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Le grand défi de Jordan Balmir

Jordan Balmir l'emporte par KO

Vous l’ignorez probablement, mais Drummondville a récemment fêté son 200e anniversaire. Cette ville du centre du Québec compte une population de 75 000 habitants et pour certains, ce serait là que la poutine a été créée, au Roy Jucep précisément. Parmi ses noms les plus célèbres on y compte de nombreux sportifs, tels que les légendes Yvon Lambert, Yvan Cournoyer et les frères Marcel et Gilbert Dionne. Côté artistique, les Daniel Lemire, Renée Martel, Louis Morissette et Karine Vanasse sont des fiertés locales.

Jordan Balmir 28 octobreDans le volet boxe, Benoît Gaudet a longtemps été l’exemple à suivre. Après une longue carrière chez les amateurs, il a été dix fois champion canadien, médaillé de bronze aux mondiaux de 99 et il s’est rendu aux Olympiques en 2004. Puis, Benoît a accumulé chez les professionnels une fiche de 24-3-0, 10 KO dont un combat de championnat et à deux reprises, en 2006 et 2007, il a été la vedette de galas présentés devant les siens au Centre Marcel-Dionne.

Dix ans plus tard, en octobre 2017, les amateurs de boxe de Drummondville sont venus applaudir l’un des leurs lorsque Rixa Promotions a présenté en collaboration avec Balmir Sécurité + un gala au tout nouveau Centrexpo Cogeco. Dans le principal combat de la soirée, Jordan Balmir a stoppé le Polonais Daniel Przewieslik au sixième round.

Steven Butler IBFMaintenant, douze mois sont passés et Jordan Balmir (10-0-0) se retrouve avec un tout autre défi. Le 6 octobre au Centre Vidéotron à Québec, il fera face à Steven « Bang Bang » Butler (24-1-1), dans le principal combat de soutien de la soirée. Une victoire lui vaudra la ceinture WBC Francophone chez les poids moyens.

Une transition très rapide

Rien ne destinait Jordan Balmir aux sports de combat, encore moins à devenir un athlète professionnel. À l’âge de 19 ans, le jeune homme pèse 220 livres. Sans être obèse il est assez bien enrobé. Il décide de se prendre en main et se mettre à s’entraîner plusieurs fois par semaine. Dès l’année suivante, son poids a chuté à 170 livres.

« Lorsque j’ai commencé à m’entraîner, c’est rapidement devenu une thérapie pour moi. J’ai fait beaucoup de musculation au début et ensuite, je me suis mis à la pratique des arts martiaux mixtes. J’ai accumulé une fiche de 7-2 en MMA et j’ai même remporté le titre IFL en battant le combattant no 1 au Québec avec un KO au 3e round », nous explique le boxeur de 24 ans.

« En MMA, ce que je préférais, c’était de me battre debout et un jour au gym, j’ai vu aller l’entraîneur de boxe Benoît Fleury avec ses gars. J’ai alors choisi de me réorienter vers le noble art. Dans ma courte carrière amateur, j’ai participé à 23 combats, dont 6 défaites. Parmi mes revers, j’ai perdu contre les Terry Osias, Oscar Masso Condo et Vincent Thibault, tous des boxeurs pros qui sont beaucoup plus lourds que moi », ajoute celui qui est surnommé « Django ».

L’école de formation des « sparrings »

Tout comme Deontay Wilder, Jordan Balmir a beaucoup développé ses habiletés de boxe en participant à des combats simulés lors de séances d’entraînement. Avant même de passer chez les professionnels, il se rendait régulièrement au gymnase des frères Grants et mettait les gants avec les Lucian Bute, Francis Lafrenière, Erik Bazinyan, Shakeel Phinn et bien d’autres.

Jordan Balmir chez les Grant avec Bute« À travers les dernières années, j’ai eu le privilège de participer à deux camps d’entraînement de Lucian Bute et j’ai même mis les gants en Floride avec l’Olympien Kazakh Kanat Islam, celui qui a passé le KO à Brandon Cook il y a un an. En vue de mon combat à Drummondville, j’ai aussi pu mettre les gants avec Christian Mbilli, Steven Butler et Custio Clayton », explique celui qui est toujours prêt à monter dans le ring, peu importe qui est devant lui.

Après une réflexion de Jordan et de son entraîneur en vue des Jeux olympiques 2020, le boxeur préfère se diriger vers la boxe professionnelle. « En discutant avec Jimmy Boisvert, qui est mon entraîneur depuis mon dernier combat amateur, nous avons choisi de nous orienter vers les professionnels à cause de mon style de boxe physique et le fait que je suis capable de baisser mon poids à 154 et même éventuellement à 147 livres », affirme-t-il.

« Ma plus grande force, c’est ma condition physique et le fait que je mets constamment de la pression sur mes rivaux. Depuis un an, Jimmy m’apprend à reculer en boxant, mais ce n’est pas facile à intégrer ». Actuellement, sa priorité est d’améliorer sa technique, lancer plus son jab, travailler en ligne droite. C’est un projet à long terme considérant son court passage chez les amateurs.

À quoi s’attendre samedi 

Depuis son combat à Drummondville il y a un an, Jordan Balmir a disputé quatre combats. En décembre 2017, il s’est d’abord rendu au Mexique où il a passé le KO dès le premier round à Ulises Banda. Il a ensuite défait un autre Mexicain, Uriel Hernandez, cette fois par décision unanime des juges à Shawinigan, en février 2018.

Cotroni balmir a la peséePuis, lors de la finale du gala de Rixa Promotions du 24 mars dernier, Jordan Balmir a été impliqué dans un combat à saveur local face au vétéran Frank Cotroni, qui a été fidèle à sa réputation de guerrier et qui a été actif du début jusqu’à la fin. Alors âgé de 33 ans, Cotroni compte plusieurs faits d’armes notables. Il s’est rendu à Edmonton pour défier Steve Claggett, s’est battu en championnat canadien à Saskatoon, a livré un duel enflammé à Sébastien Bouchard au Centre Bell et, en 2017, a participé à un tournoi en Jamaîque. Rappelons aussi que Cotroni a vaincu Francis Lafrenière lors d’un duel au Chapiteau Maisonneuve en 2012. Notons finalement que Frank Cotroni Jr a réussi à maintenir une fiche de plus de 500 en n’ayant jamais eu le privilège d’être appuyé par un promoteur, ce qui représente tout un exploit.

« Jordan Balmir est un boxeur très hargneux qui a un grand désir de vaincre, qui est recherché par les amateurs de boxe. Fort physiquement, il n’hésite à bousculer ses adversaires et profiter des situations que ça peut présenter. En début de carrière, il manquait de patience et dévoilait toutes ses cartes dès les premiers instants du combat et en lançant une main droite en ’’Overhand’’ un peu trop prévisible et sans la préparer. Mais il a évolué ! », nous expliquait le boxeur retraité et analyste Sébastien Gauthier, en vue du combat Balmir-Cotroni.

Depuis ce duel, Jordan Balmir est remonté sur le ring de la Place Bell, à Laval, le 20 juillet dernier, où il a obtenu une victoire par KO au 2e round sur Vito Vendetta.    

Dans les minutes suivants sa victoire sur Vendetta, Jordan Balmir a défié Steven Butler, qui a accepté la confrontation en moins de 24 heures.  « Je suis tanné de me faire dire qu’on affronte souvent des Mexicains ou des Polonais avec des fiches moyennes. Les fans du Québec veulent voir des combats excitants entre des boxeurs locaux, des étoiles montantes et des gars qui sont au top. La boxe, c’est un show et moi, j’aime ça donner un spectacle aux gens. Après tout, ce sont eux qui me supportent. Ils vont être comblés », a expliqué Balmir lors d’un entretien avec L’Express de Drummondville.

(Avec la collaboration de Richard Cloutier)

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