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Des nouvelles de Nicolas Valcourt

Par Martin Achard

L’une des principales raisons d’être de 12rounds.ca est de couvrir certains aspects de la boxe professionnelle au Québec qui ne sont pas pris en charge par les grands médias, comme RDS ou le Journal de Montréal. C’est pourquoi nous entendons en 2014 publier plusieurs articles qui décriront la réalité des boxeurs qui n’ont pas atteint le statut de vedette mais qui tentent de faire progresser leur carrière, ou encore les difficultés que doivent surmonter les promoteurs qui veulent faire vivre la boxe professionnelle en dehors des évènements majeurs, par l’organisation de galas pro-am ou de petits galas.

Dans le cadre de cette série d’articles, nous nous sommes entretenus avec le poids plume de Québec Nicolas Valcourt (2-1-1, 1 K.O.), qui s’entraîne au Centre Sportif Empire sous la direction de François Duguay. Valcourt, âgé de 31 ans, nous a livré un témoignage extrêmement utile et éloquent sur les défis qui se présentent aux boxeurs qui, comme lui, se battent par amour de la  boxe, sans bénéficier de l’appui systématique d’un promoteur d’envergure, comme GYM ou Eye of the Tiger Management.

12rounds.ca: Tu t’es battu pour la dernière fois en mars 2013 au Centre Sportif Empire à Québec, où tu as remporté une décision en six rounds contre Gerald Audate. Est-ce que tu espères poursuivre ta carrière et faire d’autres combats dans l’avenir?

Nicolas Valcourt: Lorsque GYM a annoncé qu’un gala allait se tenir le 30 novembre 2013 à Québec, j’ai eu pendant un certain temps l’espoir d’y trouver une place, car il était question à l’origine d’un gala d’importance moyenne avec Kevin Bizier en finale. Mais lorsqu’il a finalement été annoncé qu’Adonis Stevenson allait y tenir la vedette et que HBO serait présent, j’ai compris que la chose n’était pas réaliste.

Puis je me suis fait mal aux mains en décembre, ce qui m’a forcé à interrompre mon entraînement en boxe. Le fait demeure toutefois que j’aime m’entraîner et boxer. Et il ne m’arrive jamais de penser que j’ai livré mon dernier combat. La boxe fait partie de moi et j’adore l’adrénaline qu’elle confère. Donc oui je pourrais me battre à nouveau, mais pas pour garnir la fiche d’un autre boxeur, et pas pour l’argent.

Je n’ai pas besoin de boxer pour l’argent, car j’ai un emploi dans le domaine de la construction qui me permet de subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille. Il m’est déjà arrivé de me faire offrir des combats à l’extérieur du Québec à une ou deux semaines de préavis, mais il n’était pas avantageux pour moi de les accepter, considérant que la bourse était modeste et que j’aurais dû manquer quelques jours de travail, ce qui m’aurait fait perdre de l’argent.

Il y a aussi la question des adversaires potentiels, étant donné que je boxe chez les poids plumes (126 livres) et qu’il n’y a pas une tonne d’adversaires canadiens que je peux affronter. Si les conditions étaient bonnes et que je pouvais faire un camp d’entraînement complet, je serais prêt à affronter l’Ontarien Marc Pagcaliwangan (6-0-1, 6 K.O.), une étoile montante. Mais il faudrait que je descende à son poids, soit 122 livres, ce qui est impossible si je dois m’entraîner tout en travaillant à temps plein.

12rounds.ca: Tu es passé chez les professionnels en mai 2011 et as livré quatre combats depuis. Penses-tu que, s’il y avait plus de petits galas de boxe au Québec, tu aurais pu disputer un plus grand nombre de combats?

Nicolas Valcourt: Il est certain que j’ai plus de chances de me trouver une place sur des petits galas que sur des gros. Mais le fait demeure que, si l’on travaille à temps plein en plus de s’entraîner, il est très difficile de profiter de toutes les occasions.

Par exemple, même s’il y avait quatre galas sur lesquels je pourrais me trouver une place au cours d’un seul et même été, je ne pourrais me battre quatre fois. Ce n’est simplement pas réaliste du point de vue de l’entraînement. Je suis spécialisé dans le coffrage et mon travail m’amène souvent à soulever des charges qui pèsent plus d’une centaine de livres. Après de dures journées de travail l’été, combien de fois pourrais-je me présenter au gymnase en soirée pour m’entraîner? Combien de rounds de sparring pourrais-je faire, considérant que, en tant que poids plume, je dois m’entraîner la plupart du temps contre des partenaires plus gros que moi, comme Sébastien Bouchard, un super mi-moyen?

Organiser plus de petits galas à Québec ou à l’extérieur de Montréal serait une bonne chose en principe, mais il faut considérer le fait suivant: lorsqu’un gala est organisé dans une région où il n’y a pas souvent de boxe professionnelle, une grande partie des spectateurs présents connaissent peu de choses à la boxe et se sont déplacés par curiosité, pour voir un événement. Reviendraient-ils s’il y avait quatre ou cinq autres galas dans les douze mois suivants? Peut-être que oui, peut-être que non.

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