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Pascal-Bossé : Tout est bien qui finit bien

Pascal-Bossé

Par Jean-Philippe Arcand

D’aucuns, à commencer par l’auteur de ces lignes, croyaient que le combat entre Jean Pascal et Steve Bossé aurait des allures de cirque. Se mesurer à un ex-combattant d’arts martiaux mixtes avec un seul combat de boxe à sa fiche : dans quelle genre de galère Pascal allait-il s’embarquer pour sortir de sa retraite ? Et que dire de Bossé, qui ose se frotter à un ancien champion du monde ?

Or, force est d’admettre que le duel Pascal-Bossé nous a offert un affrontement fort divertissant vendredi soir, à la Place Bell de Laval. Peut-être pas le plus joli sur le plan technique, mais le spectacle y était, aucun doute là-dessus. Et le tout s’est conclu à l’avantage de Pascal (33-5-1, 20 K.-O.), qui a envoyé Bossé (1-1, 1 K.-O.) au tapis en toute fin de huitième round pour l’emporter par arrêt de l’arbitre.

«Un arbre solide ne tombe pas au premier coup de hache. Bossé était un arbre solide, mais ma hache était très aiguisée», a illustré Pascal en conférence de presse.

«J’aurais aimé que ça se termine autrement, mais quand je me présente, ma priorité est de donner un spectacle. Je n’ai pas affronté un ancien champion pour rien. […] C’est du gros bagage que je suis allé chercher. Ma priorité était de montrer à tout le monde que j’étais capable de boxer», a quant à lui expliqué Bossé, qui avait le visage lourdement tuméfié après le combat.

Étonnamment, les 3206 spectateurs réunis dans les gradins pour Pascal-Bossé s’étaient majoritaires rangés derrière Bossé, servant leurs huées les plus nourries à son adversaire. Pascal, rappelons-le, est originaire de Laval. Et la victoire de ce dernier a suscité une réaction quelque peu mitigée.

«J’ai rarement été autant satisfait d’un événement que celui-ci [de vendredi]. Les gens ont embarqué dans tous les combats

-Yvon Michel

Dès la cloche initiale, Bossé a montré qu’il était prêt à se battre et qu’il n’avait nullement l’intention de se laisser manger la laine sur le dos. L’ex-matamore de la Ligue nord-américaine de hockey s’est rué sur son adversaire, plutôt passif en début de combat, et a décoché les meilleures attaques. Je lui a même concédé les deux premiers assauts sur mon humble carte.

Steve Bossé au solMais au troisième, l’ancien champion WBC des mi-lourds a repris le contrôle du duel. Il a choisi ce moment pour ouvrir la machine, avec comme résultat une visite de Bossé au tapis après que celui-ci a reçu deux solides gauches au menton. Des gauches qui s’avéreront être la kryptonite de Bossé et de sa défense.

Bossé s’est relevé, mais n’a plus jamais été le même par la suite. Plus les hostilités progressaient, plus Pascal faisait ce qu’il voulait avec son adversaire. Il a poursuivi ce petit manège jusqu’au moment d’asséner cette droite fatidique au visage de Bossé, qui l’a renvoyé au plancher. Bien qu’il ait réussi à se relever, il était trop chancelant pour que l’arbitre Michael Griffin lui permette de continuer à se battre.

Rendons d’ailleurs ce qui revient au combattant de Saint-Jean-sur-Richelieu : en plus d’avoir encaissé un nombre effarant de violentes baffes au visage, on a plus tard appris qu’il s’était déchiré le tendon du biceps droit à 50% pendant son camp d’entraînement à Detroit – blessure pour laquelle il sera opéré lundi. Qu’il ait réussi à tenir huit rounds dans de telles conditions impose le respect.

«Steve m’a vraiment surpris par sa solidité

-Jean Pascal

Ce dernier a du même souffle annoncé qu’il n’avait pas l’intention de retourner à sa vie de retraité après ce combat. Reste à voir à quoi ressemblera l’avenir pour lui. Chose certaine, il entend revenir chez les mi-lourds.

«C’est ma meilleure chance de redevenir champion du monde. On va en discuter avec [mon entraîneur] Stéphan Larouche et mon équipe. […] Ce sera important pour moi de demeurer prêt dans le gymnase», a-t-il fait valoir.

Groupe Yvon Michel – Conférence de presse après Pascal VS Bossé

Jean Pascal, STEVE BOSSÉ et Yvon Michel s'adressent aux médias après cette grandiose soirée de boxe. #PascalBossé

Posted by Groupe Yvon Michel – GYM on Friday, July 20, 2018

Domination totale de Dicaire

À l’origine, la demi-finale du gala devait mettre en scène le combat revanche entre Francis Lafrenière et Albert Onolunose. Or, le report de l’événement a obligé Lafrenière à s’en désister, puisqu’il célébrait son mariage le lendemain (on en profite d’ailleurs pour le féliciter !).

Dicaire AyalaAinsi, Marie-Ève Dicaire s’est amenée à la rescousse à moins d’un mois d’avis pour sauver la mise. Pour l’occasion, elle affrontait la Mexicaine Alejandra Ayala, qu’elle avait déjà vaincu de manière convaincante en juin 2017. La pugiliste de Saint-Eustache a remis ça vendredi, l’emportant de nouveau par une décision unanime sans appel (100-90 partout).

De toute évidence, Dicaire n’avait pas l’intention de laisser la moindre chance à Ayala dans cet affrontement. Jamais avait-on vu la pugiliste faire preuve d’autant d’agressivité dans le ring, confinant sa rivale dans l’un des coins pendant de longues secondes lors de chaque engagement. Le contrôle de Dicaire était total.

Notons que le titre NABF des super-mi-moyens que détient Dicaire n’était pas à l’enjeu pour ce combat.

La sous-carte de Pascal-Bossé

Dans un combat d’arts martiaux mixtes qui ne passera certainement pas à l’histoire, Yoni Sherbatov (8-1-1, 4 K.-O., 1 SUB) est venu à bout du Mexicain Luis Solorzano (5-4, 3 K.-O., 1 SUB) par décision unanime (30-27, 29-28, 29-27). Le premier pointage a de quoi étonner quelque peu, puisque le Lavallois a quelque peu été ébranlé par son adversaire lors du second assaut.

Jordan Balmir l'emporte par KOJordan Balmir (10-0, 7 K.-O.) a mis un terme hâtif à la soirée de l’Allemand Vito Vendetta (12-5-1, 7 K.-O.) – assurément le nom le plus spectaculaire du gala – en lui passant le knock-out à 1 :16 du deuxième round, grâce à un dur crochet droit au visage. Celui qui se fait aussi appeler «Italian Stallion», et dont les adversaires précédents cumulaient une fiche de 70-368-7, a eu toutes les misères du monde à rester sur ses deux pieds en se relevant.

Peu après sa victoire, Balmir est revenu dans le ring pour s’adresser à la foule et lancer une invitation à Steven Butler. «Il y a quelqu’un en avant de moi au Canada et je veux l’affronter, a dit Balmir. Je suis là. Je suis prêt pour toi. On va y aller.» Quelques secondes plus tard, par l’entremise de sa page Facebook, Butler a interpellé Balmir en disait qu’il allait «[lui] faire mal». À suivre…

Vous connaissez le jeu Rock ‘em Sock ‘em, où un robot bleu et un robot rouge se tapent sur le menton jusqu’à ce que la tête de l’un d’eux saute ? Voilà à quoi ressemblait le combat entre Yan Pellerin (2-1) et le Mexicain Fernando Galvan (3-1, 1 K.-O.), que ce dernier a remporté par décision unanime (39-37 partout). Les deux ex-combattants d’arts martiaux mixtes sont demeurés statiques tout au long du duel, s’échangeant les coups à la figure en espérant faire tomber l’autre. Pas le genre de recette qui fonctionne en boxe. Espérons que Pellerin, qui a une fiche de 11-13 en MMA, a pris des notes à cet égard.

Bolivar VS CyrJean-Michel Bolivar (4-1, 2 K.-O.) ne regrettera pas trop longtemps d’avoir dû annuler ses vacances pour affronter Michaël Cyr (1-1), puisqu’il a vaincu ce dernier par arrêt de l’arbitre à 1 :09 du troisième round d’un des meilleurs combats de la soirée. Cyr, de Saint-David, est allé au tapis à trois reprises au cours de ce violent duel, dont deux fois au second engagement.

Roody Pierre-Paul (16-4-2, 6 K.-O.) a été surpris par le Roumain Oszkar Fiko (32-25-1, 17 KO), qui lui a arraché une victoire par décision majoritaire (59-55, 59-55, 57-57). Le boxeur de 24 ans, qui a tout près de 60 combats dans le corps malgré son jeune âge, s’est montré dynamique et a donné du fil à retordre à Pierre-Paul à quelques reprises. Un combat serré dans l’ensemble.

En lever de rideau, le Lavallois Whitney Baille (7-0, 2 K.-O.) l’a emporté face au Mexicain Victor Hugo Lorenzo (9-4, 1 K.-O.) par décision unanime (60-54 partout). Et c’est franchement tout ce qu’il y a à dire sur ce combat des plus ennuyants. On oserait bien un petit jeu de mots en disant que Victor Hugo a eu l’air misérable dans le ring, mais on va se garder une gêne… ou pas.

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