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La boxe éducative, une autre façon de s’entraîner

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Par John Alejandro Gonzalez

Le noble art est une discipline fort critiquée, autrefois considérée comme l’une de plus dangereuse du monde du sport, propos démentis à l’aide de différentes études qui prouvent le contraire. Il est vrai qu’il s’agit d’un sport qui comporte certains dangers, après tout, il n’y a pas beaucoup de disciplines qui consistent à asséner un coup à son adversaire, assez solide pour provoquer un manque d’oxygène au cerveau entrainant ainsi une perte de conscience passagère, un «K.O.».

Toujours dans l’optique de le rendre plus sécuritaire, plusieurs changements ont fait en sorte que le sport évolue à une vitesse fulgurante au cours des dernières années. Des changements dans les règlements, la durée du combat, ainsi que du suivi médical obligatoire des combattants, ont fait en sorte que la boxe devienne plus accessible à tous et du coup, plus populaire.

En effet, de nos jours, la boxe est pratiquée par des personnes de toutes les classes sociales, occupant différents types d’emploi, et ce, mondialement. Au Québec, nous assistons à la croissance de l’intérêt pour ce sport depuis quelques années, la preuve : on en voit de plus en plus à la télé, il y a de plus en plus de boxeurs québécois sur la scène mondiale, on peut même dire que Montréal est une ville de boxe, puisque plusieurs combats de championnat mondial s’y sont disputés.

De la boxe pour tous

Bien que plus sécuritaire qu’autrefois, la boxe demeure un sport dans lequel on donne et reçoit des coups, ce qui veut dire : danger d’ecchymoses, de coupures, de fractures, bref, de se faire «amocher» le visage. Que fait-on si nous sommes un dirigeant d’entreprise, des représentants en ventes, des commis au service à la clientèle et sommes attirés par la boxe, mais ne pouvons pas prendre le risque d’entrer travailler ou de rencontrer un client avec un œil mal-en-point ou le nez déplacé? C’est la question à laquelle M. André Couture, un passionné de sports de Chicoutimi, a trouvé réponse : la boxe éducative.

Souvent confondue avec la mise en forme par la boxe, la boxe éducative est une discipline très rependue en Europe, plus précisément en France et qui consiste à acquérir la technique de la boxe avec le but de faire de la compétition dans une ambiance «contrôlée».

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Qu’est-ce qu’une ambiance contrôlée?

«Au fait, nos participants sont placés dans des groupes qui correspondent à leur niveau d’expérience, à leurs compétences, à leurs habiletés, etc. Ils doivent modérer la force de frappe. Pour marquer des points, ils doivent placer des coups en vitesse, faisant usage d’une bonne technique. Chaque fois qu’ils placent un coup “fort”, ils reçoivent un avertissement de l’arbitre. Les récidivistes peuvent se voir disqualifiés du tournoi. C’est qui est important, c’est que le participant montre qu’il possède une bonne technique», nous explique M. Couture.

D’où est venue l’idée d’instaurer ce type de boxe? Comment ça a commencé?

«Tu sais, je n’ai pas la même expérience que M. Desgagné ou que toi en termes de boxe, mais je me suis toujours entrainé beaucoup, d’ailleurs, j’ai plusieurs marathons et demi-marathons à mon active. Je me suis intéressé à la boxe à un moment donné, il y a déjà 12 ans de cela, mais je n’ai jamais fait de compétition. N’ayant pas assez d’expérience dans le domaine, lorsque je me suis intéressé au “coaching”, j’ai décidé d’étudier la boxe. Je me suis penché sur le système de boxe de la Russie, d’Europe et d’Amérique du Nord. Je lisais tout ce que je pouvais trouver à ce sujet. Grâce à internet, j’ai trouvé plusieurs mémoires de maitrise que j’ai étudié minutieusement, des vidéos, etc. En France, il y a un concept bien intéressant. Il s’agit d’une sorte d’unité mobile qui se déplace dans les villages et qui organise des compétitions de boxe éducative. Étant donné que le risque de blessures est presque nul, les participants peuvent faire un, deux ou trois combats dans la même journée. Le tournoi se déroule sur une formule mixte», affirme-t-il.

M. Couture s’est inspiré de ce qu’il se fait en France pour démarrer son projet. Installé au club de boxe de Chicoutimi, l’entraineur profite de l’expertise des autres entraineurs de la place pour les évaluations de ses athlètes. «J’ai suivi les formations d’entraineur niveau un et deux du PNCE ici au Québec, ce qui m’a permis d’apprendre davantage sur les façons de “montrer un sport” et sur comment “monter” un programme d’entrainement à long terme», nous explique l’entraineur. C’est d’ailleurs la façon de procéder de M. Couture. Il a mis en place un programme d’entrainement qui s’échelonne sur neuf mois. «Mon programme s’étend sur neuf mois, dans lesquels je touche tous les aspects qu’un boxeur travaille durant sa préparation pour un combat, c’est-à-dire, je vais chercher dans chacun d’eux leur plein potentiel. Ils travaillent sur leur vitesse, leur technique, la coordination, même si la plupart des athlètes à qui je donne mon cours ne feront jamais de la vraie compétition. Le plan d’entrainement est divisé en trois parties et je l’adapte à l’expérience du participant, étant donné qu’il y a des nouveaux toutes les années».

Un lien étroit

michel-desgagne-et-andre-coutureLa collaboration qui existe entre M. Couture et les entraineurs du club de boxe de Chicoutimi est un ingrédient important à la recette du concept, puisque les deux parties en retirent des bénéfices. En effet, depuis les deux dernières années, quelques adeptes de boxe récréative ont fait le grand saut vers la boxe olympique, un d’entre eux est d’ailleurs devenu Champion du Québec des Gants de Bronze, une compétition provinciale qui réunit les boxeurs de cinq combats et moins. «La boxe éducative est un excellent moyen de s’initier à la boxe, puisqu’elle donne accès à une belle expérience de l’initiation du ring. Ici, les premières rondes de sparring des athlètes ne sont jamais douloureuses ou traumatisantes, puisque la force n’est pas permise. Les participants doivent apprendre à se contrôler et à se servir seulement de leurs habiletés athlétiques, de leur vitesse et de leur technique  », nous explique M. Couture. La boxe éducative est un moyen de connaitre et pratiquer la boxe sans courir de risques.  La beauté de la boxe éducative, c’est que c’est de la vraie boxe et ses participants le comprennent bien. Ils apprennent à vaincre la peur du ring, à appliquer la bonne technique dans un coup de poing, les déplacements de boxe, les esquives, les mouvements défensif, bref ce sont des vrais boxeurs, mais qui n’essayent pas de s’envoyer K.O.

La boxe éducative est non seulement un excellent moyen de se mettre et se tenir en forme, mais aussi d’apprendre les rudiments de ce sport autrefois réservé aux nobles, et ce, en toute sécurité. Le développement des aspects athlétiques, physiques, tactiques et mentaux de la boxe seront à l’ordre du jour et travaillés pendant toute l’année, sans courir le risque d’entrer à la maison avec un œil bleu, le nez fracassé ou encore un inconfortable mal de tête.

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