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Il y a 18 ans, Stéphane Ouellet mettait K.-O. Maurice Adams

Par Martin Achard

Photo: (c) Gracieuseté Jean-Luc Doumont, LePoint.ca, Néomédia

Il y a 18 ans aujourd’hui, le 14 mai 1997, avait lieu l’un des combats les plus mémorables de la carrière de Stéphane Ouellet (22-1-0, 15 K.-O.), disputé contre l’Américain Maurice Adams (11-2-1, 6 K.-O.) en finale d’un gala organisé par Roger Martel et présenté au Centre Bell de Montréal. Comme plusieurs amateurs s’en rappellent encore très bien, le Saguenéen frôla la catastrophe au troisième round de cet affrontement en visitant lourdement le plancher à deux reprises, mais il parvint à survivre et à se reprendre de belle façon, en passant un spectaculaire K.-O. à son adversaire au cinquième.

«J’étais en détresse au troisième assaut», avait admis Ouellet à sa sortie du ring. «Il m’a cogné solidement et je n’avais plus ma tête. En revenant dans mon coin, mon entraîneur Yvon Michel m’a d’abord tenu réveillé, puis il m’a expliqué ce que je devrais faire, à savoir me rapprocher, l’accrocher et laisser passer la tempête. Ce n’est pas très plaisant de se retrouver par terre, je n’aime pas ça. Ai-je démontré du courage? Peut-être. Moi, je pense plutôt que c’est ma volonté de gagner qui m’a gardé dans le combat. Ça aurait été trop bête de perdre et d’effacer le travail que je me suis imposé pendant toutes ces années».

«C’est peut-être le combat le plus excitant dans lequel j’ai été impliqué», avait pour sa part commenté l’arbitre en fonction, l’expérimenté Guy Jutras. «Quand j’ai vu Ouellet dans le trouble, je me suis fié à mon instinct. Je me suis dit que s’il manifestait le moindre signe d’agressivité, je le laisserais continuer. Ouellet s’est relevé et il a tout de suite cherché à porter des coups, de sorte que je l’ai laissé continuer. J’aurais agi exactement de la même façon avec l’autre gars dans l’arène».

À l’époque, Ouellet était classé 2e aspirant au titre WBC des poids moyens, et plusieurs possibilités d’avenir intéressantes paraissaient se dessiner devant lui. L’une d’entre elles était un combat contre Keith Holmes, le champion en titre de l’organisation basée au Mexique. Une autre, qui avait la faveur du «Poète», était un affrontement contre le Montréalais Otis Grant, lui aussi classé dans le top 10 des poids moyens.

En outre, il était question d’un duel contre Dave Hilton, une option qui constituait la préférée de plusieurs amateurs québécois, toujours attachés aux «Fighting Hilton». 24 heures après la victoire de son protégé sur Adams, Yvon Michel effectua d’ailleurs une offre au clan de Dave pour la tenue d’un combat Ouellet-Hilton deux mois plus tard, basée sur le principe du «gagnant rafle tout», ce qui aurait voulu dire une bourse estimée à environ 200000$. «C’est une offre sérieuse», avait assuré Michel. «Si Stéphane perd devant Dave Hilton, je préfère qu’il retourne à Jonquière pour s’occuper de sa famille! Il faut que les Hilton arrêtent de croire que faire de l’argent dans la boxe, c’est aussi facile que de ramasser des bleuets».

«Si je suis incapable de battre Dave Hilton, je ferais mieux d’arrêter de boxer», avait affirmé Ouellet en écho à son entraîneur et gérant. «Ce n’est pas de la pression, c’est juste une question de logique. Les Hilton ont dominé dans les années 1980, mais les années 1990 appartiennent à Ouellet et à Lucas. Cela dit, je n’ai pas le goût de me faire dire que j’ai eu peur d’affronter Dave Hilton».

Rappelons pour mémoire que Ouellet n’eut effectivement pas peur de se mesurer à l’aîné des frères Hilton, contre qui il livra pas moins de trois combats entre 1998 et 2000.

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