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L’Heureux et Cadieux offrent leurs conseils à Simon Kean

Patrice L'Heureux et David Cadieux

Par Jean-Luc Autret

À quelques heures des débuts professionnels du Trifluvien Simon Kean, nous avons pensé interroger deux autres grands gaillards de la Mauricie pour mieux comprendre comment l’Olympien de 26 ans pourrait se sentir. Très généreux, les anciens champions canadiens Patrice L’Heureux (24-5-1, 13 KO) et David Cadieux (17-3-0, 12 KO) ont bien voulu se replonger dans leurs souvenirs.

Les deux anciens boxeurs ont connu la nouvelle étoile de Camille Estephan et ils sont élogieux sur ses aptitutes. « J’ai mis les gants avec lui en 2010, c’était trois ans après ma retraite et j’étais vraiment dans ma meilleure forme. Je l’aidais à l’époque dans sa préparation pour les championnats canadiens. Simon se déplace vraiment bien, il est difficile à atteindre et il cogne lourdement», affirme David Cadieux. L’Heureux l’a encore mieux connu puisqu’ils ont fréquenté le même gym pendant une certaine période de temps. « Kean frappe durement, sa droite est dangereuse et il est agile dans un ring, il bouge très bien », ajoute l’homme d’affaires de Shawinigan.

Le dernier grand duel mauricien

Pour ceux qui l’ignorent, en 2006, les deux hommes forts de la Mauricie se sont affrontés à deux reprises dans des duels hautement attractifs. Pour vous mettre d’abord dans le contexte, le 13 novembre 2004 Patrice « Le Granit » L’Heureux remporte le titre canadien des poids lourds, il s’agissait du premier Québécois à obtenir ce titre en 42 ans. Un an et demi plus tard, il se frotte au Trifluvien Cadieux chez lui à l’Aréna Jacques-Plante à Shawinigan devant une foule de plus de 5000 spectateurs. Le duel est nettement à l’avantage de Cadieux et après sept rounds et cinq chutes au plancher L’Heureux est forcé d’abandonner son titre national.

Six mois plus tard, les deux poids lourds s’affrontent de nouveau, mais cette fois sur le territoire de Cadieux, au centre du Colisée de Trois-Rivières devant plus de quatre mille spectateurs. Alors que bien des observateurs s’attendent à un massacre à la fin de la carrière de L’Heureux, celui-ci surprend par son calme et sa discipline et termine le combat vaincu mais debout. Bref, les deux hommes sont très bien placés pour comprendre comment Simon Kean se sent actuellement.

Les dangers des débuts pros

Il n’est pas toujours facile de faire une belle transition entre les amateurs et les professionnels. David Cadieux a beau avoir été champion canadien chez les amateurs en 2002 et avoir décroché la médaille d’argent aux Commonwealth de la même année, il a dû attendre son troisième combat pro pour lever les bras au ciel. « Je me rappelle très bien mes débuts, mon premier combat a été un no contest suite à un coup de tête accidentel au 2e round et mon adversaire saignait trop abondamment pour continuer. Puis, en septembre 2004, j’affronte un Roumain qui a fait les olympiques quatre ans plus tôt. Je l’ai sous-estimé et j’ai perdu mon premier combat officiel par décision unanime », raconte celui qui aujourd’hui finalise une maîtrise à l’ENAP et qui est adjoint à la direction des services sociaux au Conseil de la nation Atikamekw, à La Tuque.

« Simon a plusieurs atouts pour ses débuts chez les professionnels. Dans les derniers mois, il a eu la chance de se battre à plusieurs reprises sans casque chez les amateurs, c’est une expérience importance qui diminue les ajustements entre les amateurs et les pros. De plus, son vécu à l’international comme aux Olympiques ou aux Panaméricains devrait l’aider à bien gérer la pression », affirme celui qui aura bientôt 42 ans.

De son côté, Patrice L’Heureux rappelle que le fossé est quand même profond entre les amateurs et les professionnels. « Les pros c’est un autre monde, l’une des choses les plus importantes selon moi auxquelles un nouveau boxeur doit faire attention c’est la gestion de ses émotions. Plus les rounds passent, plus il y a des échanges, plus tu peux avoir le goût de te bagarrer au lieu de respecter le plan de match de ton entraîneur », explique l’ancien analyste de boxe lors de la longue série Boxe Rock.

Des conseils pour le futur de Simon Kean

Pour la suite de sa carrière professionnelle, les deux anciens champions ont chacun un conseil pour la nouvelle figure de la boxe en Mauricie. «Personnellement, j’ai commencé à boxer chez les pros à 30 ans, après une décennie chez les amateurs. Simon est encore bien jeune à 26 ans. Je lui suggère de prendre son temps pour gravir les échelons chez les pros. Il est déjà bien supporté par son équipe d’entraîneurs qui l’accompagne depuis des années, en plus il va monter dans le ring appuyé par son promoteur qui est sérieux. Il a tout pour réussir, rien ne l’oblige à se presser », conclut David Cadieux.

Pour Patrice L’Heureux, son conseil est plus en lien avec l’attitude à avoir pour les prochaines années. « Simon va connaître le vedettariat et la célébrité, pour continuer à performer il est très important de rester terre-à-terre. Cette vie-là est très superficielle, il faut faire attention aux nombreuses distractions. Son physique va attirer l’attention de bien des gens, il doit être prudent et ne pas développer un excès de confiance »,  recommande « Le Granit ».

Les deux anciens boxeurs ne pourront être présents ce soir. Ils restent toujours intéressés par ce qui se passe dans le monde de la boxe bien que le sport qui leur a permis de gagner leur vie pendant un certain temps n’est plus dans le haut de leurs priorités. Dans les deux cas, la vie familiale et le quotidien au travail ont remplacé les nombreuses heures passées au gymnase.

 

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