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Les prix 2018 de 12 Rounds

Eleider Alvarez

Depuis cinq ans, 12 Rounds dresse sa sélection des acteurs de l’industrie s’étant le plus illustrés au cours de l’année. À travers 10 catégories, des individus ou des organisations émergent et nous les identifions à titre de récipiendaires. Mais, quel que soit notre choix final, nous tenons avant tout à célébrer la passion, puis à féliciter tous ceux et celles ayant contribué au cours de l’année à l’essor de l’industrie de la boxe.

Boxeur de l’année : Eleider Alvarez

Ils ont été nombreux à s’illustrer sur le ring en 2018. Que l’on pense à notre récipiendaire de l’année 2017, Yves Ulysse Jr, qui a terminé l’année en force sur le ring du Madison Square Garden. À Steven Butler, qui a multiplié les victoires spectaculaires et a grimpé dans les classements mondiaux. À Marie-Ève Dicaire, qui est devenue rien de moins que championne du monde. Mais notre choix s’est finalement porté sur Eleider Alvarez, qui a lui aussi connu la consécration de devenir champion du monde lors de son seul combat disputé au cours de l’année.

Notre boxeur de l’année 2018 au Québec est devenu champion du monde chez les mi-lourds de la WBO en disposant en août dernier de Sergey Kovalev de manière tout à fait spectaculaire, en lui passant le KO au 7e round lors d’un duel disputé à Atlantic City.

Par ailleurs, Alvarez vient de parapher un important contrat avec Top Rank impliquant le télédiffuseur américain ESPN. L’entente est d’une durée de 2 ans et inclus un minimum de 7 combats, dont au moins un par année disputé au Québec, pour une bourse minimale d’un million de dollars par combat dans la mesure où il conserve son titre mondial.

Combat de l’année : Alvarez-Kovalev

Plusieurs très bons combats impliquant des boxeurs de chez nous ont été disputés en 2018. Que l’on pense simplement au duel entre Artur Beterbiev et Callum Johnson, à Adonis Stevenson vs Badou Jack, à Erik Bazinyan vs Francy Ntetu, à Butler vs Herrera, à Shakeel Phinn vs Dario Bredicean, à Mathieu Germain vs Carlos Jimenez, à Zewski vs Macias.

Toutefois, cette année encore, Eleider Alvarez se retrouve impliqué dans le duel de l’année. En 2017, c’était lors de son combat contre Jean Pascal. Cette fois, c’est contre Sergey Kovalev le 3 août au Hard Rock Hotel & Casino d’Atlantic City. Alvarez, on le sait, a fait chuter Kovalev à trois reprises lors du 7e round afin de le passer KO et devenir champion du monde WBO.

Promoteur de l’année : Groupe Yvon Michel

Le duo Eye of The Tiger Management/InterBox a offert une année 2018 fort intéressante aux amateurs, présentant de nombreux galas très relevés, non seulement dans les grands centres comme Montréal (notamment au Casino), Laval et Québec, mais aussi en région comme à Shawinigan et à Rimouski. La firme a aussi lancé son service de télédiffusion par abonnement, Punching Grace, qui a permis déjà l’accès à un certain nombre de galas, notamment celui de Rimouski et le plus récent, depuis Edmonton avec Erik Bazinyan en tête d’affiche.

Alexandra Croft Yvon MichelMalgré cela, notre choix s’est porté cette année sur le Groupe Yvon Michel, qui comptait dans ses rangs, jusqu’à la défaite d’Adonis Stevenson, trois des quatre champions du monde dans la division des mi-lourds. Aujourd’hui, GYM compte toujours trois champions du monde dans ses rangs, soit Eleider Alvarez, Artur Beterbiev, et Marie-Ève Dicaire.

Bien que la profondeur des galas offerts par GYM laisse parfois plusieurs amateurs sur leur appétit, il faut néanmoins souligner certains choix du promoteur qui pourraient être porteurs pour l’avenir. Par exemple, l’entente conclue avec Eddie Hearn pour trois combats impliquant Artur Beterbiev avec le diffuseur web DAZN. L’entente conclue avec Top Rank, impliquant Eleider Alvarez pour sept combats avec le diffuseur ESPN, et qui permettra à un autre boxeur de l’écurie GYM de figurer sur la carte. Finalement, l’entente conclue avec Brahim Asloum impliquant Christian Mbilli et le diffuseur SFR Sports en France.

L’association des dernières années de GYM avec Premier Boxing Champions (PBC) n’a certainement pas apporté les dividendes espérés. « J’ai perdu mon autonomie durant cette période », a confirmé Yvon Michel dans un entretien avec le Journal de Montréal, en septembre. En espérant que cette fois sera la bonne.

Bien que GYM compte plusieurs champions du monde dans ses rangs, la question de la relève pourrait s’avérer le talon d’Achille du promoteur. Contrairement à EOTTM qui a multiplié les signatures au cours des derniers mois, incluant non seulement un contingent de boxeurs issus des pays de l’Est, par exemple Arslanbek Makhmudov et Sadriddin Akhmedov, mais aussi plusieurs locaux comme Clovis Drolet, François Pratte et Lexson Mathieu, GYM a été peu actif. Outre l’Olympien Christian Mbilli signé il y a déjà plusieurs années, soulignons que GYM vient toutefois de mettre sous contrat Wilfried Seyi (2-0-0), qui a représenté le Cameroun en 2016 aux Jeux olympiques. Celui-ci s’entraîne avec Stéphan Larouche.

Gala de l’année : Stevenson-Gvozdyk, le 1er décembre à Québec

Stevenson GvozdykPar-delà la suite dramatique du gala présenté par GYM le 1er décembre au Centre Vidéotron à Québec, cet événement a eu tout pour plaire aux amateurs. En plus de deux combats de championnat du monde chaudement disputés, il faut souligner le duel relevé ayant opposé Shakeel Phinn à Dario Bredicean qui s’est terminé par un verdict nul, de même que les affrontements impliquant Mikaël Zewski et Sébastien Bouchard, qui ont tous les deux offert de belles prestations.

Round de l’année : 3e round Kean-Carman le 6 octobre à Québec

Plusieurs rounds disputés en 2018 ont été fort épiques. Parmi eux, quelques-uns du combat entre Shakeel Phinn et Dario Bredicean sont à retenir, et c’est aussi le cas du duel entre Mathieu Germain et Carlos Jimenez. Toutefois, dans le cas qui nous concerne, le retour en force dans ce round de Kean faisant chuter Carman après avoir à peine survécu le round précédent, réuni certainement tous les ingrédients requis pour soulever les passions.

KO de l’année : Alvarez sur Kovalev

Il y a eu encore cette année plusieurs très beaux KO et faire un choix fut très difficile. Le KO de Simon Kean sur Adam Braidwood fut absolument spectaculaire. Celui de David Lemieux sur Gary O’Sullivan, de Bouchard sur Gorham, et d’Arslanbek Makhmudov sur Andew Satterfield furent aussi violent qu’expéditifs. Toutefois, pour tout ce qu’il représente et parce qu’il fut sans appel, la palme revient cette année au KO d’Eleider Alvarez sur Sergey Kovalev.

Progression de l’année : Steven Butler

L’année dernière, nous avions nommé Jordan Balmir comme lauréat de cette catégorie et cette année, Steven Butler, qui est notre choix, a défait Balmir au troisième round.

Team Butler l'emportePlusieurs boxeurs se sont démarqués en 2018. C’est le cas de Mathieu Germain, qui a multiplié les défis. C’est aussi le cas d’Erik Bazinyan qui a paru plus solide cette année et a engrangé de belles victoires, dont celle contre Francy Ntêtu. On pourrait aussi nommer Yves Ulysse Jr et Patrice Volny, qui ont tous les deux connu une superbe progression.

Mais la palme revient à Steven Butler, tellement il paraît constamment plus solide et sûr de lui à chacun de ses affrontements. Butler, s’il compte déjà 28 combats à son actif et figure au 3e rang à la WBO, n’est âgé que de 23 ans. Et s’il a multiplié les KO cette année, notamment sur l’ancien protégé de Golden Boy Promotion, Jesus Antonio Gutierrez, lors du gala du Rimouski, Uriel Gonzalez, Jaime Herrera, Carson Jones, et Jordan Balmir, Butler n’en est pas moins un bon technicien. Il est non seulement parvenu à passer outre sa défaite subie en janvier 2017 aux mains de Brandon Cook, il est devenu l’une des principales têtes d’affiche d’Eye of the Tiger Management, et les amateurs ne peuvent que s’en réjouir.

Recrue de l’année : Sadriddin Akhmedov

La recrue d’Eye of the Tiger Management, le Kazakh Sadriddin Akhmedov, s’est amené à Montréal avec un aura de succès. Alors âgé de 20 ans, fort d’une fiche chez les amateurs de 241 victoires et 10 revers, il a remporté l’or au Championnat du monde junior des 19 ans et moins de 2016.

Depuis son premier combat, le 7 avril 2018 au Centre Videotron à Québec, il cumule une fiche de 6 victoires en autant de combats, toutes acquises avant la limite. Son prochain duel est prévu le 26 janvier au Casino de Montréal, en sous-carte de Germain vs Claggett. Il aura alors l’opportunité de mettre la main sur la ceinture mondiale WBC Junior. Pour mieux le connaître, voici en rappel l’entretien que nous avions eu avec lui le mois dernier.

Surprise de l’année : Marie-Ève Dicaire

En fait, nous pourrions renommer cette section : notre coup de cœur. Mais en vérité, qui avait prévu une aussi belle surprise : Marie-Ève Dicaire est devenue championne du monde.

En fait, tous les astres se sont retrouvés alignés, le duel s’est matérialisé et Marie-Ève a disputé le combat qu’il fallait. Elle est aujourd’hui non seulement championne du monde IBF chez les super-mi-moyens, elle a accédé au premier rang mondial chez les 154 lb de Boxrec, ce qui signifie qu’elle surclasse les autres championnes (WBC, WBA et WBO) dans sa division de poids selon le classement de ce site international de référencement.

Yvon Michel a déjà évoqué une première défense de titre au mois de mars.

Déception de l’année : Le problème de poids récurrent de David Lemieux

Le gala présenté par GYM le 20 octobre au Casino de Montréal qui a réuni un total de 15 rounds pour 6 combats, a soulevé l’ire de nombreux amateurs et peut sans doute figurer en bonne place dans cette catégorie, bien qu’il nous ait réservé tout un KO de la part de Sébastien Bouchard.

Quelques déceptions ont ainsi marqué l’année. Nous pourrions évoquer la défaite de Simon Kean devant Dillon Carman en octobre. Un boxeur peut évidemment perdre, mais lorsque la perspective d’une place dans le top 10 mondial de la WBA et du WBC est bien réelle, la défaite fait plus mal lorsque le promoteur indique : «Il a peut-être pris ce combat moins au sérieux», comme l’a fait Camille Estephan, ou que l’entraîneur souligne : «Oui, il faudra éviter les distractions», comme l’a fait Jimmy Boisvert, tous les deux auprès du Nouvelliste, à la suite du combat.

Nous pourrions aussi certainement évoquer les vents contraires qui ont frappé l’année de Francis Lafrenière. Il a d’abord perdu son titre NABO et sa place dans les classements en mars à la suite d’une défaite aux mains d’Albert Onolunose. Puis, il n’a pu venger sa défaite en raison d’une valse-hésitation de son promoteur, qui a déplacé le gala prévu en juin pour le fixer la veille de son mariage. Puis, après une victoire par TKO en octobre, il s’est fait surprendre de nouveau, le 24 novembre. Explication : il est monté sur le ring blessé plutôt que de passer son tour. Présentement, il est en attente d’une opération pour rétablir sa main droite.

Finalement, une autre option consistait à évoquer l’imbroglio entourant Custio Clayton, signé à la fin 2017 par Eye of the Tiger Management. Inactif depuis le 26 mai dernier, Clayton s’est hissé jusqu’au premier rang du classement de la WBO en juin, puis a retraité en novembre pour se retrouver au 5e échelon. Rappelons que EOTTM, après négociation avec Top Rank, avait obtenu pour Clayton une entente de trois combats qui lui aurait rapporté un demi-million et un combat en championnat du monde. Visiblement insatisfait des termes de l’entente, Custio Clayton a alors choisi de congédier son entraîneur et son gérant et nous ignorons pour l’instant qu’elle sera la suite des choses le concernant.

David Lemieux sur la balanceToutefois, la déception de l’année est attribuée à David Lemieux pour la gestion de son poids. Rappelons qu’il devait affronter l’Olympien Tuerano Johnson au Madison Square Garden, à New York, mais a plutôt dû être hospitalisé en raison d’importants symptômes de déshydratation, à quelques heures de la pesée officielle. Ce n’est d’ailleurs pas une question nouvelle et la récente annulation du combat contre Johnson n’est pas une première puisqu’en mars 2016, le duel que devait livrer Lemieux contre James De La Rosa avait été annulé. En fait, l’année 2018 s’est amorcée sur cette note, puisqu’elle a aussi coloré le duel contre le Français Karim Achour, en mai, disputé à Québec. Incapable de faire le poids, il a dû remettre 20% de sa bourse à Achour et n’a pu mettre la main sur les 2 titres en jeu, malgré sa victoire. Évidemment, il est maintenant question qu’il évolue chez les 168 lb.

2 Comments

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