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Un surplus de poids mi-lourds chez GYM?

Par Martin Achard

Nous avons appris hier grâce à The Main Fight que le Groupe Yvon Michel aurait renouvelé son association avec Jean Pascal, dans le cadre d’une entente où InterBox agirait également comme co-promoteur du boxeur québécois. À moins que la conférence de presse de demain ne nous réserve des surprises, cela signifie que GYM se retrouvera essentiellement dans la même situation qu’au mois de janvier, avec trois poids mi-lourds appartenant au top 10 mondial dans son organisation (Adonis Stevenson, Jean Pascal et Eleider Alvarez), et un quatrième (Artur Beterbiev) qui pourrait percer le top 10 dès cette année.     

On ne peut évidemment reprocher à GYM d’accumuler ainsi le talent de calibre mondial, même au sein d’une même catégorie de poids. Yvon Michel se dit sans doute que, quoi qu’il advienne, il ne pourra que lui être profitable d’avoir autant d’as dans sa poche. Le raisonnement est valable. Mais est-ce que la majorité des boxeurs concernés, eux, en sortiront gagnants au cours des 12 ou 24 prochains mois?

Si Adonis Stevenson, l’actuel champion linéaire de la catégorie, réussit son pari d’unifier avant la fin de 2014 les titres WBC, IBF et WBA (dans sa version «super») en défaisant le vainqueur de l’affrontement entre Bernard Hopkins et Beibut Shumenov, s’il est sérieux dans son intention de rencontrer par le suite Sergey Kovalev pour le titre WBO, et si Yvon Michel continue à se montrer peu enclin à organiser des combats entre les boxeurs de son écurie, quelles possibilités intéressantes de combats de championnat restera-t-il alors pour les autres, à court et à moyen terme du moins? 

On me dira avec raison qu’avec des «si», on met Paris en bouteille, mais il s’agit néanmoins d’une possibilité bien réelle, qui soulève la question suivante: quelles seraient alors les meilleures options, particulièrement pour Jean Pascal et Eleider Alvarez, qui trépignent probablement déjà d’impatience de ré-accéder ou d’accéder au sommet? Pascal, qui est classé premier aspirant par le WBC, devrait-il simplement espérer que l’association basée au Mexique ordonne d’ici la fin de 2014 un affrontement entre Stevenson et lui (une possibilité bien hypothétique, considérant les largesses extrêmes dont est capable de faire preuve le WBC)? Devrait-il plutôt tourner son attention vers Kovalev dans l’espoir de lui arracher le titre WBO? Ou devrait-il enfin monter dans la catégorie des lourds-légers, une division qui n’attire toutefois généralement que bien peu l’attention des amateurs de boxe?

Quant à Alvarez, devrait-il viser un combat pour le titre «régulier» du WBA, un titre peut-être «mondial», mais néanmoins extrêmement mineur, dans un contexte où le WBA se discrédite en reconnaissant plusieurs champions «mondiaux» dans une même division, et où le véritable champion de la division est de toute façon, très clairement, Stevenson? Devrait-il plutôt mettre en veilleuse ses ambitions de s’adjuger une couronne mondiale et rechercher un combat qui le ferait connaître d’un plus large public au Québec, par exemple contre Lucian Bute?

Les prochains mois s’avèreront probablement riches en tensions latentes et en scénarios hypothétiques, et certains égos d’athlètes fiers et ambitieux pourraient facilement en sortir frustrés. Si Yvon Michel continue de vouloir éviter autant que possible les combats entre les boxeurs de son groupe (une position que, soit dit en passant, les amateurs sont parfaitement libres de critiquer), espérons au moins que de beaux talents de boxe ne s’en trouveront pas en partie gâchés, par manque d’occasions de se battre pour un titre d’importance. Espérons aussi que Jean Pascal, avant d’avoir effectué le choix qui devrait être officialisé demain, aura su poser les bonnes questions aux promoteurs qui dirigeront la prochaine étape de sa carrière.

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