victoire spectaculaire relance sa carrière et le place en bonne position pour l’obtention d’un combat de championnat.

En route vers l’histoire

Son écurie, Golden Boy Promotions, décide alors qu’il est temps pour lui de devenir le premier boxeur originaire de Porto Rico à mettre la main sur un titre mondial dans quatre catégories différentes. Sur son chemin se dresse Sergio Martinez, champion linéaire et WBC en titre des 160 livres.

Le combat a lieu le 7 juin 2014, au légendaire Madison Square Garden de New York. Encore une fois, les changements apportés par ses entraîneurs portent fruit. Cotto envoie le champion argentin au tapis à trois reprises au premier round et domine de bout en bout le duel, en route vers une victoire historique par RTD au 10e round.

Après sa victoire, le nouveau souverain des poids moyens affirme qu’il n’aurait jamais pu y arriver sans son entraîneur Freddie Roach, qu’il compare pour l’occasion à l’un des immortels du basketball. «Michael Jordan n’aurait jamais eu autant de championnats sans son partenaire Scottie Pippen», explique-t-il, «or Roach est mon Pippen à moi». Il précise en outre durant la conférence de presse d’après-combat que l’argent ne l’intéresse plus et qu’il veut continuer à se battre pour l’amour du noble art.

041615-Roc-Nation-Cotto-and-Geale-PI-CH.vadapt.620.high.0Devenu un homme d’affaires à la tête de Cotto Promotions, il met fin à son association avec Golden Boy, qui avait donné lieu à de nombreuses mésententes. La séparation se fait toutefois à l’amiable, car Cotto ne veut pas se retrouver dans la même situation qu’Andre Ward et être empêtré dans des litiges judicaires qui l’empêchent de se battre. Au début du mois de mars, «Junito» signe un contrat avec l’écurie Roc Nation, propriété de Jay-Z. Cette dernière arrange une première défense de son titre des 160 livres, qui aura lieu samedi prochain au Barclays Center de New York contre Daniel Geale (31-3-0, 16 K.-O.).

Contre l’Australien, Cotto aura la chance de réaffirmer sa place comme l’un des meilleurs boxeurs de l’histoire. De plus, il pourra démontrer qu’il est bel et bien revenu au sommet de sa forme et effacer les doutes que certains continuent d’entretenir à son sujet, faisant valoir que Delvin Rodriguez n’était pas un boxeur du top 10, et que Sergio Martinez se battait sur une seule jambe. S’il désire affronter Saul Alvarez dans un méga-combat, le Portoricain doit vaincre Geale de façon convaincante. Samedi soir, «Junito» aura sa destinée entre les mains.

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