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Fernand Marcotte: «Leonard avait clairement remporté son premier combat contre Duran!»

Par Martin Achard

Demain, le 20 juin, marquera le 35e anniversaire du méga-combat ayant opposé Roberto Duran à Sugar Ray Leonard au Stade olympique de Montréal. Le boxeur de Québec Fernand Marcotte peut se vanter à la fois d’avoir fait la demi-finale de cet évènement mémorable, et de s’être déjà mesuré à Leonard dans le ring. J’ai eu la chance de m’entretenir avec lui il y a quelques jours.

12rounds.ca: Le 20 juin, au Stade olympique, vous vous êtes frotté pour la troisième fois de votre carrière à Eddie Melo. Êtes-vous satisfait du verdict nul qui a été à cette occasion rendu par les juges? Et êtes-vous déçu de ne pas avoir affronté Melo une quatrième fois, considérant que votre série de combats n’a pas fait de maître, étant constituée d’une victoire de chaque côté et d’un match nul?

Marcotte (à droite) lors de son 3e combat contre Melo

Marcotte (à droite) lors de son 3e combat contre Melo

Fernand Marcotte: Lorsque j’ai visionné le duel après coup avec mon équipe, il nous est apparu évident que j’avais gagné. Entre autres, Melo a clairement faibli vers la fin du combat, particulièrement au dixième et dernier round, et si l’arbitre s’était interposé davantage pour l’empêcher d’accrocher autant, je pense que j’aurais pu le finir. Mais le fait que j’étais un gars de Québec rendait toujours difficile pour moi de remporter des décisions serrées à Montréal, et ce, même contre un gars de Toronto comme Melo. C’est la vieille rivalité Québec-Montréal qui jouait contre moi.

Je ne regrette pas de ne pas avoir affronté Eddie une quatrième fois. Selon moi, j’avais également remporté notre premier combat, tenu à l’Auditorium de Verdun, et qui lui était revenu par décision partagée. Il faut se dire la vérité: beaucoup de gens ont un parti pris lorsqu’ils regardent un combat de boxe, et il leur est difficile de voir les bons coups du boxeur qui n’est pas leur favori.

12rounds.ca: Dans les jours qui ont précédé votre troisième affrontement, les médias parlaient beaucoup du «nouveau Melo». Ce dernier tentait alors en effet de devenir un boxeur plus technique et, pour ce faire, il s’était entraîné sous la direction de Dave Hilton Sr, en plus d’avoir passé plusieurs jours au célèbre Gleason’s Gym de New York. Avez-vous constaté dans le ring le résultat de ses efforts?

Fernand Marcotte: Non, c’était le même Eddie Melo qu’avant. Mais je dois dire que, si Eddie avait toujours été entre de bonnes mains, et si on lui avait donné le temps de bien se développer comme boxeur, il aurait pu devenir champion du monde. Il avait l’étoffe d’un champion, de même que le bon physique, le punch et l’agressivité. Contre lui, on n’avait pas le choix de se battre au meilleur de ses capacités. Je me souviens qu’il fallait dépenser beaucoup d’énergie pour lui tenir tête et rivaliser avec lui.

12rounds.ca: Dans quelle mesure votre participation au gala Duran-Leonard, probablement l’évènement de boxe le plus important jamais tenu à Montréal, constitue-t-elle un moment marquant de votre carrière?

300px-Leonard-Marcotte_onsite_posterFernand Marcotte: Mon combat contre Melo était la demi-finale, donc nous sommes passés juste avant Leonard et Duran. C’est certain qu’on ressentait l’importance de l’évènement et que ça causait une certaine nervosité!

Cela dit, ce n’est pas le moment le plus marquant de ma carrière. Je dirais que le plus grand moment fut mon combat contre Sugar Ray Leonard, en février 1979 à Miami Beach. Je m’étais alors incliné par K.-O. technique au 8e round, mais notre combat avait été télédiffusé par NBC, et les médias américains m’avaient décrit comme le plus gros test auquel avait dû faire face jusque-là Leonard chez les pros.

12rounds.ca: À qui comparez-vous Leonard dans l’histoire de la boxe, et comment évaluez-vous sa performance contre Duran à Montréal?

Fernand Marcotte: Comme boxeur, je le comparerais à Muhammad Ali. C’est aussi un vrai gentleman. Je l’ai rencontré il y a trois ou quatre ans lors d’une levée de fonds, et nous avons eu un immense plaisir à nous revoir.

Je pense que, en dépit de la décision des juges en faveur de Duran, Leonard avait clairement remporté le combat. À mon avis, sa supériorité est ressortie dans le deuxième affrontement, dans lequel il s’est moqué de Duran et l’a forcé à l’abandon.

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