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Virginie Assaly : une ombre qui bouge vite

Virginie Assaly Gauthier

Par Simon Traversy

Samedi 16 décembre 2017. C’était un tantinet frisquet dehors. Toutefois, juste l’idée de couvrir mon tout premier combat de championnat du monde avait de quoi me réchauffer un brin. J’étais un peu nerveux, probablement autant que David Lemieux et Billy «Jean», car je n’arrivais pas à trouver mon courriel de confirmation au sujet de mon accréditation médiatique.

Ai-je mal rédigé mon adresse courriel en remplissant le formulaire d’accréditation?

J’ai eu beau fouiller dans mes courriels de fond en comble, incluant mes courriers indésirables. Rien. Nada.

L’ai-je supprimé par inadvertance? Me connaissant, c’est sûrement ça qui est arrivé.

Surtout que quelques jours précédant le gala, j’avais fait un grand ménage dans ma boîte à courriels. Même que plus j’y pense, plus je suis convaincu que c’est ça qui est arrivé. S’il y avait bien un événement que je voulais voir plus que n’importe quoi, c’était bien celui-là. Faut croire que j’aime vivre «dangereusement». J’ai donc lancé un «Bat-Signal» à Jean-Luc afin de partager mon inquiétude avec lui (c’est mon «Dr. Phil» personnel). Il m’a répondu de ne pas m’en faire et de le rejoindre à l’entrée des loges. À mon arrivée, il avait mon accréditation dans les mains. Ouf ! Sauvé.

Il était encore très tôt, soit 16h30 et les gens des médias commençaient tranquillement à faire leur entrée. Fébrile et question de ne rien manquer, je me suis dirigé immédiatement vers la section réservée aux médias pour m’assoir à côté de mon collègue Manny Montréal qui couvrait l’événement pour TheFightCity.com. Tel un coup de vent, Virginie est venue m’indiquer quelques instants plus tard que j’étais assis au mauvais endroit et que ma place se trouvait en fait qu’à quelques sièges d’où j’étais assis. Bien évidemment, mon nom écrit en gros caractères question d’avoir l’air d’un beau «cave». Même avec un néon fluorescent, j’aurais probablement passé tout droit de toute manière. Typique de ma part : j’capable de faire 500 «push-ups» en 5 minutes pendant que je me cuisine un «gastronomique» Kraft Dinner tout en écoutant les nouvelles en norvégien sur mon iPod, mais pas capable de lire mon nom comme du monde sur un bout de papier. «M’enfin» comme dirait si bien Gaston Lagaffe.

J’ai pris mon manteau et mon sac, et au moment même où je me suis retourné pour la remercier à la fois de la précision et de l’invitation, «Pouf !» elle avait déjà disparu pour réapparaître un peu plus loin tout près du ring. Sachant qu’elle était la prochaine sur ma liste d’entrevues à publier, j’en ai profité pour regarder Virginie à l’œuvre puisque j’avais la chance unique de la voir en action. Et je dois avouer que j’ai été impressionné. Pendant que je l’observais attentivement du coin de l’œil entre deux rondes de l’un des premiers combats préliminaires, Virginie a répondu à 2 appels sur son cellulaire, placé deux personnes complètement perdues (vraisemblablement aussi temporairement analphabètes que moi) et elle s’est fait apostrophée par 3 autres personnes en même temps. Honnêtement,  j’ai été moins étourdi la dernière fois que j’ai fait Le Vampire à La Ronde que lors de cette minute de pause à regarder Virginie opérer sur le pilote automatique. Mon seul regret dans tout ça? J’aurais dû la filmer; elle aurait pu se servir de la vidéo comme moyen de pression pour renégocier son salaire. Blague à part, ça été comme ça pas mal tout au long de la soirée.

Après avoir passé en entrevue Audrey Beauchamp, Hélène Martin et Pierre Bernier l’an dernier, nous entamerons l’année 2018 en force en vous présentant l’un des piliers d’Eye of the Tiger Management (EOTTM), Virginie Assaly. Bonne lecture!

Q : Comment t’es-tu retrouvée dans le monde de la boxe?

Virginie Assaly : J’ai un bagage en sports de combat et c’est donc au travers de mon entraînement que je me suis retrouvé dans l’univers de la boxe. J’ai obtenu un emploi de réceptionniste à l’Académie Sportive vers l’âge de 16 ans, alors que j’étais aux études à temps plein. Comme l’Académie organisait plusieurs galas par années, j’y ai développé un grand intérêt pour l’organisation d’événements. Par la suite, je me suis joint à l’équipe du club de boxe Underdog Boxing Gym où mes tâches étaient plus axées vers les communications. J’en ai appris davantage sur la boxe professionnelle et j’y ai rencontré Mike Moffa, qui entraînait plusieurs athlètes d’EOTTM. Il m’a présenté Camille Estephan qui développait au même moment le volet promotionnel de son organisation avec la création de la série de galas Fight Club. Et c’est ainsi que tout a commencé!

Q. Tu as mentionné plus tôt avoir développé un goût pour l’organisation d’événements lors de ton passage à l’Académie Sportive: comment organise-t-on un événement de boxe? Quelles sont les démarches à suivre?

Virginie Assaly Virginie Assaly : En fait, c’est un processus qui comporte plusieurs facettes, qui est l’œuvre de plusieurs personnes au sein d’EOTTM et qui serait trop long à détailler! L’un des aspects les plus complexes est certainement la mise sur pied de la carte des combats. Nous devons d’abord et avant tout trouver des adversaires à nos boxeurs que nous devons par la suite faire approuver le tout par la Régie des Alcools, des courses et des jeux du Québec, qui réglemente la boxe professionnelle au Québec. Ensuite, il y a tout un volet administratif et logistique qui inclut la recherche de salle, la production et la vente des billets, le transport et l’hébergement des adversaires, et plus encore. Finalement, il faut s’assurer de promouvoir l’événement grâce à l’organisation de diverses actions promotionnelles.

Q : Parlons justement un peu plus de ton poste de responsable des relations de presse. Après tout, nous somme bel et bien arrivés au mois de janvier alors «qu’est-ce que ça mange en hiver?»

Virginie Assaly : Mon poste consiste à gérer les communications entre EOTTM et les membres de la presse. Ainsi, lorsqu’on annonce la signature d’une nouvelle recrue, qu’on annonce un événement ou qu’on dévoile une carte de combats par exemple, nous devons nous assurer de communiquer l’information aux journalistes, que ce soit par l’organisation d’une conférence de presse, la production de dossiers de presse, la coordination d’entrevues ou encore la rédaction d’un communiqué de presse.

Q : Quelles sont les embûches que tu rencontres le plus souvent dans le cadre de tes fonctions?

Virginie Assaly Virginie Assaly : Le plus grand défi à mon avis est de trouver l’équilibre lorsqu’on doit promouvoir un boxeur dans le cadre de la présentation d’un gala et ce, sans qu’il ne perde le focus sur sa préparation et sa performance. Effectivement, la semaine de gala est très exigeante pour un boxeur, qui doit participer à des événements promotionnels (entraînement public, conférence de presse, entrevues, etc.) tout en étant en processus de perte de poids pour la pesée. Il faut donc s’assurer de limiter les apparitions publiques tout en permettant aux journalistes d’avoir le matériel dont ils ont besoin.

 Q : Quel est ton plus grand accomplissement?

Virginie Assaly : Je dirais plus «votre» que «ton», car c’est d’abord et avant tout un travail d’équipe. Ce dont je suis le plus fière est sans aucun doute le cheminement qu’a connu Eye of the Tiger Management depuis les débuts de son volet promotionnel en 2011 alors que l’organisation présentait des galas plus intimes à Pointe-Claire. Aujourd’hui, nous présentons des évènements d’envergure internationale ainsi que des championnats du monde devant des milliers d’amateurs de boxe en plus de travailler de concert avec plusieurs gros partenaires dont HBO et Golden Boy Promotions.

Q : À quoi attribuez-vous votre succès?

Virginie Assaly Virginie Assaly : Je pense qu’il s’agit d’un amalgame d’éléments : La détermination et le dévouement de nos boxeurs qui donnent toujours leur 100% pour nous livrer des performances inoubliables, l’incroyable travail de Camille Estephan qui déplace constamment des montagnes pour son équipe, tous les entraîneurs qui travaillent fort chaque jour au gymnase avec les boxeurs et toutes ces personnes qui travaillent dans l’ombre mais qui sont des atouts considérables pour l’équipe comme ces Hugo Lettre (physiothérapeute), Bob Miller (cutman) ou encore Jarek Kulesza (conditionnement physique) pour ne nommer que ces trois personnes.

Q : As-tu le temps de regarder les combats avec tout le pain que tu as sur la planche lors de gros évènements?

Virginie Assaly : J’aurais certainement le temps de m’asseoir pour regarder quelques rounds ici et là au courant de la soirée, mais je dois avouer que c’est plutôt par choix que je préfère ne pas regarder les combats. Comme les boxeurs ne sont pas seulement des collègues de travail mais souvent des amis et que nous connaissons tous les enjeux et sacrifices qui ont dû être fait pour se rendre au combat, je trouve ça parfois trop stressant et préfère ainsi les regarder en rediffusion le lendemain.

Q : Bon, donc ton monde gravite de très près autour de celui de la boxe, pratiques-tu également le «noble art»?

Virginie Assaly : Oui je pratique la boxe mais pas au niveau compétitif. J’aime également beaucoup le jiu jitsu brésilien pour l’aspect technique et stratégique, car cette discipline permet à n’importe quel(le) pratiquant(e) de soumettre un adversaire beaucoup plus imposant.

Q : Où te vois-tu d’ici quelques années?

Virginie Assaly Virginie Assaly : Je me considère extrêmement choyée de faire partie de la famille d’EOTTM et de pouvoir évoluer professionnellement dans le sport qui me passionne. Je nous souhaite donc plusieurs autres belles années à présenter à la fois des galas d’envergure internationale ainsi que des combats enlevants, je nous souhaite que la relève de demain soit tout aussi talentueuse que celle d’aujourd’hui et surtout, je nous souhaite plusieurs champion(e)s du monde québécois(e)!

Alors voilà ce qui complète cet entretien avec l’infatigable Virginie Assaly. Lors de mon prochain entretien, je vous ferai découvrir, ou pour plusieurs, redécouvrir Ariane Fortin qui, bien qu’elle ait tiré sa révérence de la compétition il y a plus d’un an, fait tout sauf chômer.

Au fait, quelles sont vos résolutions pour l’année 2018?

Voici les miennes :

  • Publier mon livre sur le style «peek-a-boo»
  • Apprendre une 9e langue (le néerlandais? L’islandais?)
  • Apprendre à boxer en fausse patte/ devenir ambidextre
  • Apprendre à lire mon propre nom comme du monde sur un carton et trouver ainsi mon siège, par moi-même, comme un grand garçon lors du prochain gala d’EOTTM

One Comment

  1. Info@jalyinternational.com'

    Celyne Parent

    11 février 2018 at 9 h 22 min

    Tres bon article,connaissant Virginie,vous avez su démontrer ses grandes qualités et son dévouement exceptionnel au monde de la boxe.
    Une jeune femme inspirante.

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