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Bermane Stiverne veut casser Deontay Wilder

Bermane Stiverne a l'entrainement

Par Jean-Luc Autret

Ce soir, le premier champion du monde poids lourd québécois, Bermane Stiverne (24-1-1, 21 KO), va enfin affronter son aspirant obligatoire, l’Américain Deontay Wilder (32-0-0, 32 KO). Nous nous sommes entretenus avec le champion ainsi qu’avec son gérant Camille Estephan plus tôt cette semaine.

Une longue négo… une longue préparation

Dans la dernière année, nous avons souvent invoqué la patience de Bermane Stiverne relativement à sa très longue attente de trois ans entre son premier combat pour devenir aspirant obligatoire à la WBC et un combat impliquant le titre. L’organisation de sa première défense n’a pas été aussi laborieuse, mais elle a quand même donné lieu à de nombreux rebondissements peu respectueux pour le champion.

Tout d’abord, suite à son triomphe sur Chris Arreola en mai dernier, la WBC a imposé à Stiverne un affrontement contre son aspirant obligatoire, Wilder, le médaillé de bronze aux Jeux olympiques de 2008. Normalement, ce genre de négociations n’est pas trop compliqué: on trouve un diffuseur, puis si les promoteurs ne peuvent s’entendre, il y a un appel d’offre appelé « purse bid » qui permet au champion d’obtenir 70 % du montant total du plus gros soumissionnaire. Souvenez-nous l’automne dernier tous les échanges entre Adonis Stevenson et Jean Pascal à ce sujet.

Cependant, comme la WBC est capable de bien des manigances, elle a déplacé à trois reprises sa date limite de « purse bid » pour le duel Stiverne-Wilder et, la dernière fois, elle n’a fixé aucune échéance. Bref, au lieu d’avantager le champion, elle l’a forcé à s’entendre avec Wilder. « Après Arreola, nous savions que ce combat aurait nécessairement lieu. Il y avait beaucoup de gens impliqués dans la négociation du côté de Wilder, il a trois gérants (Shelly Finkel, Jay Deas et Al Haymon) en plus d’avoir Golden Boy comme promoteur. Même les petits détails devenaient compliqués », explique Camille Estephan.

Bermane Stiverne et Don House

Bermane Stiverne à l’entraînement

« Mais comme nous avons eu l’expérience des longues négos avec Arreola, Bermane a entamé son camp d’entraînement dès le 20 août; ainsi, nous étions prêts à faire le combat n’importe quand à partir de la fin octobre », ajoute-t-il. Certains pourraient croire que cinq mois de préparation est un record pour Stiverne, mais non. Pour son deuxième duel contre Arreola, l’ancien résident de Laval a été au gymnase pendant six mois.

« Son entraîneur Don House est excellent pour doser les énergies de Bermane et celui-ci performe le mieux lorsqu’il a une longue préparation. Pour preuve, il a fait chuter deux fois Arreola au sixième round alors que Vitali Klitschko n’a pu l’envoyer au plancher en 10 rounds », relate son gérant et ami de longue date. « Nous avons fait affaire avec sept différents partenaires d’entraînement pendant ces cinq mois, ce n’est vraiment pas facile de trouver des boxeurs de calibre qui mesurent six pieds sept pouces et qui veulent encaisser les coups de Bermane », ajoute-t-il.

Beaucoup d’animosité

Stiverne-vs.-Wilder

Affiche officielle du combat Bermane Stiverne-Deontay Wilder

Les gens qui rencontrent Bermane Stiverne ont généralement devant eux un gars timide qui est très loin d’être exubérant et de faire de grandes déclarations. Les nombreuses attaques des derniers mois de Wilder sur les réseaux sociaux ont fini par faire réagir le champion en titre. « Ce qu’il raconte ne m’affecte aucunement. Je suis plus concentré que jamais. J’ai avant tout l’intention de gagner mais également de lui faire mal. Il a besoin de se donner en spectacle pour qu’on lui accorde de l’importance et de la crédibilité. J’ai presque l’impression d’affronter Mohammed Ali! Il fait même un meilleur travail pour bâtir l’engouement autour du combat que son propre promoteur », déclare Bermane Stiverne. « Bermane n’aime vraiment pas ce genre de personnalité, Wilder est baveux et se prend pour quelqu’un d’autre. Le 17 janvier, ça va être le « judgement day » pour lui », ajoute Camille Estephan.

Deontay Wilder pratique la boxe seulement depuis 2005 et il n’a jamais eu à dépasser quatre rounds lors d’un combat chez les professionnels. Plusieurs mettent en doute la qualité de sa mâchoire et le faible niveau de ses 32 premières victimes. Voici une vidéo très intéressante de Wilder lors d’un camp d’entraînement de David Haye en 2013.

Pour Stiverne ce combat n’est pas plus important que le précédent, mais il a un enjeu plus personnel. Il souhaite donner une correction à un boxeur qui parle beaucoup, mais sans posséder les réalisations dans le ring pour ce faire. Peu respectueux de la force de frappe du « Bronze Bomber », le clan Stiverne souhaite que le boxeur de l’Alabama « ne prenne pas d’expérience passé le quatrième round le 17 janvier », autrement dit, qu’il ne survive même pas jusqu’au cinquième round.

Le duel est particulièrement attendu à Las Vegas. Il s’agit de la première finale de poids lourds au MGM Grand depuis très longtemps. Dans la dernière année, jamais autant de journalistes n’ont fait de demandes d’accréditations pour une soirée de boxe dans la ville du jeu.

Vers un duel Bermane Stiverne-Wladimir Klitschko?

Soulignons en terminant que, si Stiverne l’emporte, il montera probablement dans le même ring que Wladimir Klitschko d’ici la fin de l’année 2015. Celui-ci revient se battre en Amérique du Nord le 25 avril prochain, une première depuis 2008.

2 Comments

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