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Quatre Québécoises aux championnats du monde féminins

Par Jean-Luc Autret

Équipe féminineDans quelques jours, les 8e Championnats du monde de boxe amateur féminine s’ouvriront en Corée du Sud et ça parlera souvent en français dans la délégation canadienne, composée à 80 % par des Québécoises. Les Vicky Pelletier (54 kg), Caroline Veyre (60 kg), Myriam da Silva Rondeau (69 kg) et Ariane Fortin (75 kg) seront accompagnées par Daniel Trépanier, directeur de la haute performance de Boxe Canada, et par Danielle Bouchard, pionnière de la boxe féminine et entraîneuse au Club de Boxe Montréal.com. La championne canadienne à 51 kilos, l’Ontarienne Mandy Bujold, complètera l’équipe.

Pour bien vous faire connaître chacune de ces athlètes du Québec, nous nous sommes entretenus avec elles et nous avons préparé un bilan de leur parcours pugilistique. De plus, nous avons demandé à Danielle Bouchard de nous décrire leur style de boxe.

Vicky Pelletier participe à ses troisièmes mondiaux à seulement 26 ans

Vicky Pelletier a découvert la boxe à l’âge de 13 ans. Ses parents étaient tannés de la voir se chicaner avec ses deux frères et ils les inscrivent tous les trois au Club de boxe olympique de Lévis. Après seulement deux mois, Vicky participe à son premier combat. « J’ai eu la piqure dès le début. J’étais tout le temps motivée, j’étais prête à me battre avec n’importe qui, n’importe quand », explique celle qui est rentrée au Club de Lévis un an après Ariane Fortin.

Vicky Pelletier à l'entraînement avec Danielle BouchardChampionne canadienne à dix reprises, Vicky partage actuellement sa vie entre son sport et son travail d’enseignante au primaire. Elle a eu l’opportunité de vivre l’expérience des Championnats du monde en 2006 et en 2012. « Ma plus belle réalisation c’est ma médaille d’or lors des Continentaux en Équateur en 2009. Le système de pointage est revenu à ce que j’ai connu au début de ma carrière, ça m’a forcée à modifier mon style qui était devenu plus technique », affirme celle qui s’est battu à 118 reprises à ce jour.

Puisqu’elle a choisi de s’absenter des Nationaux au début de novembre à cause d’une légère blessure, ses deux premiers combats en Corée du sud seront importants parce qu’avec deux victoires elle conservera sa place sur l’équipe nationale pour 2015. Visant un podium pour la plus importante compétition de l’année, Vicky évaluera par la suite sa condition et sa motivation avec son entraîneuse Danielle Bouchard. Si tout va pour le mieux, celle qui est présentement classée 11e mondialement par l’AIBA pourrait bien tenter sa chance chez les 51 kilos à la fin de l’année prochaine dans le but de vivre l’expérience olympique en 2016.

Vicky vue par Danielle    

Vicky est une guerrière qui est aussi capable d’appliquer à la lettre une stratégie pour aller chercher une victoire. Elle est petite pour son poids, mais elle utilise bien sa force physique et sa petite taille. Son grand défi est de trouver la distance pour boxer, mais elle est capable de rivaliser avec n’importe qui.

Caroline Veyre, une recrue fort occupée

Caroline Veyre était déjà une sportive avant de découvrir les sports de combat. À l’âge de 18 ans, elle essaie le kickboxing pendant environ trois mois, mais elle tombe bien plus en amour avec la boxe. Elle aime particulièrement les stratégies et la finesse du noble art. Huit ans plus tard, elle est toujours entraînée par Léo Kwitkowski, un Polonais très expérimenté. Depuis quatre ans, elle a confié sa préparation physique à Douggy Berneche, ce qui l’a amenée à quitter l’Académie Frontenac pour s’entraîner au Club de Boxe de l’Est.

Dans les deux dernières années, Caroline a beaucoup progressé. « Il y a plusieurs facteurs qui expliquent ma progression. Auparavant, j’allais à l’université et je travaillais en plus de m’entraîner, ça limitait mon temps consacré à la boxe. De plus, maintenant que je compétitionne dans une division olympique, ma motivation a décuplé », affirme celle qui est présentement classée 15e au monde.

Caroline Veyre championne canadienneCaroline est devenue championne canadienne pour la première fois en octobre 2013. Depuis, elle a eu l’occasion de boxer à l’international à plusieurs reprises. D’abord, elle s’est rendue en Irlande pour affronter la quadruple championne du monde et championne olympique Katie Taylor. En mars, elle a participé au camp d’entraînement de l’équipe nationale au Colorado et s’est frottée à l’Américaine. Lors d’un tournoi en Pologne, elle a vaincu la Belge, puis a baissé pavillon face à la représentante de l’Ukraine. En mai, son club de boxe lui a payé une compétition en Guadeloupe qui lui a permis d’affronter la Française. Lors des Continentaux en septembre, elle a blanchi l’Équateur, mais a perdu par décision partagée face au Brésil. Enfin, elle a de nouveau mis la main sur le titre canadien en remportant ses trois combats.

« Mon parcours de la dernière année m’a appris beaucoup de choses sur la boxe et aussi sur moi-même. Toute cette expérience m’apporte beaucoup de confiance et me fait découvrir beaucoup de facettes de la boxe », ajoute celle qui a participé à près de 80 combats à ce jour. Caroline a beaucoup d’espoir pour ses premiers mondiaux, elle vise rien de moins qu’un podium. À moyen terme, l’an prochain, elle souhaite se qualifier pour les Jeux Panaméricains qui se dérouleront à Toronto et bien sûr les Jeux Olympiques de Rio en 2016 sont dans sa mire.

Caroline vue par Danielle    

Caroline s’est beaucoup développée dans la dernière année. Elle est une boxeuse qui lance beaucoup de coups et elle est très bonne techniquement. De plus, elle exécute très bien ses déplacements.

Myriam Da Silva Rondeau en pleine montée

La boxeuse de 30 ans a enfilé des gants de boxe pour la première fois il y a huit ans. Son arrivée dans le monde de la boxe est très particulière. En jouant au soccer de haut niveau avec l’équipe nationale, elle a subi quatre commotions cérébrales en deux ans. Pendant sa convalescence, son médecin lui a suggéré de s’entraîner à la boxe pour retrouver ses réflexes et garder la forme.

Myriam DaSylva, Danielle Bouchard et Vicky Pelletier« À l’époque, il n’y avait pas tellement d’études sur les commotions. Alors que je ne pouvais pas jouer au soccer, j’étais toujours dans la piscine parce que j’avais constamment mal à la tête et mon médecin constatait que je m’apprêtais à faire une dépression. Mon initiation en boxe visait à redévelopper mes réflexes neurophysiologiques, mais voir des gens se battre ça a allumé d’autres neurones chez moi »,  explique celle qui s’est battu à une cinquantaine de reprises depuis.

Myriam s’est démarquée à partir de 2012 en remportant le titre canadien, les championnats continentaux et elle s’est inclinée aux mondiaux dans une décision serrée face à l’Américaine qui a décroché une médaille d’argent. Pour améliorer ses performances, elle a consulté un psychologue sportif qui l’aide à faire de la visualisation. « Je vise un podium en Corée du Sud et je sais que c’est possible. Au printemps, j’ai battu l’Américaine alors que nous étions en camp d’entraînement au Colorado, puis elle m’a vaincu dans une décision très serrée aux Continentaux en septembre », affirme celle qui a passé le KO à la Mexicaine et qui a complètement dominé la Brésilienne à la même compétition.

Championne du Canada à quatre reprises et classée actuellement 11e au niveau mondial, elle ne se fixe pas d’objectif à moyen ou long terme. « Je vis au jour le jour, je suis dans le moment présent. J’aimerais qu’il y ait plus de divisions aux Olympiques, mais je n’ai pas tellement de contrôle là-dessus. Je ne sais pas pendant combien de temps je vais boxer après les Mondiaux.  Je n’aurai pas beaucoup de grosses compétitions internationales parce que je ne suis pas dans une division olympique », conclut-elle.    

Myriam vue par Danielle    

Myriam est très physique et très agressive. Elle a beaucoup de discipline et elle trouve le moyen de déstabiliser ses adversaires parce qu’elle n’a pas un style conventionnel. Elle écoute bien nos conseils et elle fait bien les ajustements durant les combats.  

Ariane Fortin à la conquête d’un troisième titre mondial

Ariane Fortin a eu la piqure à l’âge de 16 ans. En regardant le film La Pugiliste, elle a découvert le monde des sports de combat. Résidente de la rive-sud de Québec, elle s’inscrit au gymnase de Benoît Martel, le Club de boxe olympique de Lévis. Quatre ans plus tard, elle se retrouve sur l’équipe nationale et elle remporte trois tournois internationaux. Un an plus tard, elle se présente en Russie aux troisièmes Championnats du monde féminins, où elle s’incline en finale face à une Russe particulièrement forte physiquement.

« Après ma médaille d’argent aux Mondiaux de 2005, j’ai décidé de déménager à Montréal pour m’entourer d’une équipe de professionnels. J’ai commencé à m’entraîner avec André Kulesza. Pendant trois ans, j’ai pu m’entraîner chaque matin avec Lucian, Adrian et Jo Jo. InterBox m’a fait une grosse faveur, ça m’a beaucoup aidé », explique celle qui a été championne canadienne à huit reprises.

Ariane Fortin à l'entraînement avec Mike MoffaLors des Championnats mondiaux de 2006, Ariane a peaufiné, avec son nouvel entraîneur Mike Moffa, une stratégie particulière pour vaincre la Russe. La rencontre se fait en demi-finale, Ariane double sa rivale avec un score de 22-11. En finale, la Québécoise se frotte à une Américaine et Ariane la déclasse complètement en l’emportant 17-2. Deux ans plus tard, Ariane récidive en Chine et elle remporte un second titre mondial chez les moins de 70 kilos.

La suite de sa carrière a été relatée à de nombreuses reprises dans les médias et même un documentaire a été réalisé sur cette saga. Étant donné l’arrivée de la boxe féminine aux Olympiques dans seulement trois catégories, Ariane change de division comme sa collègue Mary Spencer. Leurs nombreuses confrontations ont été fortement contestées et Ariane perd sa place sur l’équipe nationale entre 2011 et 2013.

De retour sur la scène internationale cette année, Ariane a pu retrouver sa confiance en remportant des médailles d’argent lors d’un tournoi en Pologne, aux Jeux du Commonwealth en Écosse et lors des Continentaux au Mexique en septembre dernier. « À chacun de ces tournois-là, j’ai pu me battre trois ou quatre fois. C’était très important pour moi parce que je devais m’évaluer face au niveau international. Je savais que la compétition était plus élevée et j’ai prouvé que tout est possible pour moi. Je suis vraiment contente de mon année, mon stress des premières compétitions est passé et je m’en vais en Corée avec beaucoup de confiance », ajoute celle qui s’est battu à 145 reprises depuis ses débuts.

Les Championnats du monde en Corée du Sud ne sont qu’une étape pour celle qui fêtera son trentième anniversaire le 20 novembre. Sa priorité est toujours de devenir olympienne et en 2016 ce sera sa chance. Auparavant, Ariane songeait aussi à expérimenter la boxe professionnelle, mais elle est consciente que le niveau amateur est de loin plus relevé.

Ariane vue par Danielle    

Ariane est souvent la plus petite de sa catégorie, ça l’a forcée à devenir très polyvalente. Elle est très intelligente et elle sait s’adapter aux styles de ses adversaires. Elle applique parfaitement les stratégies et elle fait les petits ajustements nécessaires pour l’emporter. Son coffre à outils est très élaboré grâce à sa longue expérience et à sa maturité.

2 Comments

  1. guacalahoney@hotmail.com'

    Sandra

    5 mai 2015 at 11 h 49 min

    Bonjour,

    J’aimerais savoir où est-ce qu’on peut voir un combat de boxe féminine à Montréal?

    Merci

  2. Pingback: Trois rounds avec... Ariane Fortin

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