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Lucia Larcinese: «J’aimerais me mesurer à Jelena Mrdjenovich»

Par Martin Achard

La boxeuse de Montréal Lucia Larcinese (6-10-0, 0 K.-O.) remontera dans le ring samedi soir au Complexe sportif Gilles-Tremblay de Repentigny, pour y affronter la Polonaise Karina Kopinska (4-8-2, 1 K.-O.) dans le cadre du gala présenté par Boxe Mania Promotions, la firme dirigée par Renan St-Juste. Je me suis entretenu avec Larcinese plus tôt cette semaine.

12rounds.ca: Lucia, on sait qu’il est difficile pour les boxeuses professionnelles de demeurer actives et de dénicher des combats. Tu n’as par exemple eu la chance de livrer qu’un seul duel depuis 2012, une victoire acquise en mars de l’année dernière à Pointe-Claire contre Jackie Trivilino. Maintenant que tu es dans la quarantaine, qu’est-ce qui te pousse à continuer à boxer?

Lucia LarcineseLucia Larcinese: Le fait qu’il s’agisse de l’une de mes passions, même si j’ai toujours eu un problème de «timing» dans mon parcours en boxe. Quand j’ai débuté chez les amateurs, on me disait que j’étais trop âgée pour avoir du succès, mais je me suis quand même mise à gagner des combats. Après, je n’ai pas eu le choix de devenir professionnelle, car mon âge faisait qu’il m’était impossible de participer à certaines compétitions. Et chez les professionnelles, quand j’ai finalement eu une chance pour le titre canadien des poids plumes en 2012 contre Sarah Pucek à Vancouver, j’ai perdu une décision qui aurait dû me revenir selon moi. De plus, il était censé y avoir un combat revanche entre nous, mais il ne s’est jamais concrétisé, car Pucek éprouvait de la difficulté à supporter la pression et elle a préféré prendre sa retraite de la boxe.

12rounds.ca: Si tu considères l’ensemble de ta carrière jusqu’ici, y a-t-il un combat ou une performance qui ressort à tes yeux et dont tu es particulièrement fière?

Lucia Larcinese: Je dirais ma victoire de 2009 contre Anna Donatella Hultin. Je l’ai affrontée au Nevada, qui était alors son lieu de domicile, lors d’un gala organisé par Gary Shaw, et j’ai causé une surprise en la battant par décision. Je me rappelle aussi avoir été très bien traitée par l’organisation de Gary Shaw à cette occasion. On m’avait entre autres remis des laissez-passer pour des combats prestigieux et j’avais pu rencontrer Mike Tyson.

12rounds.ca: Tu as souvent été obligée de te battre à l’extérieur du Québec, aux États-Unis et dans les autres provinces canadiennes. Crois-tu qu’il aurait été plus facile pour toi de gravir les classements mondiaux si tu avais eu plus d’occasions de te battre au Québec?

Larcinese assénant un crochet de gauche à Jackie Trivilino

Larcinese assénant un crochet de gauche à Jackie Trivilino

Lucia Larcinese: En fait, j’aurais eu une chance suffisante de progresser à l’extérieur du Québec plus tôt dans ma carrière, quand je me suis fait remarquer par Gary Shaw. Mais ce qui m’a alors manqué, c’était une équipe et des entraîneurs au Québec qui auraient pu m’appuyer et mieux me préparer pour livrer ces combats à l’extérieur. C’est un problème qui existe pour plusieurs boxeuses professionnelles. Au Canada par exemple, la seule femme qui, à l’heure actuelle, possède tous les appuis nécessaires pour faire avancer sa carrière est Jelena Mrdjenovich, la championne en titre des poids plumes du WBC.

Les promoteurs du Québec ne s’intéressent généralement pas à la boxe féminine. Ils préfèrent faire monter leurs poulains masculins en gonflant leur fiche. Mon parcours est différent, car j’ai toujours affronté les meilleurs. La situation est plus facile pour les femmes dans les états de New York et du Nevada, deux endroits où j’adore me battre.

12rounds.ca: Parlant des promoteurs du Québec, l’évènement de samedi à Repentigny est organisé par Renan St-Juste, un personnage dont la grande importance dans le monde de la boxe au Québec est malheureusement méconnue par ceux qui ne s’intéressent qu’aux galas d’envergure et aux vedettes comme Adonis Stevenson et Jean Pascal. St-Juste se distingue en effet à plusieurs niveaux: comme boxeur, propriétaire de gym, entraîneur, animateur de débats intelligents sur Facebook, et maintenant comme promoteur. À ton avis, que démontre à son sujet le fait qu’il ait pensé à offrir aux amateurs un combat féminin lors de son gala de samedi?

Lucia Larcinese: J’ai beaucoup d’admiration pour Renan. C’est une personne très positive qui fonce et ne recule jamais devant les défis. Il fait ce qui est bon non seulement pour lui-même, mais aussi pour les autres, et c’est pourquoi il est un atout majeur pour la boxe au Québec.

12rounds.ca: Qui est actuellement ton entraîneur et comment s’est déroulée ta préparation des dernières semaines?

Lucia Larcinese

Lucia Larcinese: Je n’ai pas d’entraîneur comme tel, c’est moi-même qui remplis ce rôle! Cela dit, j’ai eu la chance de m’entraîner avec le préparateur physique Jarek Kulesza et le petit groupe de boxeurs d’Eye of the Tiger Management qu’il supervise. J’ai aussi eu l’occasion de faire de façon régulière du «sparring» avec les meilleures boxeuses amateurs du Québec au Centre sportif Claude-Robillard. Enfin, samedi prochain, j’aurai le privilège d’avoir dans mon coin trois aides de grande valeur: Ghislain Maduma, Luc-Vincent Ouellet et Abe Pervin.

12rounds.ca: Comment vois-tu ton combat de samedi contre Karina Kopinska?

Lucia Larcinese: Cet affrontement représente un très beau défi pour elle et pour moi. Les fiches ne veulent rien dire et je sais qu’elle va venir au Québec pour gagner. Les amateurs peuvent s’attendre à voir un duel excitant. Une fois ce combat derrière moi, j’aimerais me mesurer à Jelena Mrdjenovich pour le titre mondial.

Crédit photo: PhotoZone et Jennifer Pontarelli

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