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Bivol-Pascal vu par Sébastien Gauthier

bivol-pascal

En prévision du combat Bivol-Pascal prévue samedi à Atlantic City, nous avons sollicité la participation de quelques-uns de nos précieux entraîneurs-collaborateurs. Aujourd’hui, le boxeur retraité et analyste Sébastien Gauthier nous offre sa perspective sur certaines facettes du combat à venir.

Bivol-Pascal bannière

L’opportunité de tenir un duel entre Dmitry Bivol (14-0-0) et Jean Pascal (33-5-1) s’est créée à la suite du retrait de Joe Smith Jr, un peu comme ce fut le cas pour Kolvalev – à la suite du retrait de Marcus Browne. Considérant la vaste expérience de Pascal et celle de son entraîneur Stephan Larouche, est-ce qu’une préparation d’environ cinq semaines est suffisante ?

Sébastien Gauthier : À ce moment dans la carrière de Jean Pascal, cinq semaines sont amplement suffisantes. D’autant qu’il est retourné en gymnase rapidement à la suite de ses derniers combats.

Dmitry Bivol est champion WBA depuis seulement un an. On l’a aperçu face à Trent Broadhust (KO1), puis pendant 12 rounds face aux expérimentés Sullivan Barrera (TKO12) et Isaac Chilemba (DU12). Malgré qu’il ait gagné presque tous les rounds de ces deux duels, avez-vous remarqué des faiblesses chez le Russe de 27 ans ?

Sébastien Gauthier : Contre Chilemba, à mes yeux, il a manqué un peu de hargne et d’opportunisme. À ce niveau, on se doit de trouver les moyens d’éliminer les forces de son adversaire, mais Isaac Chilemba est tout de même brillant et a su subtilement concéder la victoire en gardant le combat intéressant.

Les trois champions du monde à 175 livres (Stevenson, Beterbiev et Alvarez) sont très bien connus des Québécois. Côté forces et faiblesses, à quel niveau classes-tu Bivol par rapport aux trois autres ?

Dmitry Bivol et Gennady MashianovSébastien Gauthier : Il a définitivement beaucoup plus de potentiel à long terme que les autres. Il est plus fluide et jeune, et a une certaine hargne dans ses yeux que j’aime. Bivol est très habile et varié dans ses attaques avec un solide volume.

Dans le même sens, l’entraîneur de Pascal, Stephan Larouche, a déclaré: « On a affaire au boxeur (parmi les champions à 175 livres actuellement) le plus habile et le plus talentueux, mais aussi au cogneur le moins puissant. Bivol est certainement moins bon qu’il le sera dans un an ». Es-tu d’accord avec cette affirmation ?

Sébastien Gauthier : Je suis d’accord en ce qui a trait à la puissance, que je place à égalité avec celle d’Alvarez et j’approuve les dires de Stephan Larouche à 200%. Par contre, Bivol sera le plus dur cogneur des deux lors du combat.

Bivol et Pascal ont été des partenaires d’entraînement à la fin de 2015, alors que Pascal se préparait pour son second duel contre Kovalev. À l’époque, Bivol avait seulement 4 combats pros d’expérience. Qui est le plus avantagé par cette expérience qui remonte maintenant à trois ans ?

Sébastien Gauthier : Bivol a pu voir un peu les habiletés de Jean Pascal, ce qui peut l’aider un peu, car Jean Pascal répète souvent les mêmes attaques. Toutefois, Pascal n’a jamais été aussi bon en sparring qu’en combat.

Jean Pascal le 8 décembreJean Pascal disputera samedi un 10e combat de championnat du monde. Par contre, dans les dernières années, sa fiche est légèrement au-dessus de 500 (4-3). Crois-tu qu’il ait été en mesure de rebâtir sa confiance au cours de la dernière année en dominant les Elbiali et Bossé ?

Sébastien Gauthier : Ce n’est clairement plus une question de confiance, mais d’usure.

Pascal est évidemment le négligé dans ce duel. À quel point accordes-tu au Québécois des chances de l’emporter? Peut-il voler assez de rounds pour remporter une décision ?

Sébastien Gauthier : Jean Pascal devrait s’inspirer de Bernard Hopkins s’il veut avoir des chances de gagner. Amener Bivol à faire un combat moins élégant.

Quelle devrait être la stratégie du clan Pascal et quels types d’ajustements devraient-ils avoir prévus d’avance ?

Sébastien Gauthier : Jean Pascal doit s’inspirer de ses expériences du passé. Utiliser les combinaisons que ses adversaires ont utilisées pour le limiter et ainsi limiter Bivol. Par exemple, Bivol à un très bon jab, donc faire un pas vers la droite et commencer avec sa main arrière pourrait le faire hésiter. Du 2-1 pour contrôler la distance, mais poursuivre l’attaque jusqu’à un accrochage. Beaucoup de double et triple Jab pour rentrer à l’intérieur et encore forcer de l’accrochage. Moins c’est beau, mieux ce sera. C’est l’histoire de la carrière de Bernard Hopkins. Et à l’intérieur, des fois il y a des coupures…

Quel devrait être la stratégie du clan Bivol et quels types d’ajustements devraient-ils avoir prévus d’avance?

Sébastien Gauthier : Bivol doit installer son jab et contrôler la distance. Il est très dangereux en contre-attaque donc il doit éviter les accrochages. Il doit rester loin lors des fins de rounds pour éviter les échanges inutiles.

Tu t’attends à quoi comme style de combat pour Bivol-Pascal ? Ça devrait se dérouler comment ? Qui favorises-tu ?

Sébastien Gauthier : Bivol devrait être capable de prendre le contrôle rapidement, car Jean a beaucoup ralenti et est possiblement plus usé qu’on le croit. Par prudence, possiblement, Jean Pascal a perdu des rounds contre un Bossé limité par de grosses blessures. On voit donc qu’il ne semble plus prêt ou peut-être en mesure d’encaisser les charges de ses adversaires. Les attaques de Bivol sont rapides, précises et son volume risque de surpasser les capacités d’un guerrier malheureusement vieillissant. Dans un monde idéal, Jean Pascal ne se fait pas trop faire mal et entendra le dernier son de cloche, mais je ne crois pas que cette fois, ce sera le cas.

 

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