Boxe québécoise pour tous les amateurs francophones – 12rounds.ca

«La boxe amateur ne s’est jamais remise du départ d’Yvon Michel» – Stéphan Larouche

Team Canada JO 1996 Atlanta

Par Jean-Luc Autret

Présentement à Rio pour observer de proche les plus beaux espoirs pour la boxe professionnelle de demain et pour encourager nos trois représentants canadiens, l’entraîneur de renom Stéphan Larouche s’est confié à nous et il nous livre un dur constat pour les gens de Boxe Canada d’aujourd’hui.

«La boxe amateur de haut niveau ne s’est jamais remise du départ d’Yvon Michel en 1996. Depuis, nous assistons à un lent déclin. Yvon a dirigé l’équipe nationale avec passion pendant de nombreuses années. Il avait le désir de bâtir des équipes à long terme en mettant l’emphase sur l’équipe junior en permettant aux jeunes de se battre dans plusieurs compétitions internationales chaque année», affirme celui qui a dirigé les équipes juvénile et junior canadiennes de 1987 à 1991. Il a notamment dirigé les Stéphane Ouellet, Claude Lambert, Mike Strange, Dale Brown, Chris et Kirk Johnson.

David DefiagbonUne analyse des résultats de 1992 à 2012 nous porte à donner raison à celui qui dirige aujourd’hui le club BoxeMontréal.com. En 1992, le Canada avait 10 représentants (dont les Dale Brown et Mike Strange) et a obtenu deux médailles, une de bronze (Chris Johnson) et une d’argent (Mark Leduc). En 1996, le Canada avait 11 boxeurs à Atlanta (dont les Jean-François Bergeron, Hercules Kyvelos et Troy Ross), un seul est revenu avec une médaille d’argent. C’est David Defiagbon qui est le dernier canadien à avoir remporté une médaille en boxe, mais on doit aussi noter par la suite une chute drastique dans le nombre de qualifiés.

Il y a eu seulement sept boxeurs à Sydney en 2000, le Canada ne récolte que quatre victoires. Puis en 2004 en Grèce, on retrouve cinq boxeurs, dont les Jean Pascal, Benoit Gaudet et Trevor Stewardson qui devront se battre avec le Comité olympique Canadien pour participer aux JO. En 2008, seul le boxeur Adam Trupish se rend en Chine. À Londres, il y a quatre ans, le Canada avait trois représentants (Custio Clayton et Simon Kean), dont l’une était une invitation de l’AIBA (Mary Spencer).

«En 2000, Boxe Canada était en déclin, mais elle profitait encore des bases mises en place par Yvon. Progressivement, la qualité des calendriers de compétitions s’est détériorée, mais aussi des changements administratifs ont aussi eu d’importantes conséquences sur le long terme», ajoute celui qui a accompagné les boxeurs en Grèce en 2004.

Un système motivant

Stephan Larouche 2004Concrètement, Larouche soutient qu’Yvon Michel avait trouvé des façons de motiver tout le monde pour obtenir les meilleurs résultats possible. «À l’époque, les clubs de boxe obtenaient du financement lorsque l’un de leurs boxeurs faisait partie de l’équipe nationale. De plus, la présence des entraîneurs lors des voyages était basée sur une logique implacable, on favorise les entraîneurs ayant qualifiés le plus de boxeurs sur l’équipe d’élite» explique-t-il.

«Je me rappelle aussi que l’entraîneur personnel du meilleur boxeur de l’équipe était souvent invité aux grandes compétitions. Enfin, les entraîneurs nationaux étaient associés à l’un des centres nationaux soit à Montréal, Toronto ou Halifax et les boxeurs, pour leur part, restaient associés à leur club local» souligne l’entraîneur.

Une solution appliquée ailleurs

Il y a une solution qui a fait ses preuves pour développer des athlètes de haut niveau selon celui qui gravite dans le monde de la boxe depuis une trentaine d’années. «Il faut mettre en place une structure de développement rigoureuse basée sur le long terme. Pour redevenir une puissance, Boxe Canada doit s’inspirer d’histoires à succès comme Pierre Lafontaine, à Natation Canada et maintenant à Ski de fond Canada, et Louis Borfiga à Tennis Canada», affirme-t-il.

«Nous avons besoin d’un gestionnaire d’expérience qui va travailler sur le long terme. Lafontaine et Borfinga ont obtenu du succès ici, mais aussi à l’étranger, on se doit de faire de même à Boxe Canada», conclut celui qui espère le meilleur pour le développement du noble art dans notre grand pays.

JO_2016

2 Comments

  1. Pingback: Top 10 Yvon Michel

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *