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Camille Estephan, un promoteur ambitieux

Camille Estephan

Par Jean-Luc Autret

Le Président d’Eye of the Tiger Management (EOTTM), Camille Estephan, est dans le paysage pugilistique depuis un peu plus de cinq ans. En peu de temps, il a su s’imposer rapidement comme un joueur important, au point tel qu’il participera vendredi au « purse bid » de son protégé Bermane Stiverne pour le titre WBC des lourds et que, samedi soir, Dierry Jean sera en championnat du monde de l’IBF à Washington.

Bien qu’il ne soit pas encore reconnu à sa juste valeur par certains journalistes, 12 Rounds a pris le temps de le rencontrer pour vous raconter l’histoire de cette petite entreprise qui grandit très rapidement.

Une rencontre inusitée avec Bermane Stiverne

Bermane Stiverne et Camille EstephanEn 2007, Camille Estephan, directeur chez Manuvie, s’entraîne à la boxe au gymnase Tristar. Voulant faire du sparring avec un adversaire de sa stature, il met les gants avec un certain Bermane Stiverne. Évidemment, il le trouve très bon, mais surtout il le trouve très authentique : « C’est un gars très vrai, il ne va pas te mentir ou te sourire s’il n’en a pas envie. C’est une personne que je respecte beaucoup et que j’apprécie. Je me suis lié d’amitié avec lui rapidement. Après quelques mois, je me suis rendu compte qu’il avait besoin d’aide, il était avec Don King et il avait une fiche de 10 ou 11-0. En discutant ensemble, on a réalisé qu’il y avait plein de choses dont il avait besoin et nous avons commencé à travailler ensemble. J’étais maintenant son gérant », nous relate-t-il.

« L’une de mes grandes forces c’est la finance et d’aider les gens à développer certaines habitudes. Progressivement, nous avons vu Bermane changer, sa vision de sa carrière n’était plus la même. Ayant le même entraîneur, Nicholson Poulard m’a demandé de l’aider, puis ç’a été Manolis Plaitis et de plus en plus de boxeurs m’appelaient. À cette époque, j’agissais uniquement comme gérant, mon unique but était d’aider les gars à progresser. Constatant que mes boxeurs étaient dans une situation où ils ne pouvaient pas négocier pour se battre, j’ai pris la décision d’organiser un gala », se souvient-il.

De gérant à promoteur

Ce premier gala a eu lieu le 11 novembre 2010 au Théâtre Corona. Il mettait en vedette Bermane Stiverne, Dierry Jean, Ahmad Cheiko, Sylvera Louis et Ghislain Maduma qui faisait alors ses débuts professionnels. Ce soir-là, Dierry s’est fait casser la mâchoire à la fin du 2e round, mais il a été en mesure d’épuiser son rival trois rounds plus tard.

L'équipe Estephan« Mon rôle de gérant est de négocier les bourses, de m’assurer que les boxeurs sont bien préparés, qu’ils progressent avec leur entraîneur et le responsable de leur conditionnement physique, qu’ils sont suivis par des massothérapeutes, des physiothérapeutes, des psychologues, etc.  Ma philosophie de travail comme promoteur est que je veux le meilleur pour mes boxeurs que ce soit dans le ring ou dans leur vie personnelle. Aujourd’hui, j’ai développé un esprit de famille important entre tous les membres de l’équipe », explique Camille Estephan.

Pour le président d’EOTTM, son rôle de promoteur est sensiblement le même, outre le fait de mettre lui-même sur pied des galas. En fait, c’est beaucoup plus une continuité qu’un rôle additionnel. Après avoir fait ses premiers pas au Théâtre Corona, il a mis sur pied deux séries de galas : la série « Fight Club » à Pointe-Claire et à Gatineau, et la série « Boxing Lounge » qu’il inaugurera le 5 février dans le quartier Griffintown.

Un seul objectif : Championnat du monde

Camille Estephan Samuel Décarie et Antonin DécarieChaque fois que Camille Estephan signe un boxeur, il a un objectif bien précis : il souhaite l’amener en championnat du monde. En cinq ans, il a été en mesure de réaliser cette mission avec Dierry Jean et Bermane Stiverne. Pour lui, ce n’est qu’un début et il souhaite que Ghislain Maduma se batte dans quelques mois pour un poste d’aspirant obligatoire. Présentement, le boxeur évoluant chez les 135 livres est classé 3e à la WBC et 6e à l’IBF.

« Nous avons beaucoup de profondeur dans notre organisation et la présence de Bermane et de Dierry inspire beaucoup les autres boxeurs. Je travaille toujours dans l’intérêt de mes boxeurs et je cherche la perfection. Ce n’est pas facile à obtenir, mais ça nous amène à constamment nous surpasser. Depuis nos débuts, nous avons subi quelques défaites, mais avons grandi à travers ces épreuves. Je suis fier de chacun de mes athlètes », affirme-t-il avec assurance.

Le tremplin Al Bernstein

Équipe Jean avec TybnerEn 2012, l’organisation a pris une ampleur importante en mettant sur pied la série « Fight Club ». Le premier de trois galas eut lieu au Holiday Inn de Pointe-Claire le 19 mai 2012. Ambitieux pour ses protégés, Camille présentait Dierry Jean face à Lanardo Tyner en finale et Nicholson Poulard contre Lionell Thompson en demi-finale. Les deux combats mettaient en jeu un titre vacant nord-américain. Ce fut une très belle soirée et les amateurs présents se rappellent le niveau relevé des adversaires rivalisant avec les boxeurs locaux.

En plus d’offrir des duels équilibrés, Camille Estephan s’est payé une vitrine publicitaire aux États-Unis qui lui a facilité la vie par la suite. « J’ai appelé l’analyste boxe de Showtime et membre du temple de renommée de la boxe, Al Bernstein, pour l’inviter, lui et son équipe de boxingchannel.tv. Je lui ai dit qu’on avait le meilleur 140 livres au monde et il est venu voir ça. Ça nous a amené beaucoup de visibilité, ce fut une très bonne décision pour notre organisation », se félicite le promoteur.

Une nouvelle étape : Gatineau

Un soir de gala, pendant le souper, Éric Bélanger, entraîneur de boxe à Ottawa, suggère à Camille d’organiser des cartes à Gatineau. « Il a piqué ma curiosité en disant qu’il y avait déjà eu des cartes de boxe. J’ai fait des recherches et je n’ai pas trouvé de raisons valables pourquoi ça avait arrêté. Après avoir pris contact avec le casino et le Hilton, j’ai pris conscience du potentiel » raconte celui qui a prévu trois galas sur le bord de la rivière des Outaouais en 2014.

Entraînement publique à GatineauLe premier gala au Hilton du Casino du Lac Leamy s’est tenu le 16 février 2013. Il a attiré beaucoup de gens dû à la présence de Dierry Jean, en plus des locaux Andy Gardiner et Pascal Villeneuve. Depuis, Camille et son équipe y sont retournés en mai et en septembre dernier.

Audacieux comme dirigeant, il souhaite que ses protégés n’aient pas peur des défis. La présence d’Andy Gardiner sur le ring du Centre Bell samedi dernier face à Eleider Alvarez est en droite ligne avec la philosophie du promoteur.

Un nouveau type de gala

5 fevrierLe 5 février prochain, Camille Estephan et son équipe présenteront le premier « Boxing Lounge » au New City Gas, une ancienne usine de charbon et de gaz construite il y a 150 ans. Cette soirée, mettant en vedette Ghislain Maduma, est un nouveau concept qui se répétera à deux autres reprises en 2014.

Ce gala sera présenté devant un public privé. Oui, vous avez bien compris, il n’y a pas de billets à vendre. L’ensemble des tables a été vendu à différentes entreprises. Autre nouveauté, EOTTM lancera demain le site web punchinggrace.com qui permettra aux amateurs de voir l’ensemble de la soirée ainsi que bien d’autres choses dans le futur.

Se résumer en un mot 

À la question : où se situera EOTTM dans cinq ans?, certains pourraient faire l’étalage de leurs projets : le nombre de boxeurs sous contrat, de champions du monde dans l’équipe, et l’importance et la quantité de galas organisés dans des lieux symboliques. Le jeune promoteur n’est pas de ce type, il se résume plutôt en un seul mot : dominer !!!

Camille Estephan, Dierry Jean et Mike MoffaCamille a été en mesure de faire progresser très rapidement Dierry Jean et c’est samedi soir qu’il pourrait devenir le premier champion du monde de la jeune organisation. Puis Bermane Stiverne, qui a dû remporter deux combats éliminatoires de la WBC avant d’avoir droit à son combat de championnat, aura enfin sa chance dans un délai maximum de 90 jours en affrontant une seconde fois Chris Arreola.

Ces deux boxeurs ont obtenu de la visibilité à la grandeur des États-Unis, l’un sur Showtime, l’autre sur HBO. Habile homme d’affaires, Camille Estephen a plusieurs options dans son sac s’il remporte le « purse bid » ce vendredi pour l’organisation du prochain championnat du monde des poids lourds de la WBC. Il négociera avec les deux grands diffuseurs américains, tout au magasinant le lieu. Son premier choix est évidemment Montréal, mais Toronto et Vegas sont aussi des options pour lui.

Qui sait? Peut-être qu’Eye of the Tiger Management sera le premier promoteur à mettre sur pied un gala impliquant deux Québécois dans deux combats de championnat du monde !!! Une bonne partie de la réponse sera connue ce vendredi puis samedi soir.

 Team EOTTM

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