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Kim Clavel en cinq questions

Par Richard Cloutier

Kim Clavel (3-0-0), la première femme mise sous contrat par la firme Eye of the Tiger Management, va affronter la Mexicaine Cynthia Martinez (4-2-1) le 13 octobre au Casino de Montréal, en sous-carte du duel entre Erik Bazynian et Francy Ntêtu. En prévision du quatrième combat professionnel de Clavel, qui a été quintuple championne canadienne chez les amateurs, et qui s’entraîne principalement au Centre Claude-Robillard sous la supervision de Danielle Bouchard, 12Rounds.ca s’est entretenu avec elle.

1 – Pourquoi la boxe ?

Kim Clavel (KC) : Pourquoi la Boxe ? À vrai dire, je ne le sais pas et je me pose encore la question !!! Ça aurait pu être un autre sport, mais à ce moment-là j’ai croisé la route d’un club de boxe. C’était le destin !

J’ai toujours été une sportive dans l’âme, une compétitrice avec le désir d’être constamment la meilleure. Avant de commencer la boxe, à 15 ans, je ne savais rien à propos de ce sport. Ça m’était complètement inconnu, mis à part que je savais que des gens se frappaient.

J’ai vu le Club de boxe de Joliette pour la première fois de ma vie alors que j’avais 15 ans et ça a coïncidé avec un moment où ma vie était plus difficile. Le club de boxe m’a apporté un sentiment d’appartenance, une deuxième famille, une équipe. Je suis tombée amoureuse de ce sport et je m’évadais à travers lui. Il m’a toujours tenue dans le droit chemin et aidée à rester forte. La boxe était alors ma motivation et représentait certainement 95% de mon bonheur au cours de cette période de ma vie.

2- Pourquoi avoir choisi de devenir professionnelle ?

KC : J’ai toujours su que j’allais boxer professionnelle un jour, et mon entraîneuse Danielle Bouchard l’a toujours su aussi. Elle m’a toujours conseillée et retenue afin de faire le grand saut au bon moment. Étant donné que mon poids chez les amateurs n’était pas présent aux jeux Olympiques, j’ai fait le saut chez les professionnels une fois avoir eu le sentiment du devoir accompli chez les amateurs. Ma médaille d’or au championnat continental (2017) au Honduras a été le point final de ma carrière amateur. Lors de mon dernier combat, j’ai combattu pour l’or et je l’ai gagné !

Travailler et boxer pro n’est pas facile à tous les jours, mais c’est possible. Il faut s’organiser et être disciplinée. [Kim Clavel est infirmière auxiliaire dans l’unité des naissances d’un hôpital de la région de Lanaudière, NDLR]. Je rêve, c’est sûr, de pouvoir un jour dédier toute mon énergie à ma carrière professionnelle, et je sais que je vais finir par trouver le moyen et le faire.

3 – Quelles sont les différences dans ta préparation entre ta carrière chez les amateurs et les professionnels ?

KC : À vrai dire, il n’y a rien eu de tellement surprenant lors d’un passage de l’un à l’autre. Ce fut plutôt une adaptation de style. Pour ma part, j’avais déjà chez les amateurs un style qui ressemblait un peu à celui des professionnels. Il a juste fallu le peaufiner. Mettre beaucoup de temps sur les mouvements défensifs, améliorer la qualité des coups de poing, travailler peut-être un peu moins en quantité et davantage en qualité, et apprendre à faire mal à l’adversaire ! Aussi, la façon de se protéger est différente étant donné qu’on n’a pas de casque et que les gants sont plus petits. Pour l’instant, je n’ai disputé que des combats de quatre rounds, alors les changements au niveau de la condition physique vont venir tranquillement à mesure qu’on va ajouter des rounds à mes combats. J’ai hâte !

4 – Quel moment considères-tu le plus beau ou significatif depuis que tu as fait tes premiers pas sur un ring ?

KC : C’est certain que ma médaille d’or au championnat continental en 2017 au Honduras m’a apporté tout un sentiment d’accomplissement ! Mais mon plus beau MOMENT a certainement été mon entrée vers le ring lors de mon premier combat professionnel à la Place Bell [le 16 décembre 2017, NDLR] en sous carte de Lemieux/Saunders !!! Wowww ! Il y avait une grosse affiche avec ma photo, la musique que j’avais choisie pour mon entrée, tous les gens dans la salle, la marche vers le ring, embarquer sur le ring sans casque, le bruit tout autour : j’ai des frissons juste à y repenser ! Vivre ça avec mon entraîneuse, c’était magique. J’étais tellement excitée que j’ai couru jusqu’au ring sans attendre mes coachs et mon équipe. « Hahaha », ils ont presque dû courir eux aussi pour arriver au ring avec moi.

5 – À quoi les fans doivent s’attendre de Kim Clavel pour la prochaine année ?

KC : La prochaine année sera pour moi une année active d’apprentissage et d’expérience ! Pour la première fois, je disputerai des combats de six rounds et probablement de huit rounds aussi. Mes fans doivent s’attendre à une Kim qui s’améliore à chaque occasion, qui devient de plus en plus aguerrie à travers des combats excitants dans le grand monde des pros.

Pour la suite, ce dont je rêverais, ce serait bien sûr de boxer à Las Vegas sur les ondes de HBO, en sous-carte de Vasyl Lomachenko ou bien de GGG ou d’Anthony Joshua, contre une des filles de Golden Boy Promotions, par exemple Marlen Esparza ou bien Seniesa Estrada. Ou même en championnat du monde contre Anabel Ortiz, l’actuelle championne WBA de la division des poids paille.

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