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La World Series of Boxing (WSB), qu’est-ce que c’est?

Aiba WSB

Par Sylvain Pelletier

Depuis quelques années, les plus assidus de la boxe entendent parler de la World Series of Boxing, mais plusieurs d’entre vous n’ont aucune idée de ce qu’est la WSB. Je m’efforcerai dans les prochaines semaines de vous expliquer et même de vous faire vivre ce que cette ligue représente pour la nouvelle génération de boxe olympique. De par des entrevues avec des dirigeants de cette ligue, de par des entrevues avec d’anciens et d’actuels boxeurs de la WSB ainsi qu’un suivi des activités de la ligue, nous voyagerons ensemble dans ce nouvel univers de boxe.

Le début d’une nouvelle épopée

La WSB a été créée en 2008 par le Président de l’AIBA le Dr Ching-Kuo Wu. L’idée était de créer un format unique de compétition internationale où des équipes formant une ligue pouvaient s’affronter le temps d’une saison. La série mondiale de boxe venait d’être créée.

Dr.-Ching-Kuo-Wu-WSBLa formule de cette série ressemble en tous points à une ligue telle que l’on connaît avec la LNH, la LCF et toute autre ligue organisée. Des franchises sont créées avec une direction générale, un service de recrutement, de communication et tout ce dont a besoin une franchise pour participer à une ligue. Chaque franchise est responsable du bon déroulement et du développement de son équipe. Aujourd’hui, les franchises représentent des équipes nationales et ont le droit d’accueillir des boxeurs venant d’autres pays pour les représenter, soit un total de 8 par équipe avec un maximum de 3 du même pays. Les combats sont de 5 rounds de 3 minutes et se font selon les règles et la supervision de l’AIBA.

Paris UnitedEn 2010-2011, 12 franchises représentant 12 villes donnèrent naissance à la première saison de la WSB. 3 continents étaient représentés, l’Asie, l’Amérique et l’Europe divisée en 3 conférences de 4 équipes. Lors des premières saisons, la ligue ne comptait que 5 catégories de poids. Les plus de 91 kg, les 80-85 kg, les 68-73 kg, les 57-61 kg et les moins de 54 kg. Au terme de la saison, plus de 400 combats avaient eu lieu et avaient couronné le Paris United de France lors de la finale face à l’Astana Arlans du Kazakhstan.

Lors de la saison 2, des boxeurs de partout dans le monde avaient été sollicités par les 12 clubs et plus de 250 boxeurs de 40 pays différents participèrent à la WSB. Cette année-là, c’est le Thunder de Milan qui l’emporta en battant en finale le Dynamo de Moscou.

Clemente Russo

Clemente Russo, Italie, médaille de bronze en 2008 et d’argent en 2012.

La WSB, c’est aussi une compétition individuelle très importante. La WSB a qualifié 50 boxeurs, dont quatre médaillés d’argent et trois de bronze, pour les Olympiques de Londres en 2012, des places acquises par des classements individuels instaurés en parallèle avec le classement des équipes. Autrement dit, les meilleurs boxeurs de la WSB peuvent obtenir, par le biais de cette ligue, une qualification pour les grands jeux.

Cet élan d’intérêt pour la WSB lors de ses deux premières saisons a confondu les sceptiques et démontré la viabilité d’une telle ligue. L’AIBA remportait son pari. Les réseaux sociaux explosent, Facebook, Twitter et Youtube débordent d’affluence, et trainent cette nouvelle locomotive vers des changements majeurs et durables pour la saison 3.

De ville à pays

Vasyl Lomachenko

Vasyl Lomachenko

En 2012-2013, la ligue prend une nouvelle direction, les franchises ne représentent plus des villes mais des nationalités. C’est donc l’arrivée de 5 nouvelles franchises, 5 nouveaux pays avec la WSB qui en compte toujours 12. Lors de la saison 3, l’Afrique devient le 4e continent de la WSB. La saison 3 marque l’arrivée des champions olympiques de 2012, ce qui augmente l’attrait et la qualité du spectacle. L’entrée en scène des Vasyl Lomachenko, Oleksandr Usyk et Clemente Russo rehausse encore le niveau de compétitivité. Lomachenko avait refusé plusieurs offres professionnelles à sa sortie de Londres, des offres qu’il avait refusées pour se joindre à la WSB.

Domadores de CubaLors de la saison 4 en 2013-2014, c’est au tour de Cuba, jusque là recluse, de revenir avec de la boxe dite semi-professionnelle après 70 ans d’absence. Le pays qui compte le plus de médailles olympiques ouvre ses portes closes pour émerveiller le monde de la boxe au-delà des grandes compétions. Dorénavant, les grandes vedettes cubaines telles que les médaillés d’or de Londres Robeisy Ramirez et Roniel Iglesias et les champions du monde AIBA 2013, Lazaro Alvarez et Julio César de la Cruz, unissent leurs forces pour décrocher les grands honneurs dès leur première saison.

Lors de la saison 5 en 2014-2015, la WSB relève encore son niveau de compétition. Alors qu’elle n’avait que 5 catégories de poids, elle passe à 10 catégories, c’est-à-dire à la totalité des poids olympiques et qualifie jusqu’à 43 boxeurs pour Rio 2016. Un total de 112 duels de 5 rounds ont eu lieu lors de cette saison qui couronna le Kazakhstan face à la grande puissance cubaine, ce qui donne à croire qu’en se frottant aux meilleurs, on peut vaincre les meilleurs.

Le début d’une nouvelle épopée

La WSB voit une importante augmentation de sa popularité dans les réseaux sociaux, YouTube voit son achalandage passer à plus de 2 millions de visionnements, 250 000 visiteurs uniques visitent le site Web de la WSB lors de la saison 5 avec un formidable pourcentage de 10% des visiteurs qui y passent en moyenne 1 heure par visite. Plus de 240 000 fans suivent la page Facebook de la Word Series of Boxing. Lors de la cinquième saison, plus de 320 articles Web ont parlé des activités de la WSB et plus de 140 communiqués de presse ont été émis. C’est un succès sur toute la ligne.

Lors de la 6e saison en 2015-2016, la ligue passe de 12 à 16 équipes et forme 4 divisions de 4 équipes. Plus de 450 boxeurs y sont inscrits, soit le plus grand total à présent pour cette ligue qui ne cesse d’accroître sa popularité à l’échelle mondiale.

Un petit nouveau chez les grands

Boxe CanadaL’an prochain, le Canada fera partie de cette ligue. Nous ne savons pas encore où sera située cette équipe mais, chose certaine, nous aurons droit à un nouveau produit qui risque fort d’être très intéressant. Nos boxeurs canadiens bénéficieront d’une nouvelle expérience internationale qui leur manquait grandement. L’expérience d’affronter des puissances mondiales telles que Cuba, le Kazakhstan et la Russie, pour ne nommer que celles-là, sera grandement bénéfique. Depuis les dernières qualifications olympiques de la Zone Amérique, nous avons vu à l’œuvre de superbes boxeurs qui se mesureront plus souvent à nos boxeurs canadiens. L’expérience s’acquiert dans le ring et c’est ce dont pourront bénéficier bientôt les pugilistes de chez nous. Comme l’affirme le dicton, «ce soir je n’ai pas perdu, j’ai appris».

On se reparle bientôt de cette extraordinaire ligue qu’est la WSB.

 

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