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Pascal Villeneuve: «François Miville et son entourage essaient de m’atteindre à distance, mais c’est peine perdue»

Pascal Villeneuve

Par Martin Achard

Dans un combat de quatre rounds entre deux boxeurs québécois, Pascal Villeneuve (3-0-0, 2 K.O.) affrontera François «The Tank» Miville (6-1-0, 2 K.O.) vendredi soir lors du gala présenté par Eye of the Tiger Management (EOTTM) au Hilton du Lac Leamy de Gatineau. Ceux qui ont assisté à l’un des trois évènements organisés l’année dernière par EOTTM au même endroit se rappelleront une atmosphère particulièrement électrisante lors des combats de Villeneuve, dont les exploits en boxe depuis les rangs amateurs font la fierté de plusieurs amants du noble art en Outaouais. Je me suis entretenu hier avec le protégé d’Éric Bélanger.

12rounds.ca: Ton adversaire de vendredi, François Miville, et certaines personnes de son entourage ont tenté de lancer une guerre de mots avant votre combat, dans laquelle tu as préféré ne pas embarquer. Est-ce que tu trouves qu’ils sont allés trop loin, ou penses-tu plutôt que c’était de bonne guerre et une façon efficace de mousser votre affrontement?

P. Villeneuve: Non, je ne pense pas qu’ils ont été trop loin. Ils n’ont pas utilisé un vocabulaire déplacé et ne m’ont pas manqué de respect. Mais je ne pense pas non plus qu’ils ont lancé ces attaques pour mousser le combat. Ils l’ont plutôt fait dans une optique de guerre psychologique, afin de me rentrer dans la tête. À mon avis, c’est parce qu’ils n’ont aucune autre façon de tenter d’ébranler ma confiance. Miville a été invité à prendre part à l’entraînement public à Gatineau il y a deux semaines, mais il a choisi de ne pas y participer. Lui et son entourage essaient donc de m’atteindre à distance. Mais c’est peine perdue. Je suis dans une forme parfaite et vais boxer au meilleur de mes capacités vendredi.

12rounds.ca: Camille Estephan, le patron d’EOTTM, a déclaré récemment qu’il comptait organiser dorénavant davantage de combats locaux. Ton duel contre François Miville est probablement l’une des conséquences de cette décision. En tant que boxeur québécois, que penses-tu de cette orientation prise pas Estephan?

P. Villeneuve: Il est certain qu’il y a des points positifs à la chose. Pour les promoteurs, il est avantageux de ne pas avoir à payer pour faire venir un adversaire de l’extérieur. Pour les boxeurs, c’est une façon de se faire connaître davantage du public, car les combats locaux créent toujours beaucoup d’intérêt. Mon combat contre Miville en est un exemple, car il a probablement suscité, jusqu’ici, plus de discussions dans les médias et chez les amateurs que le combat final de vendredi soir.

Par contre, je suis d’accord avec les remarques qu’a formulées Steven Harvey en réponse à la même question dans son entrevue avec vous la semaine dernière. Les combats locaux entraînent forcément des défaites pour les boxeurs d’ici, et ces taches au dossier peuvent ralentir la progression de certains ou même les mener au découragement et à l’abandon. Il y aura donc toujours de la place pour des combats contre des adversaires étrangers. Un autre facteur à considérer est que nous, les boxeurs québécois, on se connaît tous et on s’entraîne ensemble. Nous développons donc souvent des liens d’amitié, et il n’est pas toujours facile d’affronter un ami.

12rounds.ca: Lorsque tu te bats à Gatineau, devant ton public, on a quelquefois l’impression que c’est toi la vedette de la soirée, tant l’atmosphère est survoltée quand tu es dans le ring. Camille Estephan a déclaré qu’il t’appréciait beaucoup, mais qu’il y avait potentiellement un obstacle à te faire signer un contrat à long terme avec sa firme: le fait que tu possèdes ton entreprise et travailles parallèlement à ton entraînement en boxe. Or Estephan veut dans son équipe des combattants qui se dédient à temps plein à leur sport. S’agit-il d’une impasse selon toi?

P. Villeneuve: Puisqu’on parle d’une entreprise que je possède, je peux m’arranger. Je n’ai pas à travailler à temps plein, car je peux engager quelqu’un pour me remplacer. Je n’ai qu’à demeurer directement impliqué dans mes affaires quelques heures par semaine, afin de garder un œil sur tout et de m’assurer de la satisfaction de mes clients.

D’ailleurs, je n’ai travaillé que deux journées par semaine pendant la majeure partie de mon camp d’entraînement actuel, et je suis même récemment tombé à une seule journée. Je dois toutefois préciser que cela n’aurait pas pu se faire sans le généreux soutien de mon commanditaire, Le Forum à Gatineau. À mon avis, les médias devraient accepter que les athlètes diffusent les noms de leurs commanditaires lors des entrevues, car leur appui fait souvent toute la différence pour nous. Je tiens donc à profiter de cette occasion pour remercier on ne peut plus sincèrement Frank et Magalie du resto-bar Le Forum. Leur aide m’est essentielle.

Camille Estephan est quelqu’un de très raisonnable et je sais qu’il peut comprendre ma situation. À mon avis, je n’ai qu’à bien performer le 28 pour faire progresser les choses.

12rounds.ca: Ton entraîneur, Éric Bélanger, m’a déjà dit qu’il était dans les plans pour toi de descendre à 168 livres. Est-ce toujours ton intention de changer de catégorie, et quand aimerais-tu te rebattre après le 28 mars?

P. Villeneuve: Oui, je vais passer chez les super moyens. Mon combat contre Miville aura d’ailleurs lieu à 170 livres, donc j’y suis presque rendu.

Après le 28, je m’attends à combattre lors du gala suivant d’EOTTM. Cet évènement, qui devrait normalement mettre en finale Andy Gardiner et Jeff Lacy, est prévu pour la fin mai.

Crédit photo: Vincent Tremblay

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