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Michel Tsalla: «Les combats locaux forcent les boxeurs à montrer ce qu’ils ont dans le ventre!»

Par Martin Achard

Michel Tsalla (1-6-1) a suscité beaucoup de réactions dans les médias sociaux au cours des derniers jours, suite à l’annonce sur son mur facebook qu’il avait les boxeurs suivants dans sa ligne de mire: Mitch Louis-Charles, Sébastien Bouchard, Brandon Brewer, Réginald Franklin, Francis Lafrenière et Renan St-Juste. Je me suis entretenu avec le Camerounais d’origine, qui s’entraîne au Club de boxe Éric Huard, pour mieux comprendre les buts visés dans sa démarche.

12rounds.ca: Michel, que cherchais-tu à accomplir en nommant ainsi les noms de plusieurs boxeurs que tu aimerais affronter, et en les mettant en quelque sorte au défi?

Michel Tsalla: On retrouve, dans la boxe, différents aspects: discipline, passion, amour du combat… L’un de ces aspects est le spectacle. Je crois en l’importance des combats locaux pour populariser notre sport. Les promoteurs québécois ont pendant longtemps négligé de tenir de tels combats, mais on voit depuis peu une évolution, particulièrement chez GYM, qui nous a offert en quelques mois Kevin Bizier-Jo Jo Dan, Éric Martel-Bahoéli-Didier Bence, et Eleider Alvarez-Andy Gardiner. Ces combats ont tous été des moments forts de leur gala respectif et ont grandement plu au public.

En plus de leur efficacité pour populariser la boxe, les combats locaux ont deux autres utilités. D’une part, ils forcent les boxeurs qui possèdent des contrats avec de gros promoteurs à passer de vrais tests dans leur cheminement vers un classement mondial, et ils donnent au public une idée de la vraie valeur de ces boxeurs. Trop de combattants sont en effet trop protégés. Ils s’attendent à battre une longue liste d’adversaires étrangers que personne ne connaît, et à obtenir ainsi un combat de championnat du monde.

Les combats locaux forcent les boxeurs à montrer ce qu’ils ont dans le ventre. Alvarez a dû baver pour vaincre Gardiner, et ce dernier est sorti grandi de leur affrontement. La défaite par K.O. que Roody Pierre-Paul a infligée à Ibrahim Kamal (un protégé d’Eye of the Tiger Management) il y a une dizaine de jours est un autre bel exemple. Enfin, le cas de Lucian Bute est éloquent: la machine de promotion d’InterBox a réussi à faire croire qu’il appartenait à l’élite, mais nous avons constaté une différence de calibre très nette entre lui et Jean Pascal lors de leur duel. Les remarques d’avant-combat d’Yvon Michel, sur la surévaluation dont a fait l’objet Lucian Bute, se sont avérées justes.

D’autre part, les combats locaux donnent de l’espoir aux boxeurs comme moi de se décrocher des combats d’importance, contre des adversaires affiliés à de gros promoteurs. C’est une raison pour nous de redoubler d’ardeur à l’entraînement. Au final, c’est tout l’écosystème de la boxe au Québec qui en profite, de plusieurs façons.

12rounds.ca: Quelle est la réalité d’un boxeur qui, comme toi, est meilleur que sa fiche ne l’indique? Parle-nous de ta situation et de ce que tu dois vivre.

Michel Tsalla: Je suis très fier de mon parcours en boxe, et n’éprouve aucune frustration. Tous mes adversaires en carrière étaient des adversaires difficiles, des gars avec des tripes. Lorsque je suis arrivé au Québec en 2010 et que j’ai commencé ma carrière professionnelle en 2012, je maîtrisais mal plusieurs rouages de la boxe. Aujourd’hui, j’ai un regard différent, et il s’agit d’un regard très positif, pas négatif. Beaucoup de Québécois connaissent très bien le noble art, et plusieurs m’apprécient. Ils apprécient par exemple le fait que je me suis battu cinq fois en 2013, où j’ai été victime de plusieurs décisions contestables. Ma fiche en 2013 est de 1-3-1, mais elle aurait pu être de 5-0.

J’ai eu un mauvais départ en carrière pour ce qui est de mon ratio victoires/défaites, mais je ne suis pas le seul. C’est le lot de plusieurs boxeurs qui ne sont pas protégés et qui n’ont pas de promoteurs. Certains de ces boxeurs ont su rebondir et devenir champion du monde. Même Bernard Hopkins et Manny Pacquiao ont subi des défaites tôt dans leur carrière.

Le fait est que beaucoup de boxeurs réfléchiraient avant d’accepter un combat contre moi. Je suis un véritable amoureux de la boxe et m’entraîne constamment. Je fais régulièrement du sparring avec François Miville, un poids mi-lourd. Je peux accepter n’importe quel combat à cinq jours de préavis. Certains promoteurs se servent d’ailleurs de moi pour tester leurs boxeurs, car ils savent que je vais toujours offrir une excellente opposition.

12rounds.ca: Sébastien Bouchard fait partie de la liste de boxeurs québécois que tu aimerais affronter. Il a déjà été rapporté qu’il était difficile de trouver des adversaires à Bouchard. Est-ce qu’on t’a déjà approché pour un combat contre lui?

Michel Tsalla: Non, jamais. Je ne vois pas comment je pourrais perdre contre Bouchard. Sa garde laisse à désirer et il est prévisible, car il avance constamment. J’estime que des combats contre Mitch Louis-Charles et Francis Lafrenière seraient plus difficiles pour moi.

12rounds.ca: Quand devrait-on te revoir dans le ring?

Michel Tsalla: Il y a plusieurs combats locaux intéressants qui peuvent être organisés entre 154 et 160 livres. C’est une catégorie de poids extrêmement riche au Québec. Pour mon prochain combat, j’aimerais affronter Francis Lafrenière lors du gala que présenteront les frères Grant à la fin mars. C’est un beau défi et un duel qui m’intéresse, car Francis est à la fois un bon boxeur et un bon bagarreur. Je respecte ses habiletés et j’aimerais me mesurer à lui.

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