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Bilan de fin d’année : Groupe Yvon Michel

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Par Jean-Luc Autret

Cette année pour aller un peu plus en profondeur, nous vous offrons une série d’articles vous proposant des bilans de fin d’année pour chacun des trois organisations de boxe que nous avons au Québec. Après le bilan de Rixa Promotions d’hier, voici celui du Groupe Yvon Michel.

Huit galas en 2017

Si Yvon Michel a été très enthousiaste en septembre 2016 lors du dévoilement de sa programmation 2016-2017, la réalisation de tous ces beaux projets ne s’est pas toujours concrétisé.

Michel Granger Adonis Stevenson et Yvon Michel« Pour cette saison, nous présenterons de 10 à 12 galas au Québec et quelques-uns de nos boxeurs risquent aussi d’être en action à l’extérieur sur les galas de Premier Boxing Champions. On parle de 5 galas au Casino de Montréal, 2 au Casino du Lac Leamy, de 3 à 4 galas avec Gestev au Centre Vidéotron de Québec et de la possibilité d’en faire d’autres à Montréal, au Centre Bell notamment. D’ici 2019, nous produirons 18 événements dans les Casinos (Montréal et Lac Leamy) », affirmait-il le 6 septembre 2016.

Côté fréquence de galas, la cible n’est pas trop loin d’être atteint avec huit galas entre septembre 2016 et juin 2017 et on arrive au même total pour l’ensemble de l’année 2017. Par contre, il y a plusieurs éléments qui démontre un déclin certain. Tout d’abord, il n’y a eu que deux galas d’envergure à l’extérieur des casinos soit celui d’Alvarez-Bute en février, non diffusé par PBC, et de Stevenson-Fonfara 2/Alvarez-Pascal le 3 juin sur les ondes Showtime

Outre le gala au Centre Bell, les boxeurs de GYM ont été totalement absent des émissions de PBC et au lieu de présenter de 3 à 4 galas au Centre Vidéotron à Québec, il n’y a eu qu’Alvarez-Bute, qui a été un bien faible succès au niveau de la vente de billets.

Mais la plus importante preuve du déclin du promoteur montréalais est certainement au niveau du nombre de combats par gala. La moyenne de GYM est seulement 5.75 combats par soirée. Surprenamment, en mars et en octobre leur gala n’impliquait qu’un seul boxeur/boxeuse de leur organisation, soit Bruno Bredicean le 30 mars et Marie-Eve Dicaire le 25 octobre.

Rappelons-nous aussi que le 3 juin dernier, seulement cinq combats étaient présentés au Centre Bell. Outre le rapide KO au second round de Mbilli et l’exécution de Fonfara, les amateurs présents se rappellent certainement autant des longs temps morts que de l’affrontement qui c’est mérité le prix de combat de l’année.

Adonis Stevenson : 6 rounds de boxe en 27 mois

Le champion du monde WBC des 175 livres détient son titre depuis juin 2013. Alors qu’il s’est battu à trois reprises en dix mois entre décembre 2014 et septembre 2015, sa fréquence de combat ressemble maintenant à un semi-retraité. Si l’on calcule que depuis le 11 septembre 2015, il ne s’est battu que deux fois, KO au 4e face à Williams et KO au 2e contre Fonfara, ça fait maintenant un peu plus de 27 mois avec un maigre six rounds d’action. Et bien sûr, vous le savez, son aspirant obligatoire, Eleider Alvarez est en attente depuis plus de deux ans.

Adonis Stevenson pointe du doigtPourtant, en début d’année, il était possible de rêver à une année intéressante pour Adonis Stevenson. En février, Yvon Michel déclarait au Journal de Montréal : «Adonis rêvait de faire une finale à New York. De plus, il y a une très grosse communauté haïtienne à cet endroit qui aura la chance de voir leur compatriote en action. Je suis convaincu qu’on pourra remplir l’amphithéâtre lors de cette soirée ». À l’époque, on parlait de Joe Smith, puis de Sean Monaghan comme rival.

Le temps passa et on n’a jamais eu de réels explications pourquoi ce gala n’a pas eu lieu. Une rumeur à l’époque laissait entendre que Stevenson ne peut passer les douanes américaines. Évidemment, il s’agit d’une information que le principal intéressé n’a jamais voulu confirmer.

Finalement, c’est le Polonais de Chicago qui obtient une seconde chance, et ce, malgré qu’il a été passé KO en 2:32 par Joe Smith un an plutôt. Stevenson prendra une minute de plus pour éteindre les lumières de Andrzej Fonfara.

L’automne a été un véritable calvaire pour les gens de chez GYM. D’abord au début d’octobre, en direct de la convention annuelle, la WBC a confirmé un duel entre Stevenson et Alvarez. Un mois plus tard, incapable de trouver un lieu (même le stade olympique a été envisagé) pour organiser le gala en décembre, Yvon Michel reporte ça au 27 janvier en promettant une conférence de presse d’ici le 14 novembre.

Badou Jack et Adonis StevensonCoup de théâtre, le 15 novembre, Yvon Michel nous informe que le 27 janvier « C’est bien la date que Showtime et Premier Boxing Champions (PBC) m’avaient demandé de négocier, mais il semble qu’ils aient d’autres plans finalement. Après de longues discussions avec le réseau et Al Haymon (le président de PBC), nous avons opté de repousser le combat ». Selon le Président de GYM, la vente des billets devait être entamé dans les jours suivants pour que le gala ait lieu. Le Centre Vidéotron a depuis offert des dates en février et en mars, mais c’est le silence radio chez le promoteur montréalais.

Si l’on considère que GYM a besoin d’une période de vente de billets d’environ deux mois et demi, les probabilités que Stevenson remonte dans le ring au début d’avril semble plausible actuellement. En plus de ne pas être capable de confirmer de combat, nous sommes dans le brouillard à savoir si ce sera Badou Jack ou Eleider Alvarez qui sera devant le champion.

D’une part, il semble évident qu’autant PBC que la WBC souhaite un duel entre Stevenson et Jack, nous avons expliqué la situation de long en large le 30 août dernier. D’autre part, la relation entre Yvon et son champion est plus que froide. Stevenson est totalement absent des activités de son promoteur, outre lorsqu’il est impliqué dans un gala. En fait, on doit remonter au 4 juin 2016 lors de Beterbiev/Maderna, pour se rappeler de sa visite à une activité de GYM.

Deux grands succès pour Eleider Alvarez

Il y a un an, le bilan pour Eleider Alvarez était désastreux. Son promoteur avait passé l’année à changer d’idée. Rappelons-nous qu’en janvier 2016, c’était Kovalev ou Alvarez qui est planifié pour le mois d’avril. Revirement de la situation au printemps, Thomas Williams Jr remplace Eleider parce que celui-ci manque de notorité. Au début de juillet, Yvon Michel déclare que son protégé doit vaincre Chad Dawson puis Jean Pascal pour mériter sa place contre le champion. En septembre, le concept d’aspirant obligatoire refait surface alors que le duel est planifié pour la fin 2016 ou le début 2017. L’automne passe sans aucune annonce et puis en trois petits jours Alvarez-Bute est organisé.

Donc, nous voilà en 2017. C’est facile de se rappeler la victoire convaincante du Montréalais d’origine colombienne face à Lucian Bute. Encore aujourd’hui, l’ancien champion du monde de l’IBF n’a pas encore repris l’entraînement. La soirée du 24 février fut très rentable pour Eleider Alvarez, on raconte qu’il aurait empocher une somme de 200 000$ alors que Bute, qui a investi massivement dans la publicité de l’évènement, a fait une bourse très réduite dû à la faible foule de moins de huit milles spectateurs.

Fin avril, en pleine vacance en Colombie, le champion argenté est convoqué d’urgence à Montréal pour se préparer pendant cinq semaines pour un duel avec son ancien partenaire d’entraînement Jean Pascal. La victoire d’Alvarez en est une par décision majoritaire, mais les cartes de 116-112 et de 117-111 nous semblait bien plus représentative de la réalité que celle de 114-114.

Depuis ce soir-là du 3 juin, Eleider Alvarez compte les jours en attendant la fin du délai de 30 jours d’Yvon Michel pour s’entendre avec lui-même. À la fin du mois d’août, il lance un ultimatum à Adonis Stevenson. Suite à une discussion avec le Président de la WBC, Mauricio Sulaiman, Marc Ramsay affirmait : « Il nous a confirmé que Stevenson Adonis n’affrontera personne d’autre sauf Eleider Alvarez, sans quoi il perdra son titre ».

Adonis Stevenson-eleider alvarez

Malgré un document signé de la main d’Adonis, les pressions pour que le boxeur d’origine colombienne cède sa place sont bien concrète. Son clan a bien compris que si ils exigent un purse bid la bourse sera ridicule. Le gérant d’Alvarez, Stéphane Lépine, nous a confirmé en novembre être en discussion pour négocier la meilleure entente possible pour que son boxeur soit le mieux positionné après le prochain combat de Stevenson.

Fait à noter, le très curieux retour d’Eleider Alvarez dans le Top 15 de la WBA. Depuis le 30 novembre, le protégé de Marc Ramsay est classé comme le 14e aspirant au titre détenu par le Russe Dmitry Bivol. C’est quand même une drôle de coincidence qu’un aspirant obligatoire soit absent de leur classement pendant plus de deux ans et que soudainement, alors qu’il y a des rumeurs que Stevenson-Jack se voit octroyer un titre honorifique de « Super » champion WBA, Alvarez réapparait à la WBA… Une histoire à suivre évidemment.

Des arrivées qui font du bien

christian-mbilliCette année, l’équipe des boxeurs du Groupe Yvon Michel a beaucoup changé. Tout d’abord, chez les nouveaux venues nous soulignons l’acquisition de l’Olympien français Christian Mbilli. Son parcours parfait de sept victoires par KO en sept combats lui a permis d’être nommé recrue de l’année.

De plus, cet automne GYM a annoncé l’ajout des Shakeel Phinn et Mikael Zewski à son équipe. Les deux boxeurs s’étaient déjà battu précédamment sur des cartes du promoteur montréalais. Malheureusement, Phinn s’est incliné en décembre face à un mexicain invaincu. Si le boxeur de Brossard a su se relever de sa défaite à son second combat, nous sommes persuadés qu’il va rebondir en 2018.

Pour sa part, GYM a beaucoup d’espoir en Zewski. Après des combats en février et en mars prochain au Casino, ils souhaitent lui offrir un combat d’importance à Québec en juin et l’objectif est de vendre pas moins que 10 000 billets. Difficile de croire que c’est réaliste alors qu’il faut remonter à novembre 2011 pour retrouver un gala de boxe à Québec qui a attiré une foule dans les cinq chiffres, c’était alors Bute/Johnson.

Yvon Michel et Steve BosséÀ travers les années, Yvon Michel a su se réinventer et trouver de nouvelles façon de financer sa compagnie de boxe. Le 30 novembre, il en a surpris plus d’un en annonçant que Steve Bossé passait du MMA à la boxe. On doit vous l’avouez, nous sommes plus que septiques sur le succès de ce projet. Selon GYM, Bossé ne fera que des finales et il souhaite débuter sa carrière dans la boxe en affrontant un vétéran retraité. Les noms de Roy Jones Jr, Bernard Hopkins, Jean Pascal et Lucian Bute en ont fait sourire plusieurs.

Si en 2011, Éric Barrak a réussi à vaincre « Butterbean » dans un combat de MMA, Steve Bossé a pleinement le droit de tenter sa chance en boxe. C’était justement le projet de Michel Croteau en 2015, mais Bossé a préféré l’appel de la UFC. En attendant le mois d’avril pour les débuts pros de Bossé, nous avons tenté de savoir qui est l’entraîneur du pompier de St-Constant, mais nous avons obtenu aucune réponse.

Et des départs qui font mal

Certes les arrivées de Mbilli, Phinn, Zewski et Bossé sont de bonnes nouvelles pour GYM. Malheureusement, ces quatre nouveaux venues ne peuvent égaler les pertes des Beterbiev, Dalkhaev et Clayton.

À-t’on vraiment besoin de revenir sur cette chicane qui s’est déroulé toute l’année entre GYM et Artur Beterbiev? En bref, pour ceux qui ont passé l’année dans un igloo :

Et maintenant, la confrontation judiciaire aura lieu au palais de justice en mai prochain. Cette saga a amené des dommages collatéraux importants pour GYM. D’abord sa notoriété et sa crédibilité ont été sévèrement touché. Certains se rappeleront les publications facebook du président en majuscule une nuit de juillet suivi d’un long communiqué présentant ses réflexions personnelles.

Artur Beterbiev Champion IBFD’autres part, cette profonde chicane a amené GYM a ne plus faire boxer Vislan Dalkhaev bien que son contrat était toujours en force jusqu’à tout récemment. Le poids super coqs a fait son unique combat de l’année en sous-carte de Beterbiev, il s’est incliné par décision. De plus, l’impressionnant poids lourd russe, Arslanbek Makhmudov, devait signer avec GYM au début de l’année. Il a finalement fait ses débuts pros à Toronto en décembre.

Si ce n’était que de la chicane avec Beterbiev, la réputation du Groupe Yvon Michel pourrait être racheté par un gain en cour. Mais il y a aussi l’Olympien Custio Clayton qui a passé près d’un an et demi à réclamer un combat d’envergure et finalement GYM a préféré mettre un terme à son contrat de trois ans. Depuis, le Néo-Écossais s’est joint à Eye of The Tiger Management et il attend la mise-à-jour du classement de la WBO pour connaître son avancement suite à sa victoire pour leur titre International.

Oscar Rivas devrait avoir sa chance en 2018

Le poids lourds du Groupe Yvon Michel a passé l’année à attendre un combat d’importance. Revenu au gymnase en mars suite à sa blessure à l’épaule subi à l’été 2016, Oscar Rivas a attendu jusqu’à la fin de septembre pour ajouter un combat à sa fiche. C’est bien connu faire progresser la carrière d’un poids lourds ça coûte cher et GYM a été forcé d’annuler à cinq reprises son combat de remise en forme. La situation financière du promoteur, maintenant installé dans le vieux-port, est loin d’être rose, même que certains employés ont dû être remerciés pour la période estivale et la situation est identique actuellement.

Revenons-en à Rivas, son promoteur lui a d’abord fait miroiter un combat de retour le 3 juin, puis le 15 et enfin le 30 du même mois. Ensuite, il devait se battre sur une carte de Lee Baxter en Ontario le 19 août, ce fut aussi annuler comme les trois dates de juin. En septembre, GYM souhaitait organiser un gala à Québec, mais c’est finalement le 28 septembre que Rivas peut enfin monter dans le ring du Casino de Montréal.

affiche GYM 2017-2018En finale du premier gala de la saison 2017-2018, GYM a opté pour un combat qui offrait une solution à deux problèmes. Tout d’abord, offrir un combat de retour à Rivas. Puis, lui permettre enfin de rentrer dans les classements mondiaux. Soyons honnête, le Costaricain Carl Davis Drummond était suspendu en Amérique du Nord depuis sa défaite contre Odlander Solis en mars 2010. Que sa suspension soit levée c’est une chose, mais que la WBC l’autorise à se battre pour un titre NABF ça dévalue leur ceinture. En passant, pour ceux qui l’ignorent le combat a durée 68 secondes.

Aujourd’hui, Oscar Rivas est classé 8e à la WBC et son équipe répète depuis des mois qu’ils sont prêt à affronter n’importe qui, même Deontay Wilder. Mais un problème demeure, Rivas ne peut obtenir une autorisation pour se battre en Californie, conséquence de son annulation en février 2016et dans l’État de New York, à cause de ses blessures passés aux yeux.

Ingénieux comme pas un, Yvon Michel développe une nouvelle sortie de secours via Christian Mbilli. En s’associant avec le français Brahim Asloum, il a offert deux combats cet automne à Christian Mbilli et surtout un combat-vitrine pour Rivas le 14 décembre dernier.

Lors de cette soirée, Rivas l’a emporté par décision unanime alors qu’il était fortement grippé. Un peu plus tard sur la même carte, il y a eu la prestation de Johann Duhaupas (37-4-0, 24 KO), un Français de 36 ans qui est classé 6e à la WBC. En septembre 2015, il a résisté à Deontay Wilder pendant 11 rounds et en décembre 2016, il a accepté d’affronter Alexander Povetkin à 24 heures d’avis, et ce, avec de simple espadrilles.

Bref, le projet de combat entre Duhaupas et Rivas est très important pour la suite des choses, il est prévu pour le 31 mars en France. La confrontation entre la 6e et la 8e position de la WBC permettra au gagnant de se rapprocher fortement d’un championnat du monde.

En conclusion, un petit mot sur Marie-Eve Dicaire qui est maintenant rendu à 10 victoires. Elle devrait se battre le 15 février pour le titre NABF au Cabaret du Casino de Montréal. En espérant qu’elle aura droit à une rivale de meilleure qualité que les Rivas et Clayton lors de leur combat avec le titre NABF. Il y a aussi Sébastien Bouchard qui se remet toujours de son opération au bicep qui a eu lieu en octobre. Son entraîneur François Duguay est confiant qu’il sera prêt au printemps pour le retour d’Adonis Stevenson au Centre Vidéotron.

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