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Il y a 20 ans aujourd’hui, Éric Lucas battait Charles Oliver

Éric Lucas

Par Martin Achard

Il y a 20 ans aujourd’hui, le 21 février 1995, Éric Lucas (16-0-2, 4 K.-O.) remportait une décision partagée en douze rounds (117-113, 115-113 et 113-115) contre le boxeur du Missouri Charles Oliver (14-3-1, 6 K.-O.), pour défendre avec succès son titre WBC Continental Americas des super-moyens. Devant une foule de 2856 spectateurs réunie au Forum de Montréal, le Québécois avait facilement dominé les premières reprises de l’affrontement, avant que son adversaire ne gagne en témérité et en agressivité à partir du 5e assaut. Ce changement d’attitude de la part de l’Américain avait donné lieu à une seconde moitié de combat mémorable, au cours de laquelle les deux pugilistes avaient échangé les coups en abondance.

Éric Lucas brandissant sa ceinture WBC Continental Americas des super-moyens

Éric Lucas brandissant sa ceinture WBC Continental Americas des super-moyens

«Je pensais qu’il bougerait plus. Il a fallu que je me batte par séquences, à l’attaque par grands bouts, en défense ensuite. J’ai dépensé beaucoup d’énergie», avait avoué Lucas à sa sortie du ring. «Ç’a été difficile, le plus dur combat de ma carrière, mais je pense avoir acquis une expérience qui me sera précieuse dans l’avenir».

Preuve que le noble art au Québec regagnait, à l’époque, en vitalité après une période creuse: ce gala au Forum, tenu un mardi soir, ne précédait que de trois petits jours le combat très médiatisé entre Stéphane Ouellet et Alain Bonnamie, qui allait être présenté à Jonquière. Que pensait toutefois un représentant de la vieille garde, Régis Lévesque, de ce renouveau de la boxe québécoise, auquel prenait activement part Yvon Michel? Lévesque, qui planifiait alors un retour comme promoteur, s’était confié au journaliste de La Presse, Robert Duguay, au cours de la semaine où furent tenus les deux évènements. Il vaut la peine de citer ici plusieurs de ses propos, qui donneront aux plus jeunes amateurs un aperçu de la nature du très coloré personnage, à nul autre pareil dans l’histoire de la boxe chez nous.

«Ça fait assez longtemps que la boxe est menée par des Rin-Tin-Tin qui n’y connaissent rien et qui prennent les amateurs pour des caves, on va mettre un peu d’action là-dedans», avait promis Lévesque avec conviction. «Le monde va en avoir pour leur argent. Finies, les soirées où ils doivent payer 50$ pour un combat entre Marie-Antoinette et la Belle-au-bois-dormant. Il va y avoir de l’action, les gens vont recommencer à parler de boxe».

Régis Lévesque (à droite) en compagnie d'Eddie Melo

Régis Lévesque (à droite) en compagnie d’Eddie Melo

Lévesque avait cependant aussi été obligé d’admettre, sur une note plus sombre: «J’ai 57 ans et je suis dans la misère, je traverse une des pires périodes de ma vie. À part une ou deux heures chez Cozie pour manger et voir du monde, je passe mon temps à regarder la télé dans ma cuisine. La lumière rouge du générateur de ma Tornado 85 toute rouillée s’est allumée ce matin, ça va me couter 750$ pour l’éteindre. Ça serait juste et normal que je fasse un 30 000$ de temps en temps!».

Rappelons que Lévesque ne réussit jamais à se rétablir comme un promoteur de premier plan, mais qu’il fut pendant un certain temps, quelques années plus tard, à l’emploi d’InterBox.

Provenance des photographies utilisées: Collection numérique de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (http://www.banq.qc.ca/collections/collection_numerique/journaux-revues/index.html).

 

 

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