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Kovalev-Pascal 2: Quand on fait trop le grand, on paraît bien petit

kovalev-vs-pascal 2

Par Mike Bilodeau

Le champion Sergey Kovalev a réussi une performance magistrale lors de son second duel face à Jean Pascal. Quand l’entraîneur du Québécois, Freddie Roach, a mis fin aux hostilités au terme du 7e round, ce fut la fin d’un supplice bien pénible. Kovalev a littéralement joué avec Pascal comme un chat avec une balle de laine. Êtes-vous surpris du résultat du combat? De mon côté, je ne le suis nullement et voici pourquoi.

Du grand Sergey Kovalev

Avant l’affrontement, je mentionnais à qui veut l’entendre que Kovalev avait sous-estimé Pascal lors du premier combat et qu’il allait se présenter plus fort, mieux préparé et plus concentré. C’est exactement ce qu’il a fait, tout en demeurant le boxeur agressif qu’il a toujours été. La différence cette fois est qu’il respectait son adversaire et qu’il n’a pas échangé inutilement avec lui. Il a maîtrisé la distance comme un Mozart l’a fait avec la musique. 

Les meilleurs coups de Pascal lors du premier duel, Kovalev les a absorbés et c’est la raison pour laquelle je ne croyais nullement à ce qu’un « lucky punch » couche le Russe. Je me souviens avant le premier combat, je disais à mes collègues… « Si Jean a une chance de battre Kovalev c’est lors d’un premier choc grâce à l’effet de surprise et à une nonchalance possible du champion ». Pascal a été dangereux aux 5ème et 6e rounds lors du premier duel, aucunement lors du second. Kovalev a réalisé qu’il devait en faire plus pour mettre ses paroles à exécution. Son jab exceptionnel a freiné toutes les bonnes intentions du porte-couleur fleurdelisé et sa précision lors des coups de puissance était dévastatrice. Il a contrôlé l’action de A à Z en faisant payer chèrement à Jean Pascal ses propos tenus au cours des derniers mois. Il aurait pu, selon moi, terminer le travail plus hâtivement mais son but était de faire souffrir son adversaire le plus possible.

Avec cette victoire,  Il vient de démontrer hors de tout doute qu’il est un boxeur d’élite qui, en plus d’être un technicien et tacticien extraordinaire, possède la force mentale requise pour faire face aux plus grands rendez-vous. Que ce soit Ward, Stevenson ou autres, je crois que Kovalev sortira vainqueur et augmentera sa valeur quand il sera le temps de le comparer aux plus grands de l’histoire.

Pascal, vers les lourds-légers?

Du côté de Jean Pascal, il s’agit sans aucun doute de son pire combat en carrière. Un Kovalev à son sommet combiné aux séquelles du premier combat et d’une prestation loin d’être convaincante face à Gonzalez ont donné ce résultat cruel pour Jean et ses partisans. On a séparé les hommes des enfants samedi soir lors de Kovalev-Pascal 2. Le champion appartient à l’élite tandis que Pascal ne fait pas partie de cette catégorie de boxeurs exceptionnels. Il demeure un boxeur de talent, courageux au plus au point et encore capable de livrer d’autres batailles excitantes comme il nous l’a déjà démontré dans le passé. Il peut le faire avec des opposants de son niveau, soit le top 10 mondial. Par contre, les corrections que Kovalev lui a fait subir le changeront à jamais. 

Tant que le Russe sera actif chez les 175 livres, il demeurera champion et Jean Pascal ne peut même pas se permettre ne serait-ce qu’une seconde de rêver à l’affronter de nouveau. Comme le mentionnait le champion en entrevue d’après-combat, Jean devrait songer à monter chez les lourds-légers s’il espère mettre la main à nouveau sur une ceinture mondiale, à moins qu’il réussisse à concrétiser une bataille face à l’actuel champion WBC des mi-lourds Adonis Stevenson. Sinon, chez les mi-lourds, j’aimerais le voir affronter des boxeurs comme Fonfara, Cleverly ou Alvarez. 

Pour l’instant, il doit se reposer, il le mérite bien. Ses agissements hors du ring en préambule de l’affrontement n’ont rien changé. Il a reçu une belle leçon d’humilité et j’espère qu’il va apprendre de ça en tant que boxeur et en tant qu’être humain. On a vu, après le combat, un Pascal triste et pour cause. Il est un guerrier, un vrai. Après l’affrontement, les gens ont sûrement apprécié tout comme moi son côté sensible qui démontre une autre dimension de l’homme que les gens connaissent moins. C’est un homme fier qui mérite le respect de tous. L’argent est important dans la vie mais si vous ne pouvez en profiter, ça donne quoi? Marc Ramsay ne voulait pas être dans son coin parce qu’il aime Jean Pascal. Il savait que Jean n’avait pas les outils pour se mesurer à Kovalev. C’est ça un ami, c’est quelqu’un qui vous veut du bien, pas quelqu’un qui veut vous voir vous faire détruire sans pouvoir rien faire. Comme lors du premier combat, un homme a décidé, avec raison, d’arrêter la bataille pour le bien de l’athlète et de son futur. 

P.S. Quelle farce de l’arbitre Michael Griffin de signaler une glissade au premier round alors que Pascal est tombé sur un coup de poing de Kovalev…

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